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tèresy y fut saisi par la garde nationale de la Gropte^ ardente à la recherche des prêtres non-assermentés. Elle Vy arrêta arec ses généreux hôtes , Jean Le Duc > de la Ririère {F. Le Duc) , et son fils aîné (F. J* Aiit). On les emprisonna, la première nuit , dans une étable à porcs , où Le Duc et son fils, préroyantleurmort; demandèrent l'absolution au prêtre Bachelier, qui la leur donna; et, le lendemain , on les en retira , sous prétexte de les conduire à l'administration du district d'Ëvron, près Laval , département de la Mayenne; mais, à un'ci demilieue de la Cropte, on leur fit quitter le chemin qui conduit à la Bazouge-de-Chémeré , et prendre celui qui est sur la gauche. Quand ils furent arrivés sur le bord dé la petite rivière appelée ia Vagette, les gardes prononcèrent l'arrêt de mort de ces trois prisonniers, et les massacrèrent avec leurs baïon« nettes, auprès de la chapelle des Gaultiers, qui est sous l'invocation de la Sainte- Vierge : ce qui donna lieu aux meurtriers de dire, avec une sacrilège dérision : « La Bonne Vierge va prier pour eux » .
Le fils Le Duc , frappé le premier, tomba le visage contre terre, en conservant toutefois assez de vie pour en revenir. Les assassins le crurent mort, comme son père et le prêtre Bachelier, Après avoir délibéré entre eux s'ils ne jetteroient pas leurs corps dans la ri^
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vièré, ils s'en abstinrent» dans la crainte d'en infecter l'èau; et, se contentant de les dépouiller^ ih> I^s laissèrent sur la rive. Le jeune Lé Duc se releva > quoique couvert de quinze blessures, il examina le»
cadavres de son père et du vénérable prêtre, pour voir^ mais en vain, s'il pourroit les rappeler à la vie ; et , perdant son sang de toutes parts, il parvint néanmoins dans une maison où sa sœur acheva ce qu'on pourroit appeler sa résurrection. C'est lui-même qui a fourni les détails hi^oriques de l'assassinat impie que nous venons de raconter, et auxquels il faut ajouter que Bachelier, âgé de plus de 79 ans, étoit un prêtre plein de charité et de zèle. Son caractère se distinguoit par une douceur ravissante ; sa conduite étoit en tout un sujet d'édification; et sa vie passoitpour être absolument irréprochable. Il étoit autant chéri que respecté de tous les habitans de la Bazouge-de-Chémeré , parmi lesquels il avoit vécu long-temps.- On croit même que ce fut parce qu'ils se disposoienti le réclamer, dès qu'ils le surent arrêté, que ses conducteurs se hâtèrent si fort de l'assassiner. Son corps, et celui de Jean Le Duc, furent recueillis par des catholiques, qui les enter^ rèrent dans le cimetière de la paroisse de Saint-Denis-dui-Maine.
On peut appliquer à ces catholiques l'éloge qu'Ëusèbe faisoit de ce S. Asturius^ par qui le corps
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do i. Martyr Marin fut emporté
après son supplice avec la plus
grande Ténèratien 9 et enseyel»
atee un culte digne de la mort
qu'il avoit faite. Nous laissons à
nos lecteurs le soin d'une pareille
application à tous ceux qui ont
donné une honorable sépulture à
plusieurs de nos martyrs : 06 r&~
iigiosam fiduciam ac iitertin-*
feff», cHebtrrimafn notnen est
consecutus , qui supra dicti
Martyris humeris suis imposi'-
tum cadaver, candida ac pre-
tiosa antietus veste éajuiavit ,
et fnagnifico cuftu omatum de--
eentitradiditsepuiturœ (Ëuseb.
Hist. Eccies. L tu, c* i5}. {K
Jv Annai» et N. BoanBaiAU^ du
Pré.)
BACHER {N... ), prêtre d'Angers > exerçant les fonctions de vicaire dans le diocèse, fut enyoyé à la mort^ le 3 novembre 1795, par la commission militaire nouyellement établie à Angers; et son prétendu délit , aux yeux des juges qui le firent périr, étoit de mériter de leur part le titre de ré-^ fractaire. Ainsi donc Bâcher avoit préféré la persécution au crime du serment de la constitution civile du ctergi, en 1791 » et n'étoit pas ;sorti de France, conformément à la volonté de la loi du 26 août 1 79a. ïl se trouYoit sous les coups de toutes celles qui, plus barbares et plus impies encore, étoientvenu frapper ensuite les prêtres, que leur %èle pour les catholiques avoit
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retenus près d'eux. Le nom dd Bâcher, ni celui de plusieurs autres ecclésiastiques , immolés de même et par la même commission , ne se trouvent dans aucune des listes imprimées des victimes de la révolution. La raison en est donnée par Prudhomme luimême, à la page a^i du YI* volume de son Histoire des Crimée de ta Révolution, où il dit :
«Le représentant Francastel (proconsul de la Convention à Angers) ne vouloit pas que l'on écrivît les noms de tous ceux que l'on faisoit fusiller : c'étoit pour sa mettre à l'abri de tout reproche, qu'on ne laissoit subsister aucun titre capable de prouver que'des femmes et des enfans avoient été enveloppés dans les massacres journaliers {V. Vendée). La commission militaire s'entouroit des hommes dont les passions étoient les plus sanguinaires; elle les chargeoit de procéder à l'interrogatoire des détenus. Cet interrogatoire, comme le jugement, n'étoit qu'un simulacre de pure forme , dont on ne tenoît aucunes notes. Ces commissaires se contentoient de faire des listes, et de mettre en marge , à côté du nom , la lettre F... : ce qui étoit un signe de mort (pag. 239) » . Nous avons insisté sur ce point, parce que nous tenons du vénérable évêque d'Angers , comme nous le disons ailleurs {V. Angers), que « ces prétendus juges mirent à mort
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beaucoup de nobles, et quantité d'autres laïcs des deux sexes 9 uniquement parce qu'ils étoîent religieux, mais en alléguant d'autres prétextes^ et les taxant d'aristocratie » . Quantaux prêtres, H n'j Atoit pas de doute qu'ils ne fussent immolés en haine de la religion.
{V, SuGHET, de la Fallu ; et L.
Bastard.)
BACLER (Pélagie), née et domiciliée à Arras, âgée de 56 ans. Tirant avec sa sœur Renée d'une manière analogue à leur peu de fortune , sanctifioit comme elle son célibat par la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Elles regrettoient fort que leurs moyens pécuniaires ne leur permissent pas d'entrer dans la charitable association de la veuve Bataille en faveur des prêtres catholiques dépouillés et mis en fuite ( F". M.
J. D. Bataille). Les vertus des sœurs Bâcler offusquoieut les impies révolutionnaires d' Arras; et le proconsul J^ Lobon chercha l'occasion de les compromettre dans quelque complot imaginaire { y. Auras). Il n'hésita point à les comprendre dans celui dont il voulut charger une pieuse association , quapd il vit sur les registres de la veuve Bataille le nom de Bâcler avec celui des associés.
Pélagie et sa sœur furent arrêtées €omme eux, et traduites avec eux devant le tribunal révoiutionrnaire d'Arras; mais le nom de Bâcler qui se trouvoit sur le re-
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glstrc étoit celui d'une tante de ces pieuses filles, qui, morte depuis peu de temps, avoit consigné de son vivant, entre les mains de la veuve Bataille, la modique somme de trente sous pour des aumônes. On en fit l'observation aux juges, et ils répliquèrent :
« N'importe, nous sommes convaincus » . Ils l'étoîent sans doute de la vertu et de la Foi de ces pieuses filles ; et elles furent envoyées à réchafaud avec tous les charitables associés, le 25 germinal ( i4 avril 1794) 9 comme « complices de la ( prétendue ) conspiration de la veuve Bataille ». {F. M. M. M. Arbacbaat et R. Bâcler.)
BACLER (Renée), sœur aînée de la précédente, née à Arras, vivant avec elle en cette ville lor»
du proconsulat qu'y exerçoit en 1794 l'apostat J** Lebon {F. Arras ) , se dîstinguoit par les mêmes vertus que Pélagie dont nous venons de parler. Comme elle partagea son sort, de même qu'elle partageoit sa sainte vie, ce que nous avons dit de la première est aussi l'histoire de la seconde. Elle fut condamnée avec la même iniquité, avec la même haine des vertus chrétiennes et de la Foi catholique , par le tribunal révotU" tionnaire d'Arras, le a 5 germinal an II ( 14 avril i;;94)' I^e motif supposé de sa condamnation fut qu'elle éloit « comjlice d'une conspiration ourdie contre le