‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 56 sur 222 · BAC BAG · texte numérisé non relu

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couverts; et on la jeta 9 comme Julien «-Labrousse 9 alors, appelée eux, dans les prisons. Cette œuvre Brousseyal^ le serment de U^ éminente d'hospitalité ^ que TË- éertMgadité , prescrit par la loi glise et l'Evangile même ont tant du i4 ^M même mo^ ( i) ; mais sa préconisée ( F, J' Aux); la fit con- conscience timorée l'y fit mettre damner au dernier supplice, par aussi des réserves qu'exigeoit la les juges du tribunal criminel dp Foi. Il ne lui en faHoit pas tant département de la Vienne, sié- pour être, dans la suite, consigéant à Poitiers , le 25 germinal déré comme r^/r^^^^^re^ surtout an II ( la avril 1794 )• Us l'en- après les lois des 29 et 5o vendévoyèrent à l'éçhafaud, commettre- miaire an II {V. Lois etTaiBuif. céléuse de prêtres réfraètaires »•• Kévoi.). Il fut arrèttè par les ré<« (F. Arcisa, et C; D, Bsrtavlt.) volutionnaires du canton, en mai BAC ( Jacques* JEAii-ARD]ié)> . 1794» ^t envoyé prisonnier au prêtre^ curé du bpuorg de Mens, tribunal criminel d^ département près Grenoble., sur la route de de VJrdiehe, séant A Privas. Gap,néàSi^int-JuUen'*Labrousse, Quand on l'y interrogea, il eut dans le diocèse de Viviers , district bjen soin de faire observer qu'il de Meienc, avoit, à la vérité, dans a voit mis des réseryes À son séria simplicité delà bpn^efoi^ prêté,; ment de la ôùns$ifiuian civile en janvier 1791, le. sei:ment delà. duoUrgé, de peur qu'on ne le constitution dviU du fitergéy prît ,pour ce qu'on appeloit alors mais il y ayoit mis une sorte d^ un confomkistei, « J'observe , réserve préliminaire ^ d'une xna- dit-il, que je fus dépossédé de ipa niére lije^ solennelle, en faisant core et remplacé, parce que j'aprécé4erceUe prestation de la dé- vois fait précéder «mon serment claratio^ «qu'^1 vo^iloit être qbéis- d?un discours dansdequel je disois santàDiei|,etfi4èl^àlai:eUgion9. que je voulois être obéissant à Cette phrasf; parut aux adminis- Dieu , et que je ne jurois qu'autant trat^urs uixe yéritable regtrietion , , que je ne cesserois pas d'être fidèle propre à l^Jrrlteif; et-Bae futf à la religion». On lui demanda renvoyé p^ fux de. S4, cure ^ en. s'il avoit prêté le serment de septeipbre suivant, pomnpepr^re' ti^evtMgaUti. «Je l'ai prêté

ipsermenité. Il vint habiter son: •

payii' natal , au seiQ de S^ fafiQiUe J > (i) Ce serment , ordoimé solennel-

et crut pouvoir :8e dispenser d'o- Ument le 14 août 179a, suivant une

héjr à la tei de la déportation, ren- «^P^^elle rédaclion définitive , avoit

due. le- 2& août précédent. Pour f^ ^^^ P"?f ' ^' "' T"" "if

Mif , ., - , ete prononce le 10 dans rassemblée augurer sa tranquillité, il ifit, de- ^y^^ „„ ^gi^i^e enthousiasme, en vanf la nauoliQipalité de Saint* .^ face du Roi fait prisonnier.

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derant la muQÎcfpalité de Saint- Julien - Labroiisse, répondit - il ; mais l'extrait du procès-verbal de cette prestation contient des ob«- «erratioDs religieuses de ma part. »

La dernière question consista dans ees mots : « Conhoissois-tu la loi des 29 et 5o Tendémiaire dernier 9 qui ordonnoit aux prêtres réfractaires de se préèenter devant l'administration 9 pour y faire la dé*cfaration relative à leur déporta-' tîon ; et savois-tu que cette loi eût été enregistrée et publiée dans là commune.de Saint -Julien -Labrousse ? — 'Je n'en ai aucune connoissance 9 répondit-fl; et j'ignore ^ par conséquent) si elle a été publiée et enregistrée à Saint- Julien». On voit 9 par ces diverses questions 9 que le tort essentiel de Bac 9 aux jeux des jugés, étoit d'être prêtre, -et prêtre fidèle à sa religion : où ^verra mieux en- ' core, dans la sentence qui fut portée contre lui, le a6 prairial an II (14 juin 1794)9 qu'elle fut' dictée par des lois ennemies de la Foi. Il y est dit : «Vu l'extrait du procès-verbal des séances du directoire du district de McEcno, des ^4 floréal et 1 7 prairial courant ; ce dernier portant que Jean- André Bac, prêtre , ci-devant curé de Mens, département de Ylsire, habitant actuellement à Saint- Julien-Labrousse , sera traduis au tribunal; le certificat dç la municipalité de Broussev^l, ci-devant Saint- Julien - Labrousse, do a 5

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courant, portant que la loi des 29 et 5o vendémiaire y a été publiée et affichée le 16 nivôse dernier : ouï ledit Bac, lequel a déclaré avoir prêté le serment, au mois de janvier 1 792 , et avoir été déplacé de sa cure au mois de septembre suivant, à cause des restrictions apposées à son dit serment, et qu'il fit les mêmes réserves à. celui prescrit par la loi du 14 août 1 792. — Considérant que la loi du 9 janvier 1791 ordonne que le serment sera prêté purement et simplement', sans que les ecclésiastiques puissent se permettre aucun préambule, explication ni restriction ; que celle du 26 août 1792 prononce la déportation contre ceux qui, ne l'ayant pas prêté, ne serqientpas sortis, dans quinzaine, du territoire de la république; que l'article X de la loi des ^29 et 5<r vendémiaire , déclara sujets à la dépoYtation, les évêques, ci-devant archètêques, les curés conservés* en fonctions, et ceux qui ont prêché dans quelque église que ce sort, depuis la loi du 5 février 1 79 1 , qui'n'anroient pas prêté le serment prescrit ; que Tlarticle txs de la même loi leur eàjoint dé se rendre , dans la décade de la publication , auprèi de l'administration de leur département qui prendra les mesures pour leur arf estation , embarquement et déportation ;*que ledit Bac n'a peint profité de ce délai; — Le tribunal déclare que ledit Bac étoif

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sujet à la déportation; et, îanîe par lui de s'être présenté , dans le délai prescrit, à Padministration du département, ordonne que ledit Bac sera livré à l'exécuteur des ]ugemens criminels, pour être mis à mort sur la petite place de cette commune (Privas) , dans le délai de vingt-quatre heures ; dé-^ clare ses biens confisqués au profit de la république, conformément aux articles cités, et à Tarticle xvi ; ordonne que le présent jugement sera exécuté à la diU^nce de Tac* Cusateur public ». Il ne le Ait cependant qu'un mois et demi plus tard , soit parce qu^on vouloit associer au sort du curé Bac d'autres prêtres et quelques religieuses $ qui venoient d^être amenés dans la, prison ; soit peut - être que , parmi les juges, il y en eût qui espéroîent des circonstances pro-* près à faciliter l'évasion de ces victimes (F. DALLfiMÀVB, GaRbIIS^

MoifTBijLKC , RovviLjLE ; et Antoinette VwcENT, Madeleine Bumoulin, Marie -Anne Senovert).

Quelqâ^^^ jours avant l'exécution, Fabbé Montblanc étant aussi condamné à la peine de mort comme le curé Bac, plusieurs honnêtes-geias, voulant sauver ces prêtrès et les i^ligièuses , leur conseillèrent de' s'évader par une ouverture qu'ils pratiquoient eux-mêmes au mur de leur chambre ; imitant en cela les disciples qui , pour soustraire saint Paul au danger de .mort dont il étoit menacé, le firent

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passer par dessus un mur, et descendre dans une corbeille ( Jet* y c. IX, f, 25) : service dont il les loua fort dans sa seconde épître aux Corinthiens (c. x, ^. 33). Nos prêtres avoient le droit de profiter comme lui de ce inoyen de fuir, que sembloit leur offrir la même Providence, sans que, pour cela^ on pût dire qu'ils n'étoient point résignés au martyre. Mais elle n« vouloit pas que leur résignation restât équivocpie. La femme du concierge , ayant été avertie de ce qui se passoit, vint y mettre obstacle, en accablant d'Injures atroces nos saints confesseurs de la Foi. Ils lui répondirent avec douceur : « Nous avions cru qu'étant 4ét|5nus injusteoffent, il nQU9 étoit permis de profiter d'un moyen que la Providence paroissoit nous, fournir pour nous mettre en sûreté ; mais puisqu'elle ne veut pas que ce moyen réussisse : que sa volonté soit iaite! Nous sommes très-résignés; cessez donc vos outrages , surtout ]^arce que vous y mêlez des blasphèmes qui offensent Dieu » . Alors ils ne pensèrent plus qu'à se préparer à la mort, par des prières continuelles, au pied d'un crucifix qu'ils s'étoient procuré, et en se purifiant de plus en plus, par le sacrement de la pénitence. Ils s'encourageoient les uns les autres à la mort, et se félicitoient de la fin glorieuse à laquelle ilsétoient destinés. La nuit qui précéda leur

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ëupplice fut passée en prières. Ib chantèrent mênae rofiice et la înesse des morts ( V, Montblang).

Le matin du jour où ils saToient qu'on les conduiroit à la mort, jaloux de se montrer en tout mi- Distres de TEglisç de J. -C, et pour en reprendre alors ceux des signes extérieurs que le malheur des temps les avoit forcés de laisser dîsparoître» ils se firent couper les cheveux 9 auivant les formes youlues par les SS. Canons 9 comme ebcQi'e renouveler leur tonsure.

En sortant de la prison 9 pour aller au lieu de l'exécution 9 i)s entonnèrent à pleine voix le psaume Misereremei,Det$$y entremêlant chaque verset de c^smots : Parce, Dotnine, parce popuio tuo; et ne reminiscarU deticta popuii tui* « Pardonnes^) ô ,mon Dieu !

pardonnez à voire peuple 9 et daignez ne pas vous .ressouvenir de ses crimes». Ils continuèrent de chanter jusqu'au pied de l'instruïnent de mort. Leur voix ferme , leur démarche assurée quoique modeste 9 la j^oie qui brilloit sur leur yisage : tout, de lepr part 5 l'empUssoit les spectateurs d'un religieux saisissement L'annonce de €0. spectacle impie et barbare 9Voit porté la presque totalité des habitans de Privas à se retirer, les uns hors de la. ville 9 et les autres au fond de leurs maisons; mais ces voix angéliques, ce chant , si nouveau depuis la dévolution, retentissant dans la

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cité , faisoient accoarir un g^and nombre de personnes saintement jalouses de voir une scène aussi édifiante. L'impression qu'elles en ressentirent est inexprimable. Les courageux ministres de Jésus- Christ virent décapiter avant eux les trois religieuses dont nous avons parlé; ensuite ils montèrent l'un après l'autre sur l'écha&ud.

Le premier, parlant pour ses confrères comme pour lui, commençoit à déclarer hautement au peuple tt qu'ils mpuroient tous pour leur religion » ; le bourreau l'empêcha d'en dire davantage. Un autre embrassa le bourreau sur l'échafaud, comme pour le remercier de la faveur qu'il alloit lui faire, et ensuite balsa l'instrument de mort d'où ses frères venotept.de monter au ciel 4 et ce ûitle8thermidor(:263uiliet 1794)9 que la patrie céleste les reçut au nombre de ses glorieux habitaps. Leurs corps furent mis dans une même fosse, dont la piété de^ fîdiÈiles remarqua la place avec beauooifp ; d'attention. Pes jours plus calmes étant survenus quelque temps après , les chrétiens j couroient en foule. On y vit, en 1795 et 1796, surtout dans lal»eUe saison, jusqu'à deux et troi^cents personnes prosternées et ea prièi^cs.

Quand la catastrophe du 18 fructidor (5 septembre 1797) fut venue ramener la terreur eiji Fr^nce^ le qoncoiirs ne put être si nombreux au tombeau de ces Mar^rs ;

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cependant U y Tenoît encore beaucoup de fidèles, malgré la gen«darmerte «fue les administrateurs y enyoyoient pour les disperser.

Les catholiques de. la yille, qu'on avoit privés de leur église, se réu* nissoient en assez grand nombre en ce lieu , les dimanches et fêtes»

Cetteailluence ne cessa d'être aussi grande , que lorsqu'ils purent a yoir chez eux des oratoires, pour sa-^ tisfaire leur piété. On peut regar* der comme un effet de l'interces^ sion de ce^ saints Martyrs dans le ciel, la réparation publique et l'amende honorable que, depuis lors, ont faites à Privas, en pré^ sence des autels, deux des juges qui a voient opiné pour la mort, dans le jugement de ces cinq prêtres et de ces trois religieuses.

BACHELIER (Fbançois), prê^ tre, envoyé de son département à l'île du Pâté*^e'*Blaye, pour en être déporté à la Guiane , en 1794»

parce qu'il n'avoit pas fait le serment de la constitution civile du clergé, est inscrit sur le registre des morts de Blaye, comme noyé au Pâté, le 16 messidor an II (4 juillet 1794)* II avoit déjà horriblement souffert dans le sou<* terrain du fort ( V, Bokdbàvx )^ Quelques gens prétendirent bien , en 1797, peut^tre pour atténuer les crimes des persécuteurs , que cet ecclésiastique, étant tombé dans la rivière , et sachant nager, avoit pu être recueilli par une basque, qui l'avoit sauvé ; mais sa

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mort étant attestée sur le registre, pai* deux officiers municipaux, et en outre par le témoignage verbal de quatre prêtres compagnons de sa captivité, MM. Bernard Foutant, Jean- Franpois- Marie Tourneporte, Germain Chesnaud, et Bouriot, nous paroît certaine en cette circonstance^ Quand elle le seroit moins, on ne pourroit douter que François Bachelier ne fût mort peu de temps après , par suite de tant de maux, soufferts pour la cause de la Foi. Le registre de Blaye nous a laissé ignorer de quel diocèse étoit cet ecclésiastique. {V, S. AyMARD, etBAGQVBT.)

BACHELIER (Pierre), prêtresacriste de la Bazouge-de-Chémeré, dans le diocèse du Mans, et titulaire du bénéfice de Saint-'Antoine de la paroisse de Chémeréle-Boi, né à Froidfont, doyenné de Sablé, vers i725-> s'étoit trouvé ches le pieux Chadaigne, lorsqu'on y arrêta le prêtre Dorgueiï {V. ces noms); mais il avoit échappé à ceux qui saisirent celuici. Dieu vouloit cependant qu'il fût du nombre des confesseurs qui donnoient leur vie pour la religion de Jésus-Christ; et c'est pour cela sans doute que, le a6 avril 1795, neuf mois après la chute de Roberspierre, le vénérable Bache-^ lier, plus que septuagénaire, caché 1 dans la ferme de la Grande-GuyoU" nière, paroisse de Ché)iieré-le- Roi, et au moment où il se disppsoit à célébrer les saints mys-^

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