‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 66 sur 222 · LEM I · texte numérisé non relu

LEM I

B A KTH É L E MI ,( WicQï.AS.)p Bénédictin^ dq 1^ congrégation de ^aint-Vannes et Saint7Hidulphej conventuel de la maison de Verdun, étoit né dans cette ville ^ooi ^1729. Il n'adhéra en aucune- ma?ni^re \ là constituiiork civile dtf clergé, .et n'en Cjt point le serment ; mais l'effroi des événement de la fin de 1792, le porta à prêter le serme]:it de Uiertér-éga/tité.

Cette condescendance xie le mit point à l'abH d'ujne persécution qui vouloit que les prêtres aposr tasiassent formellen^ent. jDani Barthélemi fut arrêté dans s^ province où il conJ;iauoit à rési^ der; et }es autorisés, du départe^ ment de la Mepise, le condamnèrent à être déporté au delà de^ mers. Il fut en conséquence mené à Rochefurt po^r y être embar* que. Oi^ le . fit monter sur le na-vire les Deux Associés ( F. Ko**

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xhepoat). Le poids des maux qu'on y endurcit 9 l'accabla. Il les regarda comme une punition de son serment de iiéerté' égalité^ et le rétracta en présence de ses confrères. Ce religieux mourut le 35 août 17949 ^ l^âge de 66 ans; et fut enterré dans l*île Mcutams.

( F. J, B. Ba&th£lemi et J. P.

Basgle. )

BARTH1ÉLEMI (Nigolis- FBANpois)) natif de Longchamp, près Neufchâteau 9 dans le diocèse de Toul, âgé de 4* ^^^ 9 ancien curé, domicilié à Senonges, près de Mirecourt, au même diocèse , fut condamné à mort le 22 rendétniâire ah II (i3 octobre 1793), par le tribunal révoiutiontiaire de Paris , comme complice d'une prétendue conspiration de Rouen , dans laquelle trois jours après l'on impliqua non moins injustement la Reine de France , Marie -Antoinette d'AuiHche. Il réfusa le ministère d'un prêtre jureur Schismatique qui se présenta pour le confesser, et demanda qu'on mît seulement un crucifix sur ses genoux. Il le pegardoit avec componction, parbîssant fort occupé de l'autre yie, et du consolant espoir de recevoir bientôt la récompense due à sa piété et à son Bmour pour ta religion. C'est l'auteur impie de l'outrage : Le Glaive vengeur, qui lui-même raconte cette particularité comme témoin oculaire, en ajoutant cette réfleuon sacrilège : « Consolaot

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espoir, délicieuse pci^ée, si tou6 les billets étoîent gagnans dans la loterie de l'Eternité I »

BARTHÉLEMI {Le Pire) y Capucin. {V. S^ Flevabnce.)

BASCLE (Jagqves-Philippe) > curé d'AUac- Champagne^ diocèse de Saintes, né au même lien^ n'y donna point le scandale de la prestation du serment de la constitution dvUe du ctergi»

Les événemens de la fin de 179^ l'effrayèrent au point qu'il prêta le serment de 'liberté -égaiiti.

Cette condescendance de foiblesse ne le mît point à l'abri de . la persécution en 1793. II avoit montré en 1791, qu^il ne consentiroit jamais à abandonner la Foi catholique ; ■ et il cgntîrbuoit à résider dans sa province 9 et même dans sa paroisse. On l'y' arrêta, et l'on décida qu'il se*roit déporté à la Guiane. Conduit à Rochefort et «embarqué sur le navire les Deux AssoeUs [V. Rôchefobt), il ne put sou* tenir les maux de cette espèce de prison ; et , voyant qu'il étoît près de rendre compte à Dieu de sa conduite , il craignit de porter devant le tribunal suprême le crime du serment de iiéerté^a^ iitéf et le rétracta en présence de ses confrères. Ce curé , sacrifié en haine de la religion, mourut dans la nuit du 22 au 23 août 1794 ; et fut enterré dans l'île JUodame.

(V. N. BiLRTHBLSMI et J. B. O.

Bavdbt.)

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BASILE (Sceur Saint) , reli* gîeuse. {V. A* Caetier.)

BASTIDE (iV... M La), prêtre €t chanoine de la cathédrale d'Uzès, né à Malbose en Yivarais, 9*étoit retiré après la suppression de son chapitre, dans la petite TÎile de Yillefort, au même diocèse. Son attachement très -actif pour la Foi catholique, lorsqu^on se mettoit, en 1 79 1 , à la persécuter dans la personne des prêtres non assermentés , le rendit ocUeux > comme eux, aux agens de la persécution. Comme Tannée soiyante, il se forma en juin 179^5 non loin de là, une confédération royaliste , dont l'un des buts principaux étoit de protéger la religion catholique alors vivement persécutée, La Bastide , ainsi que tous les prêtres fidèles , fut accusé par les persécuteurs d*être complice de cette confédération , connue dans l'histoire sous le nom de Catnp de JaUs. Prudhomme prétend même {HUt. des Crimée deia Rival. 9 tom.IY, pag. 57), que « l'abbé de La Bastide contribua puissamment au rassemblement de Jalès; que, lorsquMl fut saisi, on le trouva nanti d'une commission de Du Saillant, chef des confédérés , pour se mettre à la tête des reheUee d'une portion de la JLozire » ; mais cet historien, ardent partisan de la révolution , n'est pas plus croyable sur ce fait que sur ce qu'il a dit des prêtres prêtés à Navesy le 9 juillet 1793

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{V. Biâvarb). Il importoit d'autant plus à la faction de calomnier le chanoine de La Bastide , qu'indépendamment de ce qu'il étoit ferme dans sa Foi, il se trou voit être le frère d'un courageux royaliste qui étoit membre du comité de Jaiès, et qui , lors de la résurrection du rassemblement, deux ans après , tomba entre les main»

des républicains , et fut condamné à mort, le a4 floréal an II ( i3 mai 1794)* Le chanoine 9 proscrit moins encore pour cette raison que parce qu'il étoit zélé pour la Foi , s'étoit retiré secrète* ment dans une maison de sa fa* mille, près Joyeuse; mats, la veille du jour de l'assassinat des prêtres aux Vans, des frénétiques 9 s'étant mis à le chercher aveo plus d'activité , le découvrirent enfin dans sa retraite, et Ten arrachèrent le i3 juillet. Quand ils furent à quelques pas de la maison , où ils l'avoient trouvé , ils le fusillèrent Les administrateurs du directoire du département de VArdèchôf écrivoient à ce sujet 9 de Joyeuse, le i5 juillet, à l'Assemblée nationale : « Les plus coupables ont été tués par ceux qui les ont saisis ; les abbés La Bastide , Lamolette et autres 9 viennent de l'être à Tinstant»

{Moniteur du ai , séance du iS). La sainte magnanimité que le chanoine de La Bastide montra dans ces derniers instans, ayant été digne de la Foi dont H étoit Ip

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confesseur 9 le fit regarder unanî* mement dans le pays comme un Martyr de la religion. ( V. C. Allier et Brayard.)

BASTI£ (Antoine-Ange) 9 habitant de Caussade en Quercy, diocèse de Montauban, et né au même lieu , ayant suivi les exercices de piété de son curé avec plusieurs autres personnes du pays, fut arrêté, amené à Paris, et condamné par le tribunal révoiutiannaire à la peine de mort, comme fanatique 9 ainsi que dixsept autres, le 5 messidor an II (21 juin 1794 )• Sa tête tomba sur réchafaud, le même jour, à Page de 29 ans. ( ^. J. P. Glaviere).

BATAILLE ( Marie-- Josevhe- Désirée d'Ambrines - d'Ëquer- CHiN, veuve de Pierre- Joseph Xavier), dont le mari avoit été chevalier d'honneur au conaeil d'Artois, étoit une fepune éminemment vertueuse de la ville d'Arras où elle étoit née en 1 763.

Elle n'avoit que 5i ans, lorsque Tapostat J^ Lebon fut envoyé en qualité de proconsul dans la province d'Artois pour la désoler en J793 ( V. Aaras). La veuve Bataille avoit conservé sa Foi pure i|u milieu du schisme constitutionnel ; et, depuis que l'exercice extérieur du- culte catholique étoit proscrit, elle avoit établi pour elle , et pour d'autres fidèles de sa connoissance , un oratoire dans l'intérieur de sa maison. Ses bonnes ceuvres étoient si aboo-

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dantes et ai connues, que le président du tribunal d'Amiens , par lequel J^ Lebon fut ensuite condamné, le 5 octobre 1796, ne put s'empêcher de dire dans le résumé des débats : . « Les témoins ont attesté que cette citoyenne vertueuse, digne d'un meilleur sort 9 avoit consacré sa fortune et ses soins au soulagement des malheureux. Dès sa premièrç jeunestse^ poursuivoit-il , elle avoit contracté l'habitude de verser dans le . sein des pauvres les secours abondans que sa fortune , qui étoit considérable , lui permettoit de leur donner ; e^ elle y joignoit les aumônes que des personnes charitables lui con« fioient pour la même destination.

On a trouvé chez elle un registre; Au haut de la première page, on y Toyoit l'intitulé suivant : «Listedes personnes qui veulent hien con^ trUuer à Vahonnement pour nos prêtres 9. à conmiencer le i^oçtobreiygudemaisenmais.

Ce registre finissoit au mois d'août 1793 0. Il n'est donc pas douteux que. la v^ Bataille n'eût com^pris dans le nombre des malheureux qu'elle secouroit les prêtres catholiques du diocèse d'Arras, dépouillés et mis en fuite, privés de tout. Il est certain aussi que beaucoup de ses compatriotes concouroient à cette bonne œuvre particulière, et que les sommes reçues d'eux étoient inscrites avec leur nom sur son registre. On le trouva chez elle^ lorsque J'* Leboa la fit

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arrêter en yertu de la terrible loi des suspects {V, Lois, etc.). Elle le fut parce qu'elle éloit pieuse 9 charitable et de noble famille. On découvrit en même temps dans sa chambre plusieurs lettres de prêtres non-assermentés de la paroisse sur laquelle elle demeuroit ; mais ces lettres ne contenoient que des choses touchantes '9 sans aucune idée de contre-rérolution. Le registre sur lequel on voyoit les noms d'une vingtaine de personnes dont chacune donnoit , suivant ses facultés» tant par mois 9 de manière même que telle qui a voit donné un mois n'avoit pas donné le mois suivant ^ fournit à Lebon de quoi faire une liste d'autant de victimes pour son tribunal Tév<H intionnaire. Il lui dicta même le jugement à porter contre ces vingt personnes et la veuve Bataille, dans un arrêté solennel qu'il fit à cette occasion. Il voulut même que le greffier du tribunal en fît uiie lecture publique aux Jurés, en présence des personnes qu'il accusoit, comme dés juges et des curieux que l'accusation attireroit à Taudience* U y étoît dit, entre autres choses non moins perverses : a Considérant que la nommée d'Ambrines, veuve Ba* taille, non contente de fournir des secours aux prêtres réfractau'es, a encore ouvert un registre, à compter du 1" janvier 1792, jusqu'au mois d'aoOt 1795, où se sont fait inscrire plusieurs indivi-

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dus, jaloux de partager avec ladite Bataille la gloire d'alimenter des scéiirats f et d'encourager leurs projets parricides contre la république; — Considérant que jamais les patriotes n'ont compté parmi eux (ces charitables con^ tribuans) la veuve Jonque ^ Lesoin , Corrége , de Bunnevile , BcUaUle; mesdemoiselles Cau»

droUf de Gouy sœurs 9 Cornier, Bacier sœurs; mesdames Tourset, Dauchez, Arracharty Théry veuve i Bayard mère, d'Hée^ DesmazUres , Wagon née Carron; messieurs Dauchez, Arrachart, chirurgien; de Gouve , Leroi d'Hurteùise , Becqu^, Gammon, d'Hennecourt, La^ camté , Blanquart , BUn da Rutiecomte; et mesdemoiselles d'Hurtebise » { V. ceux de ces noms qui sont en caractères italiques ). Le proconsul poursuivoit : « Considérant qu'il n'est aucun des individus repris audit registre qui n'ait montré dans sa conduite un attachement constant aux prêtres ennemis de la révolution, etc. : arrête que tous les individus nvâtes et fenuites cidessus mentionnés seront, a la diligence de Tacousateur public, traduits sans délai au tribunal révoiutiormmre séant en cette, commune ( d'Arras ).. . et en outre que le présent sera lu aux jurés, immédiatement après l'acte d'accusation»» Cette lecture, qui fut effectivement faite comme Tavoît

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ordonné J^Lebon^ rendoit inê- Titable Tarrêt de mort contre tous ceux qu*xl accusait. La procédure s'ouvrit ; et Ton vit avec admiration la généreuse veuve Bataille vouloir se sacrifier elle seule pour ses compagnons d'infortune. Elle déclara 9 pour les sauver, que tous ceux dont les noms étoîent inscrits sur son registre pouvoient « n'avoir eu aucune connoissance de l'emploi qu'elle a voit fait des aumônes qu'ils lui avoient confiées 9 et que c'étoit sads leur participation qu'elle les avoit fait passer à des prêtres déportés » , comme l'a remarqué ensuite le président du tribunal d'Amiens. Ce magistrat continuoit ainsi : « La veuve Bataille auroit donc été la seule coupable ; cependant, à l'exception de quelques unes de ces vingt-quatre ^rsonnes, toutes on( été condamnées, savoir, dix-huit di| registre; et deux hommes qui n'y étôient point inscrits ont été aussi condamnés, parce qu'ils avoient servi de témoins à un mariage célébré (chez la Veuve Bataille) par un prêtre qui n'iavoit pas prêté le serment » ( F. Hvatebisb et Buubcomte). Dii;:-sept femmes jivoijent été extraites dé la prison , ou arrachées à leur domiciles pour comparottre dans pe procès. La ^vcuve Bataille fut, avec ses dixneuf compagnons en bonnes œuvres, condamnée à la peine de mort, le a 5 germinal an n(i4 dTril 1794)9 comme «complice

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d'une conspiration ourdie contre le peuple français et sa liberté v.

La mise hors de cause de ceux qui furent renvoyés absous mît en fureur le proconsul, dont les intehtions n'étoîent pas assez complètement suivies. Notre généreuse veuve accepta la mort avec résignation, et avec eel amour dé Dieu ^qui avoit dirigé toutes ses actions. Les associés de ses œu-^ vres de charité et de Foi marchèrent, comme elle, à Téchafaud avec les mêmes sentimens. Ils y trouvèrent un complément à l'expiation des fautes qu'ils pouvoient avoir à se reprocher. Tous se trouvèrent en mourant dans cette disposition d'âme, qui, en pareil cas , procure la récompense et la gloire du martyre, suivant ce que dit saint Thomas : « Il y a vrai martyre lorsque l'acceptation de la mort est commandée par la charité : les supplices endurés pour Jésus- Christ ont alors la vertu du baptême qui purge l'âme de tout péché » : Quàd autem sit meritorium, hoc hcAet ex cha^ ritate. — Passio pro Christo susceipta atftinet vimBaptismi, et ided purgat aé omni cuipa (Pars 2""^ QucmU ia4# ^^^ 3, ad 3". — Pars 5», Quœst. 68, art. 1, ad a"). Des historiens, témoins de l'exécution de ces vingtifn Alartyrs, racontent que les affidés de Ji* Lebon exercèrent sur leurs cadavres, et spécialement « sur celui des fenunes, des cmau-

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tés infâmes dont les peuples les plus barbares n'ont jamais donné d'exemple ; que le soir du jour de Texécution , les femmes 9 ou plutôt les mégères préposées parles agens du proconsul à la direction de k prison où étoient les victimes»

s'emparèrent de ce qu'elles 7 ayoient laissé de liqueurs ^ les burent, s'en enivrèrent , ^t dansèrent de joie toute la nuit. Il en étoit bien autrement dans la ville.

Tout le monde 7 frémissoit d'horreur à l'aspect d'une si atroce boucberie » dans laquelle se trouvoient immolés des pères de famille , des veuves 9 des fenmies, des vierges 9 tant de personnes estimables et vénérées 9 à qui on ne pouvoit reprocher que des bonnes œuvres.

Le bas peuple lui-même s'indignoit contre la férocité de Lebon et des vils exécuteurs des ordres de son féroce athéisme ». (F*. J.

Bàbbibe et m. R. Batart.)

BATAILLE (Piebae), citojen de Nismes , avoit signé la décla« ration des ao avril et 1*' juin 1790 9 contenant la plus énergique profession de Foi des catholiques de cette ville (F*. Nismes).

Lors de Tinsurrection des protestans contre eux 5 le 14 juin 9 Bataille fut arrêté par des votantaires de la légion Nismoîse protestante 9 qui le conduisirent à l'esplanade où ils le pendirent. La corde cassa ; et l'infortuné eut encore la force de s'enfuir à la faveur d'une fausse alarme qui étoit

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donnée aux bourreaux. Il se réfu»

gia dans la maison d'un catholique, j grimpa dans la cheminée.

Les volontaires , revenus de leurs craintes , le suivirent d'as^z près , le découvrirent, le tirèrent par les pieds : il tomba , et fut tué dans l'âtre même de la cheminée à coups de fusils et de baïonnettes. (F.

AusÉBT et Joseph Brvv. )

BATARD (Lauxent), curé de Notre-Dame de Chalonnes- sur- Loire, au diocèse d'Angers, avoit mérité la haine des impies réformateurs par la constance de sa Foi, par l'ardeur de son zèle pastoral, et par l'édification de ses vertus ecclésiastiques. Il étoit resté dans sa province pour les besoins des fidèles. Après la défaite de l'armée eatfudifue et royale au Mans et à Savenaj^ en décembre 1795 {V. Vendée), il ne put échapper aux persécuteurs On l'arrêta, et il fut livré à la commission mUitaire d'Angers qui l'envoya à la mort le i3 nîvose an II (2 janvier 1794)9 comme «r brigand de la Vendée v . Il n'en périt pas moins à cause de la religion, et comme victime de l'impiété. ( F. BàCBEiet R. BovBiUGE. )

BAUDELET (Màbie-Rosalib), femme* {V, M. R. Batart.)

BAUDET (jEAN-BArasTE- OvEv), prêtre, chapelain de Sainte- Austreberte, dans le diocèse de Rouen, étoit né à Hugleville : il mérita par la constance de sa Foi, en 1791 et 17939 d'être rangé par

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les impies révolutionnaires dans Ja cla9sç des prêtres iiiseroientés.

Aucun servaient , en effet , ne soiiilla sa coQspjience et ne compromit sa Foi. Ayant continué de résider dans sa proTÎnce, il y fut arrêta en 1795. Les juges du tribunal criminel du département de la Seine -- Inférieure le condamnèrent à être déportç au delà des .mers. Traîné à Rochefort pour y être embarqué 9 il le fut sur le navire les Detix Associés (^. Ro- .chefout). Le séjour de l'entrepont de ce navire devint pour lui le der- .nier supplice. Il mourut le 18 juillet 1794» à Page de 56 ans 9 et fut

.enterré dans nie d'^«j3. (f^* J. P.

.BÀSCLECt... BArDrOUIN).

! BAUDIN (iV...), prêtre nonassermenté de la Provence , avoit échappé aux persécutions homicides de 1^793 et 17949 en sortant de France. Lés fallacieuses promesses, de justice et d'humanité qui suivirent immédiatement la journée du 9 thermidor (27 juillet 1794)? Iwi ayant fait croire qu'il pourroit avec plus de liberté donner l'essor à son zèle, il vint l'exercer à Marseille; mais la per- .sécution se montra de nouveau 9 à découvert^ après la crise politique du 1 8 fructidor an V ( 4 septembre 1 797 ) ; et le prêtre Baudin fut arrêté. On l'emprisonna dans le fort Saint-Jean 9 où il se trouva avec le père Donadieu ( V. ce nom ). On ne tarda pas à les juger Tun et l'autre; ils furent condan^-

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nés, comme « émigrés-rentfés n, '4 périr par le supplice des fusillades, dan9 la plaine de Marseille* Le matin di; jour de l'exécution, Baudin reçut dans la prison même la sainte eucharistie, des mains du père Donadieu. Il périt avec lui le 5 février 1798.

BAUDOUIN (iV. ..), prêtre , exjésuite de Metz en Lorraine, né à ThionviUe , diocèse de Metz, montra la plus grande constance dans sa Foi lors du schisme de 1791.

Sa bouche étoit restée pui» en 1795 de tous les sermens que l'imj^iété révolutionnaire avoit prescrits jusqu'alors. Il fut arrêté comme insermenté dans sa province , où il avoit continué de résider; et, après ravoir condamné à la déportation dans les îles, on le fit conduire à Bodiiefort pour y être embarqué. Il le fut sur le navire le Washmgton ( V. Ro-- CHEFOBT ). Dans le supplice de ce séjour, il succomba sous les maux qu'on y faisoit endurer aux déportés ; et il mourut, âgé de 63 ans, dans le Qpurant de septembre 1 79i^.

C'est à l'île à^jiix que ses ossé- • mens reposent. ( V. J. B« O. Bac- DET et G. J. Bauqvet. )

BAUDRY (aîné), prêtre et chapelain de l'église de Notre-Dame île Nantilly, dans la ville de Saamur, n'ayant pas fait le serment de la constitution civile du clergé , et ayant été dispensé de sortir de France, en 1792, à raison de son âge plus que sexagé-^

natke , aTOÎt èlé arrêté à Saumur^

et mis en réclusion à Angers 9 conformément à la loi de déportation du 26 août de cette année -|à.

Vers la fin de 1793^ on fut importuné de la présence des prêtres sexagénaires reclus, au point de Youloir s*en défaire à tout prix.

Ce qui se pratiqua à Neyers en février suivant {V, Nsveks) , a?oit été exécuté à Angers dane le mois de novembre précédent. On avoit fait partir pour Nantes les vénérables reclus Angevins : Baudry étoit du- nombre {F, Nantes). On >avoit bie;n que )e proconsul Carrier trou ver oit aisément un moyen de les faire pér^'. Dai)s sa lettre ù la CouTention, où elle fut lue le i5 décembre sujvaat, il annonça la submersion qu'il avoit opérée de cinquante-huit prêtres venus d'Angers 9 et de seize autres arrivés d'ailleurs.. Ils avolent été noyés dans la nuit du 9 au iq de cç mois; et ce fut ainsi que périt le chapelain ..3au,dry 9 en haii^e de sa Foi et de la religion dont il étoit le ministre, co;nme ce saint Urbain de Constantinople , dont l'Eglise honore la mémoire le 5 septembre. Le P. Favereau, Récollct de Saumur, et actuellement curé d'Outretot, prés Roueo^ nous atteste que 0 l'abbé Baudry donna constamment dans la ville de Saumurle spectacle édifiant d'u^e vertu distinguée, jusqu^à l'époque fatale qui lui a fait quitter ce pays pour perdre la liberté à Angers ,

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et la vie à Nantes». {F. Jv Asi- LÀRB et BisnTRY , curé.)

BAUDUËR (FaAï«çojs), prêtre, chanoine de la cathédrale de Ba~ iSLSf et qui nous paroît inscrit 9 par erreur , sous le nom de Bondues, sur le registre mortuaire de l'hôpital deBlaye, en 1794; étoit né à Pérusse-Massac, en 1718. Il méritoit en 1793 d'être regardé comme prêtre insermenté ; mais 6on âge semblpit devoir imprimer quelque respeôt aux persécuteurs.

JLeur haine contre la religion et ses ministres étoit trop violente pour faire grâce au vénérable cha-^ noine. II fut arrêté et traîné u Blaye pour être de là déporté à la Guiane {V. Boedeaux). Dès son arrivée, on le jeta dans le souterrain humide et obscur du fort de l'île du Pàté-de-Blaye , en attendant que les préparatifs de l'embarquement fussent achevés.

Les maux qu'il y enduroit étoient trop affreux pour qu'il pût les soutenir jusqu'à cette époque. Il tomb:i dans un tel état de dépérissement, qu'il fallut le transporter à l'hôpital de Blaye ; et c'est là que^ sans cesser d'être captif de Jésus- Christ, il cessa de vivre le 23 pluviôse an II (11 février 1794)»

à l'uge de 76 ans. {V. L. Babat et N. Belletaux.)

BAUDLS ( IIUCVES - JOSEPB-

GviLLArME), magistrat de Cahors, OÙ il étoit né en 1725, et où il remplissoit la charge de lieutenant particulier de la sénéchaussée , s'y

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dîdtînguoit non seulement par son intégrité 9 njais encore par ses vertus religieuses. Il n'y avoit pas de pieuse association à laquelle il n'appartînt; et tous les infortunés bénissoient les effets de sa charité. Lorsqu'en janvier 1 793 9 il sut que le Roi étoit mis en jugement, cet événement lui causant une douleur extrême, il ne put s'empêcher de la confiera un de ses amis dans une lettre où. il Tengageoit à prier pour le monarque dont les dangers lui sembloient avec raison aussi imminens que terribles. Quand cette lettre , découverte par hasard dans une visite domiciliaire chez cet ami, parvint à la connoissance des agens de la persécution, à Cahors, Baudus y étoit déjà eilaprisonné comme suspect, à raison de sa piété ; et l'on approchoit de ce 27 germinal (16 avril 1794)5 où la Convention ordonna que tous les prétendus conspirateurs des départemens, seroient amenés au tribunal révaiutionnaire de Paris. On ne fit cependant partir Baudus que le i5 juin; mais quand il fut arrivé , on ne tarda pas à le traduire devant ce tribunal. Ce fut le 17 messidor (5 juillet 1794) qu'il y comparut. Lorsque le président, suivant l'usage, commença par lui demander son nom, il répondit comme les anciens Martyrs : « Je suis chrétien » .

Le président ayant insisté , Baudus répliqua avec uùe sainte assu-

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rance : «Je suis/ catholique n . Leî juges avoient éié disposés à l'absoudre par un de ses neveux qui étoit membre de la Convention , et qui lui avoit coôseillé de nier qu'il eût écrit la lettre dont il Vient d'être parlé. Mais Baudus lui avoit répondu qu'il ne pouvoit pas mentir. Les autres questions que le président lui adressoit , le trouvèrent également ferme dans ses sentimens religieux et royalistes. Un des juges vint lui dire que s'il répondoit toujours ainsi, on te feroit mourir. — « Je ne crains pas la mort, lui répliqua- 1- il; il n'y a que les lâches à qui cette crainte puisse empêcher de confesser la Foi». Sa lettre lui fut représentée ^ et on lui demanda s'il la reconnoissoit : « Oui, répondit-il, eHe est de moi » . Son neveu qui étoit présent dit alors aux juges ex que son oncle ne réponfdoit ainsi, que parce que la frayeur avoit dérangé sa tête». Baudus Tentendant, luire* partît sur-le-champ : «Plût à Dieu que vous l'eussiez aussi tranquille que moi ! a II fut aussitôt condamné à la peine de mort, comme « coi|vaincu de s'être déclaré l'ennemi^du peuple, en provoquant par des discours et des écrits , l'anéantissement du gouvernement républicain et le rétablissement de la royauté ». Le même jour on le conduisit à la guillotine, et il périt ainsi à l'âge de 69 ans.

BAUQUET (ChàUes-Jacquis},

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religieux de l'ordre des Çkaivtreux, et coadjuteur de leur maison de Bourgfontaine 9 province de France 9 sur Seine ^ diocèse de Soissons, étoit né à Notre-Dame de Blagnjy au diocèse deBayem.

Expulsé de son cloître par la réyor lution, il conserva (es vertus de son état,. Les, innovations sdbismatiques de 1791 ne le firent point dévier des principes 4c la Foi catholi^pe. Il mérita, sous tous les rapports, d'être compris^ en 1795, parmi Jes prêtres fi.dèl^ que rien ne4>oiivoit détourner, diç leurs devoirs, et fut arrêté dans le département de la Sciiie-Infir^ rieure. Bientôt, condamné à être déporté A latiuiane, il fut conduit à Rocnefort. On l'y embarqua sur le navire Us Deux Associés {V. RoghefortJ. Les souffrances qu'il y endura V conduisirent au tombeau. II expira le 9 aoûrt 1794^ à l'âge de 55 ans, et fut enterré dans l'île d'^îa;. ( T. Baudouin et F. Beaubet.)

BXtJQtJÏS (Jeàune), religfeuie de l'ordre de l'Ânhonciadé,, autrement dit, Bleu-CèitsUl a Lyon OÙ elle ,étoit née, fut forcée de rentrer dans le monde ^ un âge avance, ^brsque la révolution' supprima lès ordres ' monastiquçsi.

Se regardait toujours coaim* engagée, par ses vœux à une %ie analogue à, celle du cloître, elle se distinguoit par sa piété; et, daris ces jours malheureux de 1793, où a n'étoit plus pos-

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sible de trouver un temple catholique ouvert aux fidèles, efle faisoit dire la messe chez elle, comme le firent autrefois à S^ mosate, en 297, sous la persécution de Alaximien, les saints Martyrs Hipparque et Fhilotée (1).

Dès-lorf que sa maison étoit un sanctuaire ; il devoit naturelle^ ment j venir des prêtres , pour y offrir le saint sacrifice, et y exercer leurs autres fonctions.

Les révolutionnaires ne poifvoient manquer de s'en apercevoir, et d'en frémir dQ rage^ Us la dénoncèrent lonque la terrible commission révMmHoimairù de Lyon, étahliQ versJa Ssk de 1793, se montroit M ^lYide du sang des ecclésiastiques et des personnes pieuses ( F. Lxoj^). Jeanne Bauquis, à l'âge de 63 ans, fut tra* duite devant ce tribunal knpie> qui lui demanda le serment de Heurté - égaiùé; elfe le relu^ avec formetè, comkne une sort% 4'apostasie,et'fut aussitôt condamnée à lapeilie de inor t , comme .efAruUi^^i^i'ne .voulant pas se conformer aux lois , et recevant ,/:|kfft eUeidoKfwÊtréé ^èfractaîres » , A'«st^-(Um çi^oiiquesl Ce jugeiHient fut ptcnrosioé 1^ 39 pluyiose rna^U (i7iié^rieH794),.(r. C.

Màmai^f eftSuTiÀirpi.) * '

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(tyAct, Martyr, nh As^emano coh- /eeta^ipuDs Ii»^'pa^. 1^4, m septem ^S^, Manjrt^ AMetas Christi Hip^ purchwn, etc. {F. çi-d«vant, p«g. 19,)

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BAUZAC (Jean), pîenx habitant de Solignac en Velay, près cVîssingéaux , datis }e ' diocèse -du- Puy, fut du nombfre de ccfe catholiques fermes dati^ leur Foi', qui, touchés de^' toalhenrs- de FUglise et de la triste cortdition des prêtree à qtii on* faisoit la chasse de toutes parts v ^^^îf^^t dans leur maison un asilé à ceux qui n'en pouvoieht troiiver aii- Icurs ( F". J* Alix). La féiririie' de fiauzac étoit ûssod^e à la mê^ne bonne action. €et af^^e ^héh)îque de charité én^rm^ dn mfto'èti^dè Jésus-Christ ayant été Sé<Joffirért^, Jean Bauzac fue arrêté' eVj^ 4ans les prîs<^8 dit 3*ujr ttve'c -sa femme^ pour êlrcf fUgés sÉfrêe feît par le tribunal driiitinel dadépar^- 46ment de la ff^auée-Loïrè^ siér ^geant en cette riUè ; et- ce trlbti^ ^al , prononçant 'd'après les lois d!ak>r8« condamna Jean Bauzac et sa femme 'à la peine de mort^, rojnme « receleurs- de prêtres^ ré^ fractaires ^\ te 3 prairial an H j(a2 mai 1794). La sententlefôt exécutée le lend«im9mi\('/^/>^.\B.

femme) ^ demeurant aveàson mari ji Solignac , ptèls ift Tiiie; du* Ptiyéit Velay, étant restéia /fe*ine;diuis.ilii Foi cathdlkiuey dooktiJt, partpfni^ cipe de religion , et.de concert av«c son mari, un asile. chez ^e ri un prêtre fidèle dont la>tie^toit«ie^ nacée. Leèpepséouteurdco^nureiit cette, yertucuse et généreuse ac-

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