‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 68 sur 222 · BAVQirET et P. J. Bellivet · texte numérisé non relu

BAVQirET et P. J. Bellivet

BEAUREGARD (ANDinl-txSoiicss ButJ^AULD de), prêtre ; chanoine 9 théologal - chancelier et vicaire-général de Luçon^ né à Poitiers, en 1745, s'étoit distin* gué par ses vertus ecclésiastiques , comme par son savoir. La ville de Luçon lui devoft un établissement d'éducation pour les jeunes pcrâoiitieis ; et les oeuvras de sa charité dévoient lui procurer autant de défenseurs qu'il y avoît d'infortunés dans cette ville. Mais les hctes de Ce genre, surtout lorsqu'ils étoient inspirés par la Foi, ^t que la religion les avoit consacrés, dcrvenoient, depuis la révo^ lutioh , des déli ts politiques, digneis dîe toute ranimadversion dés impies réformateurs. Il n'est pas nécessaire de dire que le théologal de Beauregard n'avoit point voulu fEiire le serment schismatique de '1-791 ; mais, ce qu'il importé de ne pas passer sous silence, g'e»t

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^*il emplojFoit toutes les re»- conscience ne me fait aucun resources du ssant mlnietère pour proche. Je ae suis pas pour cela maintenir àes catholiques de sa |ustifié. Le sort <|ui m'est destiné prayince dans leur attachement- Ta» selon toute apparence, mettre à la Foi, et dans la pratique de la £n pour moi aux épreuyes de religion de Jésua-Ccheist. Les per- cette malheureuse yie. Grâces à aécuteurs de 1793 et 1794 ne Dieu, il n'est pas imprévu. Prêta pouToient qu'.en être irrités à paroitre deyant Dieu, il me reste l'excès ; .ils arrêtèrent ce respecr encore des devoirs à remplir. Je table ecclésiastique, en le traitant ycisenvoua^oo image. C'est entre de conspirateur, et le firent con^ tos mains, ma digue et tendi» duire à Paris» pour y être jug;é mère, que }e veux renouveler •comme .tel, par le grand tribunil l'expression des sentimens que révoiutiannaw. la veiUe du yous prîtes soin de transmettre à jouroù:ildeyoitêtre.amenédevant yos enfans. les juges, préyojant le sort qui « Je crois tout ce que croit et l'attendoit, il crut yoir sa mère .m'enseigne l'Elise, sainte, cathoprès de lui, en esprit, comme -Uque, apostolique et romaine, saint Flayien.avoityu la sienne en dépositaire de la yraie Foi qu'il réalité, la yeille de son martjre; .plut à Dieu de révéler aux homet, de même .que . celui-ci disoit .mes, et hors laquelle il n'y a point alore à sa mère : « Yous «avez que de salut. Je yeux mourir comme j^ai toujours regardé comme glo- :)'ai vécu, dans un fidèle attacherieux d'être enchaîné pour Jésus- ment à sa doctrine. Je rends Christ,, de donner ma vie pour lui; grâces à Dieu des Êiveurs dont je et, puisque ce que j'ai désiré suis redevable ùl sa proyidence m'arrive, yous aurez donc plus à paternelle: je lui demande pardon yous en glorifier qu'à vous en des.&utes sans nombre dont je me* affliger (1) » ; le chanoine Beaure- suis rendu coupable à ses yeux; gard écrivit à la sienne en ces et je m'humilie devant les homtermes , le 26 juillet 1794 : nies , pour les scandales que je

«Jesuisàlaveiiledeeomparoitre leur ai donnés, au redout^le tribunal où je suis « J'implore l'assisUnce de mon tniduit,sanssavoir pourquoi. Ma ange gardien, l'intercession de

saint André, mon patron, et des

Saints en qui j'ai eu une dévotion (i) O matrem rebgiosè piam I O «articulière ; celle de la Sainte-

maccnaçceicammatrem!,.. ùiereocon- 1,. , . . /. j» , ..

tisU quod optaui , glonandum est po- ^"^^V" ' / ^"^ )^ ^»» ^«'^^"^ ^^»

tms€fuàmdoleKdumKmii9irt,(Fassio «aon enfonce, et par une voca- SS.Âfontani, Zucu , etc. no 16). . tion matquée'de la Providence.

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J'ai éprouvé plus dHine fois des effets sensibles de sa protection toute • puissante : j'espère qu'elle ne m'abandonnera pas à cet ins^ tant de ma yie , le plus important pour mon salut.

« Plein de confiance en la divine miséricorde qui se déclare d'une manière plus éclatante pour les plus grands pécheurs, j'accepte en esprit de pénitence, pour l'expiation de mes péchés , h sacrifice de ma vie. Je l'accepte avec un cœur pénétré de reconnoissance, ce sacrifice que la Foi me présente comme la plus prêteuse de toutes les grâces : plus j'en suis indigne, plus j'ai lieu d'attendre de la prédilection divine, le fruit qu'elle attache à cette insigne feveur.

Qu'il me soit permis de le dire , ma chère bonne mère, en vous ouvrant mon cœur» je dois à la bonté de Dieu ce témoignage :

dans les épreuves auxquelles il a permis que je fusse soumis, j'ai déjà ressenti les effets consolans de son insigne parole. C'est de TOUS que j'ai appris à le connoître ; et, quand je médite ce qui est promis^ à ceux qui seront jugés dignes de souffrir pour lui , pour celui qui est la vérité et la vie, je crois entendre de votre bouche les exhortations d'une mère de sept enfans , qui , sacrifiant au premier de ses devoirs , ses plus chers iptérêts, transmit à la postérité l'exemple mémorable de sa tendresse et de sa FoL Je sens celte

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vertu puissante m'élever au-des* 5US de moi-m^me, et, avec elle, la joie , la confiance , se répandre dans mon âme. Si le moment du combat est si consolant, que sera-ce de la victoire? Ne vous affliges donc pas, ô la plus tendre des mères, de la situation de votre fils. Dans l'épreuve d'un moment, vous Toyez la voie qui conduit à la vie. £hl que sont toutes les tribulations du monde , en proportion de cette vie qui n'aura point de fin?

« Soyez , je vous prie , ma chère bonne mère , l'interprète de ce que je voudrois pou voir exprimeràmes frères, dans ce dernier moment.

Vous savez combien fut étroite l'amitié qui nous unit : jamais elle ne souffrit la moindre altération. Les liens que vous prîtes soin de former pournotre consolation et votre bonheur, ne sont point rompus :

j'ai cette confiance. Plus forts que la mort, ils nous réuniront dans une meilleure vie.

a Je ne saurois assez reconnpître les marques d'amitié que j'ai reçues de mon frère aîné, dans tous les temps, et les sacrifices qu'il fit au désir de vous être utile et à nous tous. Je prie Dieu qu'il soit lui-même la récompense de sa vertu , et qu'il le conserve auprès de vous, comme votre consolateur et votre appui.

« Je prie Monfolon (i) de rece-

(i) Un de ses frères ; qui habitoit Paris.

▼DUT aussi l'expreaftioii de mes tendres aentîneiis ^t de ma recoQQoîssaBce 9 paur tout ee que^ le zèle et l'amitié lui inspirèrent de faire pour.m^i. Je sens touti^'Q que son c<Bur souffre de ce que.

nous sommeâ prirés de la consolation de nous embrasser.

« Le* mien ^ânît encore de réloîgnement de celui de mes frères (1)9 à qui la Pl^ovideiice ayolt pris soin de m'iinir de plus près; faites-lui parvenir, je yous prie , dès £[ue les circonstances le permettront y.» les tendres expi^Sr sions de mon amitié, fondée sui^ Testime et là confiance, comcoe encore de mes tobux pour luL Puisse - 1 - il âlre l'interprète dé mes sentimens auprès de ce di^e Evêque, que Dieu, dans sa miséricorde, donna poucchef à régUs0 de Luçon ; aopKèB de ses vénérablefl Gi^Éfrères; de.esS di^es> pasteiMW qui m^offrirendt dcisi graodS'^iL^or^ pies iA eèle et .de y^erml Jla sav^ent combien mfétoient cbers ile$ li&ES$ qui nous unisaoieatf 'ii9i r^oxijelïf^ a?ea.eux la profession des religieuse sentimens ^i nous furent eom<T muns. Je les prie de receyoir Vi^x-:

pression de ma- yén^ration et, de ma reconnoissanee 9 d'oublier les scandales que yn le««r ai donnés, et de se souvenir de moi dans leurs

prières.

■ Il ■■ iii.i I I ■

(1) Autre frère, Jean Bi'umauld, chanoine, chantre et vicaire - général de Luçon qui, en 1798 , fut déporté h Cayenne , et en est revenu.

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« Je ne désire pas moios être rappelé au souvepir de ces respectables confrères de ma captivité. Je metQ ^u rfuxg des. grâces ks plus précieusesi, rin^ructioa et l'exemple que j'^i^trouvés |)armi eux. J'espère de leur charité^ qui fut pour moi si indulgente ^ .qu'ila vaudront bjeo ne pas m'publier.

«J 'embrasse^ «ces chers eafans « pour lesquels je p4rtage.ayec vqu^ les sentimens de.U'4)lus. tendre a,mitié (9]. Ma cofisqlaUoii j^toit de les voir croître sous yos.y^ux; e^ j'ai cette confiance, que- la semence que you§ et leur vertueuse mère prenej^ Aoin, de répandre dans lecjfs cœurs, ne se^'ai.pa.^ in-:

fructjieuse. Puisse ma situation d/ey^nir pour^^uk^ûiie lepon utile!

Je recommande à l'ainé de graver dai^s son cour, et de transniettre a s^es frères, le dernier avis qu'il

a rc^u de moi verbalement, le g)us important die tous cieux que j'aie' pu lui donner,

«^e voudrois pouvoir rappeler ici tous ceux à qui je tiens par les lïens du sang et de l'amitié , ou

Par les devoirs de l'attacheihent et de la reconnoissance. Vous serez l'interprète dé mes* sentimens, que vous connoîssez', auprès de ceux qu'il ne m'est fÇLS permis de nomoier. Je prié mpri anqii (S) de

(a) 'Ses neVeuÂ', 'enfans d'Anne JuKe Brumauld, sa sœur, veuve de Jk Jt'A.^rent de Curvon.

(3) M. de Fresiie^ doyaa^ yioaise^r général de iinçQB. ;•«.«}.-

lire dans lûon éœur ce «(«fe je rej^rette tatat dé né pouTêlr lui eipi^inier. NèmiiDér^KamimJ, c'est as^t vous/ Mt^ ùdniiùitte délai à «jui êdt dû ce titfft ^ qn*'d possédé depitis )ofîg[r-tetnps.

k Poisse ixtû fàmHIe ehérie y épû tùt p6ar n6iârs rdb{tet de itiM de Sôînfà ,• rettfùvt àtissî ï^eipréssîdh dé mé*tértdrés aTéMîmeiis {i)î Je Ki^^l jàrh^is do^ié' dé son attacheihent. Je i^dcôtïiàiaiide à son sotH ienfr fcékiî qt^i ne èesse dé s'oce*-* pèrd'eBè; *

~ « 3'uftl^, ifiâ dîghè et téhdfé frièré, fe âà(^i^îJ5cè dé tout ce <|ùt ftli cher à ïiioii cdfeut, aux sèthiinens que Jééûs-tïhriSt itiôh Sâtï- Véur conséi-va jibîir èa éâîrité irièré, et jpoiir' Cèixk tjii*i\ dai^tii appeler ses frères.' ^ « C*ést au pied dé la croix que, vous embrassant pour la dernière fois , Je vous offre l^ëxpréssïon de ma soumission, dé mon respect et de mes plus tendres séntiméns, et lé régréï des mécoilteritemens que je vous aï occasionnés. C'est prour vous ^ là plus tendre des mères, et pôuf tout ce que iojis aimez ; c'est pour l'intérêt de la religion , pour nôtre mialheureuse patrie , pour la persévérance dcfs justes, pour la conVérsîoh dés pécheurs; c^est pour tous ceux qui firent la cause

(x) Le pcnsionTrtfcdélAi^B , formé pur \e¥ Àoitw.de M.^^ Bleauïegard^ et 4o°t il étoit le BifpéTiltàr*' ^ *

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<m l'oecaslon de no» peifieg; eW p^r mes péché» y qa'isni pir Id Foi à mon Sauveur mimSrant et mourant pour «loi , préiii de eon« fianoe en ses mériteB^ à sa paroie #t à ses dfviiyes promeMegy je foi»

à Dieu \é 99ctiêee de ma vie. Je remets mon âme entre ses mains» n Le chanoitie BeaungArdilit effedivement amené , le lendemain, 9 thermidor (b^ juillet) , deranf le tribonak Les sentimens do^nt il ètoit pénétfé dcvàni ses juges, peuvent se concevoir aisément^ d'après la lecttlre de. ta-kttre. iV ne tarda pas à Ètte condamné à périr sur réeèafead* Les motîfé de sa condamnatiOB furent qu'il èioit « eonvairicu de s'êti^e déclaré l'entièaii du peuple f en employant lé fhnaiigfm pour semer lé trouble et la division dans l^sprit en pé»pl« «4 il CuIl. gfiilintiné le m^Pà^jMt^^ pendant que la fedwii TéerfntdûHf^nnt «enipoHoit: sa tîctoiré Mi* ilpbei^iérfé. Lalcfttte du 4ibéolO|j;af de Beâubagard à sa mèt«> Biii&iiènleivt prâdeuji fom rhi»t0ii)ë dé l^ltse gallicane^ mè>^ rtléé^être iuë fêic les (dèles , avec le Même respeét qae les premien éhrétienslisoîéntle»deriiîers<éerils de leurs Martyrs.

B£AURËiX)Uâ (FAÀircoisi Dte)^ d'une femiHe noble , âgée de 66 ans, née à Saint- Astier, dan»

le diocèse de Périgueux^ et domiciliée à Bordeaux, ne voulant point «'écarter de la Foi catholique dont elle a voit, toujours fait profession,

restoit attachée de rdi^pion aui| prêtres qu'on ap|)«loit véfTiiÇr taires. EHç contribuai avec ouze autres femmes pieusç^» et un «impie porteur d'eau , à soustraire À la persécution pendant quatorze mois 9 un de ces prêtres dpnt elle suÎTûit les exercices de piété ( F. CfSAirx). Or le découvrit, et les pej^onnes chaf*itables qui l'aToient c^c\iè furent dénoncées.

Françojs^ Besiuretopr, l'ufie d'elles, fut, avec les autres, traduite deyant la commission fniiUaifsç de Bordea4i:|: {V. QpiinBAiix); et cette commission la condamna, comme elles , à la peine de n^ort, le 16 ipessidor an II (4 juillet 1794)* On ^ peut lire les tonnes précis de la sentence, et le nom de toutes ces prétendues eomplicesài'artîple ï* Aux. On j verra que Franp^i^e B0aii retour inanifesta devant |es juges spp atta-* ehement invafial^le ^ la Foi catholique^ et qu'elle ne fut pa^ mjoins IS^nie que les autres dans le refus d'indiç^er l'asile où d'au* très prêjtres fidéJ#s se tenaient à l'abri de 1^ rage des perséoiateuis.

BECAYIN (Joseph) , prêtée de Naote$, ;i'é^it i^fug'ié à Paris, en 17^, pQiiréiFitjerles persécptipus suscitées ^ans son pays, oomm^ ailleurs, conti^e les firètrea que h canstifmion civiû du fAergé UTioit trAijii?és inébranlables dans leui: Foi. jLa trapqjUMilité que lui o&pit I0 capitale pojur y remplir H3 devoirs saceidotaux, lui de*.

vint perfide comme à tant d'autres.

Il n'en profita pas sai^s se iairç reeoimpitre pour un miI:^st^e fidèle de la religion ; et il é^it assez no^ comme tel par les impies, pour ne pfis être rec^ché après le 10 ao(^t t^ga, Ipr^qu'il^ firent saisir tqiis les prêtres inr sermentés qu'on put d^cppvrir dans Paris. Bécav^n fqt arr^é des premiers, puisqu'il se trpuve le cinqqième sur le registre de l'état civil de Paqs , fait d'après le ne«gistre d'écroii de l'église des Cfirm^. Comme il cteo^euroit dans te quartier de la sectiqn du Lvh qsemhçurg , ce fut 4eTant le «oinité de c^stte seption qu'on le conduisit 4*abor4 ; et par la preuve qu'il y dpnna de sa fermeté dans la Foi, il méiita d'être enlermé duns cett)e église avec tai^t d'au* très intrépides confesseuiis de Je* sus-Christ {V. AjuiABAii , D]a|.Av).

Sa cpndoit:e dans cette captivité fut, comme la leur, nm continuelle préparation à la > mort; et, après s'être encouragé avec eux à la subir pour la Foi de Jésus-Cbrist, il se présenta aux assassins, le 9 septembre, avec la constance et la joie des anciens Martyrs.

BÉCHEJIEL (Avgvstih), prêtre, né âi Rennes, r^s 1763, étoit à l'époque de la révolution vicaire de ViJlepot, dans le dio«eèaie de Rennes. U ne At point le serment schématique de 2791, et trouva le moyen d'écbofper

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aux persécutions des années suiyantes, jusqu'à la fin de 1797. Là fureur contré les prêtres fidèles s'étant ranimée au 18 fructidor (4 septembre de cette année) , il fut arrêté en Tertu de la loi du lendemain 9 qui les condamnoit à être déportés à la Guiane 9 s'ils ne faisoient le serment de haine à ia royauté, {V, Guiane). On le fit partir pour Rochefort, où il devoit être embarqué. Il le fut le 12' mars 1798, sur la frégate ia Charente y d'où il passa le 26 ayrîl sur la Décade^ qui le débarqua à Cayenne vers le milieu de juin suivant. Il put obtenir un asile dans un canton de l'île de Cayenne y à Roura, chez un colon ^ nommé Laborde : mais les fléaux du climat ne vinrent pas moins l'y accabler; et il mourut en odtobre de la même année, à l'âge de 4^ ans.

{V, BEÀveé et J.'B. Belovet.)

BECK (Reine), Ursuline de Cassel en Flandre , étoit l'une des cinq religieuses de la Belgique , qui, faites prisonnières parles armées républicaines lors de la conquête de cette province {V. Belgique), en furent envoyées à Arras avec onze religieux Belges , saisis dans la même circonstance ( V^ pour les religieuses, B^ Bught, B« Geisoit , M. A. S. Minne , A.

yiifDBftviCK';etpour Tes religieux,

P. J. ChâRLET,G. F. BOUGQUABT,

p. J. C1.ET8, A. s. Cbartrel, p. s* F01.T9 L. F. Gaublàiv ,. p. J. m.

Iirapux? P* J. MqHtagkb; i. A.

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PEtlÂEBT, M. PlCAVET, J, X. VeR-

tocb). Quelques jours après leur arrivée en cette ville ( V» Arras) , le proconsul Lebon les fit amener dans l'édifice dont il avoit fait le Tempîe de ia Raison, c'est-àdire de l'athéisme , suivant ce que nous avons raconté à l'article Nevers. Il s'y trôuvoit lui-même pour les y recevoir, voulant outrager en leur personne la sainte Religion qu'ils professoient , et dont il étoit un effroyable apostat.

Dès que ces religieux et religieuses furent entrés , il les fit monter sur un théâtre élevé exprès, où il se trôuvoit lui-même; et là, il les accabla de blasphèmes et d'iii-»jures. Ensuite il les envoya à son tribunal révotution/naire.

« Des capucins, des religieuses de la Belgique, dit Prudhomme (jflist. des Crimies de ia Révoi., tom. YI, pàg. 58 1), sont installés pêle-mêle sur les banquettes de ce tribunal. Prisonniers de guerre avant la réunion (soi-disant légale) dé leur province à la France, ils entendoîent peu le irançais ; et l'on se contente de demander à ces religieux s'ils uont auteurs des sermons qu'ils ont priSc^és. Le tmi qu'ils répondent devieilét leur sen* tence de mort ; et les l*eligieuses qu'on déclare leurs complices , sont envoyées avec eUi à l'échafaud». Cette condamnation, faite uniquement en haine de la religion y fht prononcée le 1 2 messidor an II (3o juin 1794)* L'exécuteur

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s'emparant aussitôt des victimes 5 dérangea les yêtemens des religieuses avec une indécenee ré-< Toltante^ sous le prétexte de les préparer au supplice de la guiilcH tine. Il afilècta de les faire mart cher à Téchafand processlonnellement arec les dix religieux 9 pour les livrer à la dérision publique.

Ces seize Martyrs y alloient en chantant l'office 'des morts; et, manifestant la plus édifiante résignation 9 ils donnèrent volontiers leur vie pour la cause de Jé« sus -Christ. Ces victimes ayant > suivant l'usage "pratiqué en Belgique , en Italie 9 etc. 9 pour distinguer leurs personnes de celles du même nom 9 donné ceux, de leurs père et mèrfs 9 nous savons que Reine Beck, âgée seulement de d5 aos 9 et née à Hazebrouck 9. étoit fille de Jean Beck et d'A^rieirne Parsy. (F. M. R. Bâtait et L. A« Becqvbt.)

BECQ13ET (Lovts-ALBXÀHDKB)»

dncien trésorier au bureau des finances de Lille 9 et résidant à Arras^ où il étoit né en 1 7:10 , se distinguoit par une piété sincère qui le faisoit compatir avec gêné* rosité aux maux des prêtres fidèles que la révolution avoit réduits à Tindigence. Il plaignit d'autant plus les prêtres non-assermentés, d^ns la persécution qu'ils éprouvoient , que lui-^même restoit fermement attaché à la Foi catholique qu'on n'àvoit pu leur faire trahir.

Il s'associa, pour les secourir, à la

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