‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 95 sur 222 · SON · texte numérisé non relu

SON

nom de Paroheyêque pour le ca^ rême de 1789, cjt dont le public nie doutoit poîpt qu'il ne fût Tauteur, lui attira d'une manière éclatante Tanimadversion des impies.

Cétoit l'époque où commençoit ayec un essor effrajant le soulèvement du tiers-état contre la noblesse et le clergé , à la veille des assemblées de sénéchaussées ou bailliages qui alloient nommer leurs députés aux Etats-Généraux; et le mandement tonnoit avec un esprit évangélique contre ce soulèvement révolutionnaire. Il lui appliquoit le passage du chapitre III d'l3aîe, où il est dit : «Le Seigneur va

ôter de Jérusalem 9 tous les

gens de cqeur^ les juges , les prophètes et les vieillards : il y aura une irruption du peuple 9 funeste pour lui-même ; l'homme se déclarera contre l'homme 9 chacun sera en guerre contre son prochain, l'ami se soulèvera contre son ami, l'enfant contre le vieillard, les derniers du peuple contre les nobles ; et l'on dira bientôt :

Jérusalem est tombée, Juda est renversé parce que leurs paroles et leurs œuvres se sont élevées contre le Seigneur» : EçceenitnDomir fuUor Dorninys auferet à Jerusaient et à ^uda validum et fortem, fortem et jydwemy et prophetainf et senem : et dabo jmeros principes eorum : et e/feminatidominaéuntureis. Et irruet popuius, vir ad virum, et unusfuisgue ad praximum

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suutn ; tumuituabituT puer contraseneniy et ignobilis contra NOBiLEM. Apprehendet enim vir domesticunt patris sui : vestimentum tiéi est ; Princeps esta noster. Ruit enim Jerusaiemet Judas eoncidit, qùia iingua eorunt et adinventiones eorum contra Dominum ut provocorrent ocuios majestatisepis. L'au teur prophétique du mandement étoit cependant encore bien discret ; car sans doute il voyoit assez lojn dans l'avenir, pour savoir que la suite de la menace d'Isaïa se réaliseroit également. C'étoit ausjii notre histoire qu'Isaïe avoit écrite, eu quelque sorte, quand il avoit dit : « Les exacteurs du peuple vont )e dépouiller. Oh I mon peuple I ceux qui te vantent la révolution comme devant faire ton bonheur, te trompent et t'égarent dans les voies du crime et de l'infortuné. Les hommes les plus il« lustres par leurs noms ou par leurs vertus te seront enlevés par le glaive ; les femmes se verront couper ce9 chefvelures , et ravir ces orpemens dentelles sont si vaines ; et dans ces villes , où l'on ne respire qujB des parfums, on ne sentira plus que l'odeur du crime et l'infection des cadavres : la patrie dévastée tombera dans la dé-* solation » : PoptUum exactores

sui spoliaverwnt Popuie

meus» qui te éeatum diçunt»

ipsi te dedpiunt, et viofn grèssuum tuorum dissipant. . . Put-

:»5o BOINI

ûherritni viti lui ifi gtadio cetdent.... Decaivaint Domirms vertUera fUiarutn Sian... Auferet DonnnusorrumhefUuin.é.

et erit pro suavi odoreftBtar...

Et desaictia in terra sedeint. Ce que l'auteur du mandement disoit , pônYoit suffire alors pour dessiller les yeux du peuple égaré ; mais sa prophétie si malheureusement yétiûée dans la suite , dévoiloit trop les periides Tues des révolutionnaires pour ne pas exciter leur fu*' reur contre le mandement. Ilavoit été publié le dimanche de la Quin^ quagésime5 suivant l'usage ; et deux jours après, c'est-à-dire le mardi gras de nos païennes extravagances, ces impies vinrent en masques, revêtus de chapes, et eoififés de mitres , brûler cet écrit pastoral sur la place du Séminaire , sous les fenêtres mêmes de l'abbé Bonnaud. Ce prudent ecclésiastique , à qui l'avenir sembloit révélé, montra néanmoins ensuite autant de sagesse que de fermeté dans la chambre du clergé de Lyon où , pendant le carême, non sans beaucoup d'orages et d'intrigues, se rédigèrent ses cahiers , et se fit la nomination de ses quatre députés aux>s Etats-Généraux. Bientôt appelé à Paris par l'archevêque qui y étoit retenu , l'abbé Bonnaud défendit les intérêts de l'Eglise par (des écrits • solides , entre lesquels on compte celui qui parut sous le titre dt Rédàmations pour ('£giise gallicane contre Virwa^

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sion des éiens ecctésiasti^ties :

Paris, 1791. Si ce fut lui qui rédigea VInstruction pastorale de Varchevéqtie de Lyon à ses diocésains, contre la Constitu-' tion civile du dergi, et la lettre du même prélat slux administrateurs de Lyon, contre l'envahissement de son siège , il doit avoir sa part dans l'honneur que ces deux pièces firent au prélat, à qui Pie YI lui-même en adressa des félicitations par un bref particulier du 2 1 mars 1 792 , lui disant : Quid etiam nofns a^^ceptius»... te cuirasse ut... celerrimè per singu^ las tuœ provindœ diœceses,...

fidèles s tiiis hortatiomtus , aô muttd magis tuo escempto cornmoti, aposioUds monitis ae prœceptis quàm citissimè p(^ rerent ? On n'a pas besoin de prévenir que l'abbé Bonnaud regardoit comme un acte trop illicite la prestation du serment de la constitution dviie du dergé, pour consentir jamais à s'en rendre coupable. Odieux aux impies, pour tant de raisons, il ne put échapper à leurs recherches après la fatale journée du 10 (îoût 1792. Conduit d'abord au comité civil de la section, où il refusa Je serment dvique, il fut traîné de là à l'église des Carmes pour y être prisonnier avec tant d'autres prêtres vertueux {V. DvLAr). Enfin, il subit, comme eux , pour sa Foi , la mort qu'on leur donna si inhumaine-

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ment I« a septembre soivanf . ( V> Sbptbmbib.)

BONNAY {if... m), prêtre, chanoine de la cathédrale de Ma* con, et YÎcaire-géikéral du diocèse, né à Bourbon-LancjT dans celui d'Aotun, étoit resté en France, quoiqu'il n'eût pris aucune part au schisme de 1791, et malgré la loi d'expulsion du 26 août 179a* Lorsqu'à cette dernière époque, on imagina d'exiger des prêtres un serment équiyoque de U6ertéégaiUé^ le chanoine de Bonnaj qui crut n'y ?oir aucun piège, le prêta ; mais cette lâche condescendance ne le saura point des rigueurs de la persécution en 1 793.

Il fut arrêté dans le département de Saàne et Loire , où il ay oit continué de résider; et, condamné ensuite à la déportation maritime, il fut conduit à Rochefort pour y être embarqué {V. Roghefoht)..

On le plaça sur le bâtiment te Wellington, où il rétracta son serment de iiéerté^àiité , dont on est fondé à penser qu'il ayoit fait précédemment une rétractation moins notoire. Les souffrances de l'entrepont de ce navire devinrent plus fortes que le tempérament du chanoine de Bonnay. Il succomba en septembre 1794 9 à l'âge de 46 ans, et fut enterré dans l'île Madame* ( F, F. Boissièbx

et C. BONNAIBB. )

BONNEFONDS (CiArDB- Joseph JorFPBJBT de), prêtre delà congrégation de Saint-Sulpice , et

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aai

supérieur du petit séminaire d'Autun, étoit né à Gannat, dans le diocèse de Clermont. Homme plein de mérite et de vertu, il se garda bien de faire le serment de ia constitution civile du clergé, et s'abstint avec le même soin de celui de Uéerti-égadté. Il coiMî^ nua d'habiter le diocèse d'Autun, où son ministère étoit d'un grand secours pour les catholiques. Les agens de la persécution l'y arrêtèrent en 1793, et le destinèrent à être déporté au-delà des meré.

On l'envoya pour cet effet à Rochefort ; et il y fut embarqué sur le navire tes Deux Associés {Vi Roghbfobt). Les exemples de vertu qu'il donna à ses compagnons de martyre , se prolongèrent jusqu'à son dernier instant. Il expira le 10 août 1794» à l'âge de 4a ans, et fut inhumé dans l'île à^Aix, ( F. C. BoBNAiBE et J. M.

BONVBT. )

BONNEFONT (iV...), prêtre de la congrégation de la Doctrine chrétienne, avoit été traîné en 1 794 , comme insermenté , de sa province à Bordeaux , pour en être déporté au-delà des mers ( V. Box- DEAUx). Il y fut enfermé dans lé fort du Ha, en attendant que le ]ont de l'embarquement arrivât ; et dans cette attente , qui ne commença à se réaliser pour d'autres prêtres que vers la fin de l'automne, trois mois après la mort de Roberspierre , le prêtre Bonnefont, succombant sous le poids

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de ses longues et cruelles souffrances, devint si malade qu'on se vit obligé de le transporter à Vhù^ pital de Saint- André où , sans cesser d'être captif de J.-G. , il rendit son dernier soupir le 19 août 1794* [F. G. Bos et £. Boudes.)

3ONNERET (Margceiiite), qu'ailleurson trouve nomméfs Bon-* liiet, née à Sérignan en 17205 religieuse du Saint-Sacrement, sous le nom de Sœur Sainte Jugustin, dans le couvent de Boulëne , près le Pont-Saint-£sprit, continuoit, ^près la suppression des cloîtres, à vivre en commun, avecbea^coup d'autres religieuses, à Boulène.

Elle fut du nombre des quarantedeux, qu'en 1794 les révolutionnaires amenèriBut, Ijb a mai, dans les prisons d^Orange pour y être immolées par la cruelle commission populairp de cette ville , et des trente-deux qu'elle fit périr (f^. Orange). On verra à l'article d'ALSAREDE , comment la sœur Bonperet sepréparoit au marr tyre avec ses compagnes. Elle fut appelée le 8 thermidor an II ( 26 juillet 1794)9 <^u farouche tribunal qui, la trouvant aussi ferme que les autres religieuses dans sa Foi , et dans le refus du serment de ii^ éerté et inégalité que sa conscience repoussoit, la condamna à la peine de mort « comme fana^ tique j comme réfractaire », et, suivant la formule d'alors 9 comme «contre-révolutionnaire», à l'âge de 74 ans. La même sentence por-

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toit la même peine contre quatre autres religieuses qui, partageant le sort de Marguerite Bonneret , ne furent pas moins lignes qu'elle de la palme du martyre. {V. A.

Cartier, M. G. Dubag, M. de JcsTAvomr, tante 9 T. Gonsolier; ^t, pour la série alphabétique d'Orange, A*Gartier, )

BONNET (Gatherine), née â Bordeaux en 1 7 18, et religieuse du couvent de l'Annonciade en cette ville, étant affligée du spectacle d'impiété qu'elle présentoit , sur~ tout depuis 1795, consulta le Seigneur sur le lieu de retraite qu'elle pourroit choisir pour être le plus à l'abri du scandale général, et ^xercerplus librement ses pratiques de religion. La grâce lui indiqua l'hôpital de Saint-André où elle pourroit en outre ex^i^Of^r les œuvres de miséricorde,. surtout envers les prêtres confesseurs de la Foi , qui des diverses prisons de la ville venoient y expirer. Cette religieuse y mourut elle-même dans les exercices de la charité, à l'âge de 77 ans, en 1795, et put être comptée au nombre des Martyrs de cette vertu, comme de son attachement à la religion. (F. A»

BoissESADE et G. Bos.)

BONNET (Jeas-Marie), curé de Saint-Martin-Hars, dansle dio* pèse de Poitiers, et né à Château- Garnier, prés Ghaunay, en Bas*?

Poitou , ayoit mérité par son refus du serment schismatique de 1791» que les iiutorités révolu*?

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