L. M. Blondet et C. Bbvvet
BONN£T-D£-RADAL, et noti PRADÂL ( Jeav-FraUçois ), né à Ax , dans le diocèse de Pamiers j le 4 septembre 1758, entra dans la congrégation des Génovéfains, le 4 septembre 1 768, et y fit profession le 21 novembre 1759. Il avoit passé de longues années dans la pratique de toutes les vertus de son état, lorsqu 'arriva la révolutioni La charité pour les pauvres étoit portée chez lui à un degré si éminent , qu'il ne calculoit jamais ce qui étoit nécessaire à ses besoins, quand il voyoit les leurs plus grands que les siens. Dans le terrible hiver de 1788 à 1789, il leur avoit donné tout ce dont il pouvoit rigoureusement se dispenser; et, dans cette généreuse distribution de ce qu'il avoit, il s'é-, toit réduit lui-même à une sorte d'indigence. Après la fatale journée du 10 août 1792, et surtout après la loi de déportation rendue le 26 de ce mois , Bonnet-de-Radal , étant compté au nombre des prêtres non«assermentés , fut désigné aux révolutionnaires chargés de les arrêter. lis vinrent chez lui , à Sainte '-Geneviève, suivis de la
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stupide populace qui ayoît coutume de les suiTre avec le plaisir de la curiosité. Quand elle reconnut dans cet ecclésiastique celui dont tant de gensdu peuple ayoient reçu des secours , elle s'opposa à ce qu'il fût arrêté. On y revint 9 et elle fit lajnême opposition. Dans Tune de ces visites 9 quelques femmes lui demandèrent encore l'aumône. Il leur répondit qu'il ne lui restoit plus rien , et il disoit TraL Cette femme avide lui répliqua : « Mais il vous reste encore TOtre mouchoir de poche 9 puisque vous le tenez à la main » I — c £h bien, le Toilà : prenez-le; je pomrai dire désormais 5 avec une entière vérité, que je n'ai plus rien à moi ». Ce ne fut que le 5i août que les persécuteurs purent enlever ce vénérable prêtre de son domicile , à Sainte-Geneviève. Il fut conduit avec précipitation , malgré ses soixante ans , au comité civil de la section 5 où on lui proposa de faire le serment ci- Tique. L'abbé fionnet-de-Radal aima mieux , en lerefusant , s'expo* ser à la mort. Il fut aussitôt cons* titué prisonnier dans le séminaire de Saint-Firmin où étoient déjà captifs tant de prêtres dont on n'avoit pu ébranler la fidélité.
Dans cette réunion de saints confesseurs qui se préparoient 4 mourir pour la Foi, l'abbé Bonnet-de- JUskàsl se disposa à sacrifier sa vie pour la même cause ; et ce sacrifice fut consommé lè 3 septembre ,
Bon
lorsque les assassins soudoyés â cet effet vinrent massacrer les prêtres enfermés dans cette prison f pour n'avoir pas voulu compromettre leur croyance par un serment qu'elle réprouvoit. {V. Sep-
TBHBBB. )
BONNET (Màbgubritb), religieuse. (F. AISt* BONKEBET.)
BONZÉ (Pibbbe), prêtre du séminaire de Saint-Firmîn , et âgé de 73 ans, n'avoit pas vieilli dans les vertus du sacerdoce pour les flétrir par la prestation du serment de la constitution dviie du cUrgé. On savoit qu'il ne la regardoit pas moins que le supérieur Le François, comme une œuvre de Hmpiété {V. Le Fbânçois). Le jour, i3 août, où celui-ci fut déclaré prisonnier dans la maison même de Saint-Firtnin ^ Bonzé y fut aussi mis en captivité. Dans ce lieu de détention où Ton amena tant d'autres prêtres non-asser-* mentes , il se prépara avec eux à faire à Dieu le sacrifice de sa vie pour conserver sa Foi pure et intacte ; et le 3 septembre il fut mas* sacré avec eux pour la cause de la religion. (F. Septbmbbe.)
BORDËRIE {N... DE la), curé de la Péruse dans le diocèse de Limoges, repoussa comme un crime contre la Foi , le serment de la constitution eivUe du ctergé.
La persécution le força de quitter le Limousin; et il étoit en 1793 dans l'Angoumois, alors appelé département de la Chareniê, Il
jT fût arrêté et bientôt condamne à être déporté au-delà des mers.
On le fit partir pour ftochefort où fl fut embarqué sur ie Washing^ ton (F". Koghefo&t). £n proie aux souffrances dé toute espèce f dont les déportés y étoient accablés 9 il succomba en octobre 1 7949 à Tâge de 59 ans , et fut enterré dans l'île d'jiix. ( F. J, M. Bohhbt
et P» Y. fiORDEBIE. )
BORDËRIE - DE - FÉRIGNAC (Pib&bb-Ybieix-Làbroijhe db la)s chanoine de la collégiale de Saint- Yrieix-la-Perche, dans le diocèse de Limoges 5 né au même lieu, y étoit resté après la suppression de son chapitre. Quoiqu'il eût bien formellement manifesté son éloignementdu schisme constitutionnel f il ne crut pas devoir sortir de France lors de la loi qui 9 le a6 août 17929 expulsa les prêtres non-assermentés. Son zèle pour la religion le fit rester dans la province pour les besmns des catho* liques ; et sa conscience timorée repoussa le serment de ÛherU^ égalité prescrit à la même époque.
Les persécuteurs l'atteignirent en 1793. Après quelques mois de prison, il fut envoyé à Rochefort pour être déporté au-delà des mers {V, Rochbfobt). On l'embarqua sur le navire ics Devaç Associés, Il y souffrit beaucoup, mais avec une grande résignation.
« Borderie-de-Férignac , nous ^ écrit un de ses compagnons de déportation , étoit un jeune prêtre