PRÉFACE POUR L'EDITION FRANÇAISE XXIII
clame la rectification de l'interprétation intégrale de la lutte et des devoirs de la socialdémocratie et la transformation de notre parti en un parti réformiste, démocratique, mais que d'autre part, il se rallie au Congrès de Hanovre, sans hésiter, à une motion qui repousse cette prétention.
Il est certain que cette science affranchie par l'éclectisme de la logique et de l'unité de la théorie marxiste, est très commode, commode pour les libéraux, que gêne aujourd'hui l'autonomie du parti socialiste, commode avant tout pour ces gens de plus en plus nombreux qui voudraient bien vivre en bons termes avec le parti socialiste sans déclarer la guerre à la société bourgeoise. Cette science est enfin très commode pour les gens hostiles à toute théorie aux bases profondes, et qui se contentent d'effleurer tout sujet avec leur formule : « d'une part et d'autre part ».
C'est dans ces besoins, auxquels elle répond, qu'il faut chercher la raison de la force du mouvement Bernstein dans quelques cercles politiques et littéraires. Ce mouvement devient ainsi sympathique à beaucoup de gens dont les vues diffèrent de celles de Bernstein sur les points essentiels.
Mais pour les grandes tâches historiques qui incombent au prolétariat, et où il aura besoin de toute sa force, de tout son esprit de sacrifice, de tout son enthousiasme, cette science que résume la formule (( d'une part et d'autre part » est pernicieuse. •
Et elle doit rester complètement lettre morte pour la théorie, pour la science réelle, que l'éclectisme n'a jamais fait progresser, un éclectisme qui n'est qu'un retour à des formes surannées de la pensée.
Certes le marxisme n'est pas le plus haut point que uisse atteindre la pensée humaine. Quelques progrès ,aue le marxisme ait fait faire à la science, la pensée