SCÈNE VIII
PIERRE, accablé, s’assied dans un coin, et d'une voix étouffée.
Je veux la voir une dernière fois... une dernière fois.,, et, après, ils feront ce qu’ils voudront.
LOUISE, revenant.
Us sont hors de danger. — Enfin!... et demain! demain commencera pour nous un avenir de joie et de bonheur. (Se retournant et apercevant Pierre.) Lui !
PIERRE, accablé.
Louise, vous me haïssez, oh! vous ne me connaissez pas !
LOUISE
Vous haïr, monsieur Pierre! Ah! que dites- vous? Comment pourrais-je vous haïr, lorsque vous et votre famille...
PIERRE
Dites la vôtre, mademoiselle.
LOUISE
Lorsque vous et ma famille, vous me témoignez tant de bienveillance ! il faudrait que je fusse bien ingrate.
PIERRE
E-xcusez-moi, mademoiselle... \je ne sais pas bien ce que je dis, j’ai tant souffert!... sentir qu’on est détesté à cause de son dévouement même, et être forcé de dévorer tout en silence, c’est comme si on n’avait ni cœur ni âme.