ACTE IV
LOUISE, un peu émue.
Monsieur Pierre... peut-être en effet, ai-je été sévère, injuste envers vous.
PIERRE
Vous le reconnaissez donc? merci... Eh bien! maintenant sere^j-vous plus équitable? continuerez-vous à me détester?
LOUISE
Je ne vous ai jamais détesté, Pierre.
PIERRE
Alors, pourquoi ne demeurez-vous pas ici ? avec nous ? comme si VOUS étiez... ma sœur?
LOUISE
J^ignore maintenant si je dois définitivement rester ou partir. — Mais ce que je s|iis, c’est (|ue je serai heureuse de penser à vous comme on pense à un frère.
PIERRE
Et un jour, plus tard, aussi tard que vous voudrez, ne consentirez-vous point à me donner un autre nom ?
LOUISE
Je ne le puis pas, Pierre.
Promettez toujours, mon Dieu! que vous importe?... qui vous dit que je ne serai pas mort d’ici la ?
LOUISE
Pierre, je n’ai jamais menti.
PIERRE
Ah ! vous êtes bien dure !
LOUISE
Je suis franche, je ne sais point tromper.
PIERRE, avec explosion.
Ainsi donc rien ne vous l’arrachera du cœur, votre amour pour ce... pour celui qui était là tout à l’heure, auprès vous. .. et que je n’ai pas tué, parce que. . . Ah ! je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas tué.
LOUISE
Vous devenez fou, prenez garde.
PIERRE, hors de lui.
Que je prenne garde !... ah! ah! mais c'est à vous, et non à moi, à prendre garde; moi !... qu’est-ce que cela me fait à présent, le malheur, le scandale, la honte ?... Que je prenne garde ! vou.s nous méprisez, vous nous insultez... vous recevez ici, la nuit, sous nos yeux, un amant, un rival... et vous voulez que je
E renne garde! Mon cœur est desséché par la jalousie... mon onheurest perdu... jesuisdesespéré, je ne tiens plus àla vie... qu’est-ce donc qu’il reste, s'il vous plaît, à quoi j’aie encore à prendre garde ?
LOUISE
Pierre, prenez garde à l’honneur, au devoir !
PIERRE
L’honneur !... le devoir !... Ah ! ah ! est-ce que je connais ça maintenant? Rien. . . rien, vois-tu, plus rien. . . 11 y avait moyen de faire de moi le meilleur des hommes, tu ne l’as pas voulu, tant pis pour toi !
LOUISE
11 me fait trembler... Pierre!
PIERRE
Non, c’est fini, laissez-moi! La destinée m’entraîne, je le vois bien; j’ai l’enfer dans le cœur... Mon père fera ce qu’il voudra, j’en serai content... Avez-vous lu le Livre Rouge‘t... vous ne connaissez pas l’histoire de Vaninka... et du masque... tant mieux... Ah! si j’osais vous faire du mal, jd... je vous tuerais! Mon Dieu! je souffre bien... ma tête s’en va... je sens... j’ai peur... je deviens fou!. . . Oh ! Louise, vous me faites bien du mal, priez pour moi!... Adieu! adieu!... (irsoricn ciianwlaDt.)