SCÈNE IV
BORILOFF, PIERRE.
PIERRE
Mon père, vous l’avez vue ?
BORILOFF.
Qui?
PIERRE
Elle!
BORILOFF.
Elle !.*.. (a pari.) Comme il l'aime, le malheiu-eux !
PIERRE
Mon père, répétez-moi ce qu’elle vous a dit ? J
BORILOFF, cnilKirrassé.
Ce qu’elle m’a dit!...
PIERRE
Oui... hier en vous quittant.
BORILOKK.
En me quittant ?
l’IERRK
N'omettez rien... Ne crai^ez pas de m'attrister... Mon Dieu ! vous avez peut-être mal compris, mal interprété ses paroles à mon sujet... Et puis, j’étais peut-être distrait en vous écoutant... Peut-être aussi ces paroles ont-cllcs un sens moins défavorable que je n’ai cm... je suis plus calme aujourd'hui... Parlez... parlez, mon père.,
BORILOFP, ému.
Laisse-moi.
PIERRE, étonué.
Comment !
BORILOIT.
Laissez-moi, vous dis-je!
PIERRE
Pourquoi me parler ainsi, mon père?... Ne suis-je donc pas assez malheureux?... Ah ! je devine... Vous ne me trautez avec cette rigueur que pour me cacher une vérité plus cmelle encore!...
BORaOFF.
Que dis-tu?
PIERRE
C’est fini, n'est-ce pas, plus d'espoir?
BORILOFF.
Tais-toi, tais-toi !
PIERRE, douloureusement, .
Mon Dieu!
BORILOFF, se méprenant.
Cela se sait déjà?
PIERRE, surpris.
Quoi?... Qu’elle ne m’aime pas... Qu’elle ne m’aimera jamais!...
BORILOFF, à part.
Qu’allais-je lui dire?... Fous que nous sommes!... Fous tous les deux!... lui de son amoui’... moi de mon crime!.. On vient... Allons! allons !
SGÈPŒ V.
Les Mêmes, MARIOL.
Pardon, excuse, la société... On dirait que ça ne vous fait pas grand plaisir de me voir. Après ça, je ne vous en veux pas, allez, ça me fait le même eflel à moi. .. Ainsi. . .
BORILOFF.
Alors, pourquoi venez-vous ?
MARIOL.
Je ne viens pas pom’ vous, bien sûr... quoique vous vous