‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 115 sur 121 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, LE PRINCE ALEXIS.

LE PRINCE, arrêtant Boriloff.

Monsieur, que fajtes-vous?

BOniLOKKj s’arrèlanl.

Lü prince!

MARIOL.

Eh bien! il est gentil, notre oncle! v’ià sa manière de recevoir son monde quand on lui fait des visites.

LE PRIISCE, à BorilolT.

Monsieur, m'expliquerez-vous ce qui a pu motiver cette excessive colère?

Prince, je suis chez moi, et, malgi’é tous les égards (me je vous dois, je n’entends rendre compte qu’à moi-même de la façon dont il me plaît de faire respecter ma demeure lorsrju'elle est souillée par un misérable tel que lui... (ii désigne siarioi.)

MARIOL. ,

Ta... ta... ta... pas de gros mots... Qu’est-ce que vous chaulez là?... Un insolent !... moi!... un enfant du boulevard, pétri de bonnes manières et de chaussons aux pommes!... Allons donc! ne le croyez pas, monseigneur... Je ne veux rien lâcher de désagréable... Aussi je modérerai mes expressions, je les choisirai, et je me bornerai à dire que monsiem- vient de blaguer indignement. Comment! je l'insolente parce ^ue je viens lui demander des nouvelles de Lotiise, parce que je lui dis <jue je veux lavoir... et il a la dureté de me refuser cette consolation-la, juste au moment où on me force de partir-! Il faudrait donc s'en aller sans dire adieu à ma Louise, ma sœur, celle que j'aime plus que la vie, plus que tout.. Ah! sapristi! partir comme ça, mais ça m'exaspère, ou plutôt, non... ça me donne envie de pleurer.

LE PRINCE, à .Mariol.

Rassure-toi. Sans doute tu t'y es mal pris. (ABoriioff.) N'est-ce pas, monsieur, que vous ne voudriez pas causer tant de chagi-in ace garçon, et que vous lui faciliterez les moyens d'embrasser une dernière fois celle qui fut pendant si longtemps sa protégée et sa compagne?

BORILOFF, embarrassé.

Monseigneur...

LE PRINCE

D'ailleurs , j’ai moi-même le désir de voir mademoiselle Louise; c’est pour cela que je suis venu, (voyant l’hésiuiion de Boriloir.) Je ne pense pas que vous ayez l'intention d'ajouter à la qualité d’oncle celle de geôlier.

MARIOL, à pari.

Attrape !

BORILOFF, se cnnlcnaul.

Vous interprétez mal. mon apparente résistance, monseigneur... vous me forcez à révéler un chagrin, une douleur, je dirai presque une honte de famille, ce que, par égai-d, par pitié, vous auriez du m'épargner.

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