‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 60 sur 121 · ACTE IIL · texte numérisé non relu

ACTE IIL

l’air^ ils spmblent travailler an lustre. — L’Agent s’élnigne lentement. Le Pritirn fait signe au inuitre tapissier et semble le questiouner sur les ouvriers placés sur l'’ccliclle.)

LE PRINCE, au maître tapissier.

Je VOUS excuse, monsieur Bonnefons, mais une autre fois soyez plus circonspect. 11 est inutile que je fournisse gratuitement des armes contre moi en paraissant protéger ceux de vos compatriotes qui pi écisément ont attiré sur eux les rigueurs de la loi. (L’interrompant.) Allons, que tout le monde, ignore ce qui s^est passé. Maintenant que vos préparatifs sont achevés, emmenez votre monde, à ^exception de cos deux hommes. (Marioi et sautriot.) Monsioui’ Bomtefoiis, ne craignez rien, vous êtes il

G u près naturalisé Russe, la mesure d'expulsion tiui concerne i Français pourrait vous ruiner. Je ferai en sorte qu’elle ne

vous atteigne point. (Le tapissier salue et s'éloigne en emmenant son niuiiile et son matériel. A peine la scène est-elle vide, que Mariol et Sautriot viennent s'incliner devant le Prince.)

LE PRINCE

Eh bien ! messieurs !

MARIOL.

Ah ! prince,"^nous ne sommes donc plus vos amis... vos petits amis?

LE PRINCE, souriant.

-\hça ! mes enfants, vous avez donc choisi ma maison comme lieu d’asile ?

MARIOL.

Le fait est, monseigneur, que dans le danger que nous courons maintenant, traqués que nous sommes comme des malfaiteurs, pour avoir eu la langue un peu trop vive et le bras un peu prompt à la parade, nous avons d'abord songé à vous.

SAL’TRIOT.

A votre protection.

LE PRINCE

Ma protection, j'ai bien peur qu’elle ne soit désormais considérablement amoindrie... Mais vous ne savez donc pas que inoimème... dans ma propre demeure, je... (Apart.) Non... qu’ils ignorent cela. 11 ne faut pas qu’ils aillent redire à la France quelles eireurs, quelles fautes on commet ici. Ali ! peuples d'Occident, nations inquiètes et fiévreuses, si vous aviez à subir nos huinilialions... notre servitude!

SACTRIOT, bas Mariol,

11 se consulte... dis donc, qu’en penses-tu?

MARIOL, bas.

Je peiLse que nous le gênons, peut-être, et qu’en conséquence...

SAUTRIOT, bas.

Compris... Allons nous faire inviter ailleurs. Faut pas gêner la danse.

MARIOL, au Prince.

Monseigneur, nous croyons nous apercevoir q^ue nous causons de l'embarras ici, nous ne sommes pas grand' cnose pourtant... des mouches, des fourmis... mais toute petite qu'elle est, une mouche est parfois diablement gênante... alors par manière de conclusion... avec votre permission.

SAUTRIOT. •

Et avec tous nos remerciements.

MARIOL.

Nous allons bourdonner autre part, (sainam.) Monseigneur... Viens, Sautriot.

' SAUTRIOT, saluant.

Monseigneur...

LE PRINCE

Attendez, (a part.) Ces pauvres diables! je ne puis pourtant les abandonner ainsi. (Haut.) Voyons, que comptez-vous faire? quels sont vos projets? En supposant que je parvienne pendant un jour ou deux à vous dérober aux poursuites dont vous êtes l’objet, il faudra toujours après ce temps-là prendre im parti, et...

MARIOL.

Pardon, prince, si je vous interromps, mais notre plan est tout tracé : primo et d'une, avoir des nouvelles de Lucien, car vous comprenez bien que son sort sera le nôtre. Deuzioet deux, faire reconnaître Louise pai* sa famille.

LE PRINCE

Que dites-vous?

MARIOL.

Je dis quelque chose que vous ne tarderez pas à apprendre tout au long, monseigneur, ce qui fait que je vous demande la

S ermission de supprimer les details, quant à présent. Tertio et e trois...

LE PRINCE

Eh bien ?

MARIOL.

Eh bien! et de trois, c'est-à-dire quand le primo et le deuxio • auront été faits et bien faits, nous songerons à filer en France avec Lucien, qui sera devenu libre, et avec mademoiselle Louise qui sera devenue riche... Voilà!

LE PRINCE

Tout cela me semble obscur, mais vous êtes gens de ressources et je m'en fie à vous... On rient... Les salons commencent à se remplir... Tenez-vous à l’écart.,, là... du côté de l'of-

Page 1