SCÈNE VI
BORILOFF, MARIOL.
MARIOL.
Maintenant, que nous voilà seuls, d’abord et avant tout, pardon, excuse de m’être jeté comme ça à la traverse de deux braves gens qui causent honnêtement de leurs petites canailleries d’affaires ; mais je n’ai pas le choix, voyez-vous, je suis un peu gêné dans mes mouvements, je suis même hoi’riblement gêné, et quand j’ai vu l’occase si belle pour vous glisser deux petites paroles en confidence, je me suis dit ; Très-bon, voilà ton blot, vas-y, mon bonhomme, vas-y !
BOUILOKF.
Où voulez-vous en venü’ ? Surtout soyez bref!
MARIOL.
Oh ! vous cherchez à m’intimider. Je veux en venir à vous dii’u ceci : que je n'ai plus le temps d’attendre les trois jours
guc je vous avais donnés. Les événements marchent, que disje? ils courent, ils galopent, chemin de fer, grande vitesse, je ne peuï pas rester en retard pour vous plaire. Vous devez com-
{ (rendre ça; allons donc à la course, s’il vous plaît, pas à 'heure ! C’est donc ce soir, tenez, quand minuit sonnera, devant tous ces gens assemblés, que vous, barine Boriloff, ici présent, l’air très-vexé, ce qui m’est bien égal, vous annoncerez à haute voix les droits et prétentions légitimes de mademoiselle Louise Raymond, née Rozoroff... C’est pas pour vous commander, mais il faut que ce soit comme ça... Il le faut, ça sera, et
voilà ! (il va pour sortir. Il rencontre Saiitriot tenant un plateau avec des verres
pleins. Sans regarder sautriou) Des rafraîchissements! ça me va. (il
veut prendre un verre, Sautriot l'arrête.)