‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 75 sur 121 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes, LE PRINCE, puis des Officiers, parmi lesquels snni de JEcrtES Fashionables; puis DES Invalides et DES FRANÇAIS.

LK nUNCE^ en remoDtanI au fond et après avoir fait un signe d'emouragcmrDl

à Louise.

Venez, messieurs!... vous, messieurs les Français... de ce

cote, (lcs Frauçais descendent à droite. Mariol et Santriot paraissent.)

MARIOL, à part.

Des Français! nous en sommes! nous voilà en famille!... (ils

SC mêlent aux Français et échangent des poignées de main.)

LE PRINCE

Vous, messieurs de la députation du corps des Invalides, là... Quant à vous, messieui-s les officiers, au milieu, à côté de moi. (a la réunion.) Sovez tous les Lienvenus, malgié l'heure et la circonstance... Allons! profltons des instants : qui sait en effet si les événements gui se préparent nous permettront de nous réunir encore?... Eh bien! de quoi s'agit-il?.. . Vous désirez, m'a-t-on dit, que je reçoive vos vœux pour les transmettre à Sa Majesté... J'ignore, je l'avoue, à quelle circonstance je dois cet honneur ; mais si vous comptez sur l’efficacité de ma recommandation et sur ma faveur à la cour, j’ai giand’peur que vos espérances ne soient déçues, messieurs... Enfin, parlez, expliquez-vous.

KARAMSINE.

Prince, nous n’avons pas l’honneur de faire partie du corps des officiers; mais comme étant leurs amis, leurs futurs collègues...

MARIOL, à part.

Des collègues d'estam...

KARAMSINE.

Ils nous ont priés, ces messieurs et moi... de nous joindre à eux et de porter la parole en leur nom... Ce ne sont pas des vœux que nous avons à soumettre à Sa Majesté, ce sont des réclamations. D'ailleurs, nous sommes tous ici pour le même motif, je suppose... Or, d’mie part, cela étant bien posé, et puis, d’autre part, enhardis par la franchise et l’indépendance bien connues de votre caractère , nous venons vous prier, prince, nous, officiers ou futurs officiers, de vouloir bien, avec la même franchise et la même indépendance, être notre interprète auprès de Sa .Majesté le czar.

MARIOL, à part.

Peuh! fadariskoff!

LE PRINCE, sonriaiit.

Mais avant d'accepter d’être votre mandataire, voyons d'abord le mandat.

KARAMSINE.

C'est trop juste, prince. Eh bien, chacun d'eux... (désignant les ofTiciers) a reçu l'ordre de rejoindre l'armée dans les principautés. Cet ordre a été accueilli avec joie, avec bonheur... mais le départ impose des charges, des dépenses auxquelles ils ne pourraient suffire, et ils viennent, avec confiance, vous piâer de solliciter en leur faveur...

LE PRINCE

Une augmentation de solde?

KARAMSINE.

Oui, monseigneur, c'est cela même.

MARIOL, à part.

De l'argent pour se battre... Chez nous, on se contente de plomb.

LE PRINCE, aux Français.

Et vous, messieurs les Français?

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