‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 86 sur 121 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

LUCIEN

Ce iTêst point la l'aute du prisonnier si la solitude aigrit sa pensee, assombrit son caractère... Mais parlez, ne craignez point de faire trêve à mes soucis... Une joie, c’est un ami... et j’ai tant besoin d’amis!

OULITA.

11 s’agit d’une nouvelle bizarrerie du docteur Kroupofll

LUCIEN

Le docteur...

OULITA.

Le docteur Kroupoff; im vieux maniaque qui est le médecin de cette maison, ou il Devient, d’ailleurs, que quand il ne peut faire autrement, lien résulte que je ne le connais pas, et que je l’ai vu tout à l’heure pour la première fois.

LUCIEN

Uh bien ?

OULITA.

Eh bien ! cet original ne vient-il pas de s’aviser de faire appeler tout le personnel de la prison, jusqu’au dernier employé, y compris le poste de garde?...

LUCIEN

Dans quel but ?

OULITA.

Vous allez voir... Il les a fait placer sur deux rangs, et suivi de son domestique, un autre original, vêtu d’une livrée extravagante, il a commencé une visite minutieuse... A chaque homme qu’il examinait, il hochait la tète d’un air mécontent, et son inspection finie, il s’est écrié, avec sa petite voix llùtée, que tout le personnel était malade, très-gravement malade, que l’air de cette prison était funeste, et il a distribué, à tort, à travers, une foule de fioles, de pilules et de médicaments que son laquais avait apportés dans une grande boîte.

Et on a obéi à ce singulier docteur?

OULITA.

Il le fallait bien ; il a grade de colonel, et comme le commandant de cette prison n’est que capitaine, l’obéissance passive est de rigueur. Si vous aviez vu les drôles de mines qu’avaient ces soldats... C’était à mourir de rire. — Moi, d’abord, je n’ai pu rester de sang-froid. — Le docteur s’est mis à me regarder de travers. Je me suis sauvée... je cours encore... Bien sûr, c’est une vengeance ; il a tjuelque vieille rancune contre nos gens.

LUCIEN

Que dit-elle? Ah! quel trait de lumière! Si p’était.\...

(Bruit au dehors.) J

OULITA.

Ah! mon Dieu!... Mais, je l’entends... Oui, c’est lui... Voyez

dans quel état il a mis ce pauvre soldat qui l’accompagne

Ah! ah ! s’il me retrouve ici en train de rire, je suis perdue !

Je me sauve... Adieu! (a L ucien ) Suitout, méfiez-vous des ordon- 1

nances du docteur Kroupoff. (siie sort eu couruul.) |

Page 1