‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 97 sur 121 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

BORILOFF, IVANA, LOUISE.

IVANA

Tiens! voilà mon père!... (eiIo va ù lui.)

LOUISE, à part, après avoir salué BoriloS,

Toujours ces avertissements mystérieux. (Elle relit à la dérobée une lettre.) « Méflez-vous! redemandez votre héritage. Lorsque vous » serez seule, à dix heures de la nuit, ouvrez la fenêtre de votre » oratoire... Un ami viendra... un ami bien impatiemment at- » tendu... Fermeté... courage! »

IVANA

Allons, Louise, belle cousine, il ne faut plus être triste maintenant que vous voilà gi’ande dame, ce ne serait pas bien. Et puis vous feriez de la peine à mon père. 11 s’est bien occupé de vous, allez! Voyez donc la belle chambre! et puis là votre oratoiie... Oh! je suis jalouse, moi!

LOUISE

Jalouse, chère enfant!

IVANA

Et puis, des fleurs à cette fenêtre... Voyez donc... Ne vous penchez pas, vous poiuriez tomber... c’est très-haut.

LOUISE

Ce couloir?...

Il conduit à la chambre de ma tille.

LOUISE

Merci, monsieiu*, de tant de soins, d’attentions.

IVANA

C’est tout naturel, puisque vous êtes ma cousine. Dites donc, Louise; ça sera bien ennuyeux de vous dire vous... une idée... Voulez-vous que je vous dise : Tu? c’est gentil de se dii'e toi.

BEniLOFK.

Allons, nia fille, trêve d’enfantillages!... Ta cousine a besoin de repos, de tranquillité, et toi aussi sans doute.

IV AN A

Moi? pas du tout. D’abord je n’ai pas la moindre envie de doi*inir... Ail bien! oui, il me serait impossible de fermer l’œil.

BORILOFF.

N’importe!... Laissc-nous, Ivana; j’ai à causer avec mademoiselle Louise.

IVANA

Ah! voilà... Pourquoi ne pas dire ça plus tôt? je me serais eu allée tout de suite, (a Louise.) C’est pas vrai, je serais restée. (Ham.) Bonsoir, père. (eUc l’embrasse.) Bonne nuit, ma cousine; dormez bien... Ainsi, c’est convenu, je te tutoierai à partir de demain. .\li! dites donc, mademoiselle, si vous avez quelque chose à me dire, parlez bien fort... bien fort... car le couloir est très-sourd... Bonsoir... (avcc clan à Louise.) Je seusejue je vous aimerai... Tiens, je t’aime déjà!... (Elle son vivement en cnvojrant des baisers à son père et à Louise.)

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