LE MASQUE DE VELOURS THÉRÈSE
Al»! ma bonne amie, l’émotion... la joie... je ne sais comment VOUS dire (Elle semble fléchir et s’appuie sur Mathurinc.)
MATHURINE
Eli bien,! eh bien ! ne vas-tu pas te trouver mal à présent?
THÉRÈSE
Non, non, ce n’est rien !... le bonheur ne tue pas! Paul est ici!... il m’aime toujours!... je vais être sa femme!... comprenez-vous mes chères compagnes? celui que j’aime depuis mon enfance, et que j’attends depuis sept ans... il est revenu! je vais le revoir!
UNE JEUNE FILLE
Nous prenons bien part à ta joie, Thérèse !
TOUTES
Oui, oui, certainement!
LA JEUNE FILLE
Et nous danserons de bon cœur à ta noce !
THÉRÈSE
Merci, mes bonnes amies, merci ! Dites donc, dame Mathurine, si je mettais mon déshabillé neuf et mon bonnet des dimanches?
MATHURINE
Coquette ! Tu veux donc tourner tout à fait la tête de mon neveu ?
THÉRÈSE
Je voudrais lui paraître un peu plus gentille ; il y a si longtemps qu’il ne m’a vue!... Peut-être qu’il s’est fait des idées...
MATHURINE
Sois donc tranquille ! Je gage qu’il te trouvera encore plus jolie qu’il ne s’y attend.
THÉRÈSE
Vous croyez ?
MATHURINE, l’embrassant.
Oui, oui, et bientôt ce sera ma nièce que j’embrasserai. Ah! cette pensée-là me rajeunit de dix aus.
THÉRÈSE, aux jeunes filles.
C’est égal ! Je crois que je ferai bien de me parer de ce que j’ai de plus beau : qu’eu dites- vous, hein?
LA JEUNE FILLE
Dame ! ça ne peut jamais nuire.
TOUTES
Oui, nous t’aiderons.
LA MARQUISE, masquée, à ses gens, au fond.
Dételez et remisez mon carrosse; je resterai quelques heures ici.