CHŒUR
Air nouveau de M. Oray.
Vive le jeu ! Sur ce tapis C’est notre sort qui roule !
Même en perdant ie temps s’écoule Au milieu des amis !
PAUL, quittant la table de jeu. *
La belle vie! Dormir tout son soûl , jouer, rire, chasser, et boire tant que le jour dure... et, le soir, se reposer de n’avoir rien fait... c’est là ce que j’appelle une existence!... Est-ce qu’il devrait y en avoir une autre?... Allons, au jeu! messieurs, au jeu! (il retourne ii la table et prend la place du baron qui s’est levé.)
LE VICOMTE, souriant.
A la bonne heure ! voilà du temps bien employé !
LA MARQUISE, bas.
Eh bien ! Thérèse?
* Le vicomte, le baron, Paul.
LE MASQUE DE VELOURS THÉRÈSE, de même.
L’insensé !
LA MARQUISE, (le même. *
Ne vas-tu pas le plaindre, quand il s’agit de te venger et de le punir?
THÉRÈSE, de même.
Oh! oui, le punir!
LA MARQUISE, de même.
Point de pitié donc, et songe à nos conventions.
LE BARON, s'approchant de Thérèse, et avec l’accent gascon.
Ainsi, bellé comtesse, vous vous contèntez d’assister à nos jeux sans les partager?
THÉRÈSE
Oui, monsieur le baron, je regarde... et j’observe.
LE BARON
Et vos observations nous sont-ellés favorables ?
THÉRÈSE
Pas toujours.
Voilà un mot qui gàtérait tous les plaisirs. *
THÉRÈSE
Que vous importe mon jugement?...
LE BARON
Cé qu’il m’importé, sandis!... ah! comtesse, jé mé suis donc bien mal explique , ou vous avez eu bien peu dé pénétration si , depuis huit jours qué vous avez daigné me donner l’hospitalité dans votre château de Sarliac, vous né m’avez pas compris?...
THÉRÈSE
Oh ! je vous comprends, mais je ne vous crois pas.
LE BARON
Parcé qué?...
THÉRÈSE
Les cœurs ne prennent pas feu si vite !
LE BARON
Cela dépend de l’étoffe dont ils sont faits, et, pour un peu, lé mien incendierait mes habits dévant un seul dé vos divins régards !
LE VICOMTE, à Paul qui écoute.
Qu’avez-vous, comte? vous semblez distrait, préoccupé ?
* Le vicomte, Paul, le baron debout, Thérèse, la marquise.