ACTE II
PAUL
Une pauvre jeune fille qui m’aimait, qui m’attendait...
THÉRÈSE
Et que vous avez abandonnée?
PAUL
Pour vous.
THÉRÈSE, se levant.
Ah ! c’est abominable ! *
PAUL
Si j’ai eu tort, ce n’est pas à vous de m’en punir.
THÉRÈSE
Est-ce que je lui ressemble ?
PAUL
Oh ! il y a sept ans que je ne l’ai vue ; ce n’était qu’un enfant ; mais, quand je regarde vos traits, ils me rappellent... oui.il me semble qu’elle aurait des yeax comme les vôtres, un doux sourire comme le vôtre.
THÉRÈSE
Eh! mais, cette ressemblance, que vous croyez trouver, ne prouve qu’une chose, c’est que vous pensez toujours a elle, que vous la regrettez peut-être?
PAUL
Oh non !
\ THÉRÈSE
Non?... mais c’est affreux !
PAUL, étonné.
Qu’est-ce que vous dites?
THÉRÈSE, se reprenant.
Je dis... je dis que les hommes sont des monstres ! Trahir une pauvre fille qui vous aimait, qui comptait sur vos serments!...
PAUL
Hélas, ce n’est pas ma faute.
THÉRÈSE
Et la faute de qui donc ?
PAUL
C’est la vôtre... puisque c’est vous que j'aime, que j’adore! THÉRÈSE.
Ah ! . . . c’est juste!...
* Paul, Thérèse.
PAUL
Oui ! le passé, le présent , tout se confond dans mon amour pour vous!... On! vous aurez pitié de moi, n’est-ce pas? vous ne me repousserez plus? vous ne voudrez pas que je serve de jouet à tous ces grands seigneurs qui vous entourent?... Car s’ils savaient (pie votre mari... Ôh! non, vous ne le voudrez pas!
THÉRÈSE, à part.
Pauvre garçon, il me fait de la peine.
PAUL
Air : Certes, le mont Ida. (COUTURIÈRES.)
Ces honneurs, que l’orgueil réclame,
Suffisent-ils à rendre heui eux?
Non, vous n’avez rien fait, madame,
Si vous résistez à mes vrrux!
Que votre beau front se. déride !
Que je voie un regard plus doux !...
(S’agenouillant.)
Amant timide,
Je demande à gen mx L’amour qu’on doit à son époux !
(La marquise paraît à une porte et se montre de temps en temps à Thérèse, jusqu'à la Qn de la scène. Paul ne la voit pas.)
THÉRÈSE