ACTE I
mathurine.
La marquise est aussi vertueuse que bonne, entendez-vous, vipère ! (se tournant vers Thérèse.) Et, malgré son rang, sois bien sûre qu’elle ne t’oublie pas... quoiqu’il y ait si longtemps qu’elle ne t’ait vue.
MACLOU
Pardine ! une marquise, une dame de la cour qui parle tous les jours à lareine comme je vous parle, moi... vous allez voir qu’elle se dérangera ! Vous me faites rire, Mathurine, vous me faites beaucoup rire.
MATHURINE
Riez tant que vous v oulez, ça n’empêche pas qu’elle se souvient toujours de sa sœur de lait... qu’il y a un mois, tout au plus, elle lui a encore envoyé de jolies étoffes et des dentelles superbes... et que Thérèse serait une ingrate, si elle n'informait pas la marquise de son mariage.
MACLOU
D’autant mieux que c’est une occasion d’avoir encore quelque cadeau.
MATHURINE
En vérité, Maclou, si je ne me retenais... (Elle lève la main.)
THÉRÈSE
Ne faites pas attention, ma bonne amie, et laissons là ce vilain sournois. Nous perdons notre temps et l’ouvrage ne se fait pas ; voilà le moment d’aller à la laiterie et à la basse.-cour !
MATHURINE
Tu as raison, viens, mon enfant; nous n’y trouverons pas de si méchante bête que lui. (Elle rentre chez elle avec Thérèse).
MACLOU
Merci, dame Mathurine! Vous faut rien pour ça?...