SCENE III
Les Mêmes, MATHURINE. *
MATHURINE, venant de gauche.
Eh bien! qu’y a-t-il? On se dispute, ici?
Le moyen de ne pas se mettre en colère contre monsieur Maclou ?
MATHURINE
Ah ! ah ! encore quelque mauvais propos, quelque méchanceté ? MACLOU,
Par exemple !.,.. moi?... Si on peut croire!... Mademoiselle Thérèse se fâche parce que je dis qu’il y a de jolies filles à Paris.
MATHURINE
Elle a raison ; car, bien sûr, vous ne dites ça que pour l’affliger, pour lui donner des soupçons contre mon neveu.
MACLOU
Eh ! eh ! en sept ans, il passe bien de l’eau sous le pont !
MATHURINE
Apprenez que Paul Hubert est un brave cœur.
MACLOU
Qui est-ce qui dit le contraire?
MATHURINE
Qu’il se ferait conscience de désoler notre chère Thérèse, qui est si bonne, si jolie, et qui l’aime tant !
MACLOU
Possible !
MATHURINE
Et que je réponds de sa constance, de sa fidélité; que j’en mettrais ma main au feu !
MACLOU
Ah ! si vous ne craignez pas les brûlures!... (Mouvement d’humeur de Thérèse.)
MATHURINE
Rassure-toi, mon enfant, et laisse-le dire ; Paul t’aime toujours. THÉRÈSE.
N’est-ce pas, ma bonne amie ?
* Maclou, Mathnrine, Thérèse.
MATHURINE
Certainement ! je voudrais bien voir que... Et où trouverait-il mieux que toi ?
MACLOU
Oh !... à Paris !...
MATHURINE
Va, va, j’ai bon espoir, et je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit là que Paul ne tardera pas à revenir près de nous.
THÉRÈSE
Quel bonheur !
Am : J’en guette un ? petit de mon âge .
Tout d’ suite alors, sans que rien nous arrête,
Mariage, danse, et festin et gailé !
THÉRÈSE
Oh! moi, d’abord, je suis tout’ prête!
MACLOU, à Matliurinc.
Voyez donc quell’ docilité !
Vous pouviez être bien tranquille :
Est-c’ qu’un’ fille refuse un époux!
THÉRÈSE
Croyez du moins que, s’il s’agissait d’ vous,
On ne serait pas si docile !
MACLOU
Ah ! bah ! qui est-ce qui sait?
MATHURINE
Dis donc, Thérèse, il faudra écrire à la marquise de Femelles, ta sœur de lait.
THÉRÈSE
Bien sûr, je n’y manquerai pas ; elle a tant de bontés pour moi !
MATHURINE
Une bien excellente femme, vraiment... et à laquelle je ne connais qu’un tout petit travers...
Qui consiste?
MATHURINE
A partager la singulière fantaisie de quelques dames de la cour, qui veulent ressusciter cet usage, depuis longtemps perdu, de ne sortir que masquées.
MACLOU
Ah ! oui... comme mon archi-grand’mère m’a conté que ça se faisait de son temps... (Riant.) Eh ! eh ! des masques... c'est commode pour des coquettes !