MAI.CHAUSSÉ
Pardon !... 11 m’avait semblé... (il se remet à examiner la pendule.)
FULLEMBUCHR, cherchant sur le livre.
Comment, pas un seul dans tout Paris I
MALCIIAUSSÉ, prenant la pendule.
Monsieur, votre pendule est plus malade que je ne pensais !.. Il faut que je l’emporte I
FOLLEMBUCHE.
Emportcz-la I
MALCtIAÜSSÉ.
Mais, comme vous ne me connaissez pas , voici ma carte I (il tire une carte de son gousset,)
FOLLEMBUCHE, lisant sur le livre.
• Malaudos, Malcornu, Malpercé... »
MALCIIAUSSÉ.
.Monsieur, voici ma carte ! (il la lui tend.)
FOLLEMBUCHE.
C'est bien... posez ça là...
MALCHAUSSÉ, posant sa carte sur le guéridon , à part.
Il parait très-affairé !... (II sort par le Tond , en emportant la pendule.)
FOLLEMBUCHE, fermant le livre.
Il n’y en a plus !... La race est éteinte !... (voyant la carte et la prenant.) Qu'est-ce que c’est (|ue ça ? Alt! l’adresse de ce médecin d’horloges !... (y jetant les yeux et se levant tout-à-coup.) Hein ! Malchaussé!... raccommodeur de pendules desa majesté le roi de Danemark ! Malchaussé !... (Courant à la porte du fond et appelant.) Monsieur!... Monsieur! (Revenant trôs-aglté.) Il y en a un !... et la destinée me le distribue !
MALCHAUSSÉ, rentrant avec la pendule par le fond.*
Monsieur m’a rappelé ? (il reste sur le seuil do la porte.)
Vous êtes Malcliaussé ?
MALCIIAUSSE, gaimeut et niuntrant sa cliaussure.
De nom seulement, je vous prie de le croire !
FOLI.F..MBUCIIE.
F.t vous ne le disiez pas ? Fuirez .donc et donnez-vous la peine de vous asseoir !... (Malchaussé descend la scène. — Folleinbuche prend la cliaiso qui est à cOté du guéridon et la met sur le devant ; puis, nu uiuuieut où Malcliaussé va s’asseoir, il dit à part.) Si je relirais la chaise !... Non !... c’est à la télé que j’en veux!..
(Malcliaussé s’assied.)
‘ Malcluiussé, Follcmbuchu.
MALCHAUSSÉ, assis et tenant la pendule.*
Monsieur a sans doute une autre pièce à me coniier ? FOLLEMBUCHË, prenant une chaise à gauche, et venant t'akseoir à côté de Malchaussé.
Pourquoi donc pas?... (Lui tapant sur le genou.) Dites-moi, mon cher Malchaussé I jouissez-vous d une santé solide ?
MALCIIAUSSÉ.
Moi?... mais ouil Dieu merci I... $a ne va pas mal !
FOLLEMBCCIIE.
Vous ne souffrez pas de la poitrine ? point d’athsme 1 de catharre ?
. MALCUAÜSSÉ, riant.
Je no tousse jamais que quand je suis enrhumé... ou quand j’avale de travers.
FOLLEMBUCHB.
Ah ! ahi... et l’estomac fonctionne bien?
MALCHAUSSÉ.
Trop bien I c’est peut-être mauvais signe?
FOLLEHBUCHE.
Non ! non I... le coffre est bon ? ^
MALCHAUSSÉ.
Oh! le coffre est excellent I... (il veut se frapper sur la poitrine et lape sur le cadran de la pendule.) Oh !
FOLLEMBUCHE.
Oh I faites attention... du reste, ça vous regarde... (continuant de le regarder.) Le COffre est bon...' mais les extrémités ?... vous devez avoir la goutte ?
MALCHAUSSÉ, riant.
Dame! quand je la bois le matin, ça me tombe quelquefois dans les jambes... ahI ahI ahI
FOLLEHBUCHE, à part.
11 rit, l’infortuné I
'MALCHAUSSÉ, à part.
C'est un médecin I... il m’étudie I
FOLLEMBUCHE.
Ainsi vous n’avez jamais été malade ?
MALCIIAUSSÉ. ^ ♦
Ahi si... une fois !... à cinq ans et demi j'ai eu des engelures !
FOLLEHBUCHE, BC levant, et remettant sa chaise ù gauche.
Tant pis!... j’en suis fâché pour vous !
. MALCIIAUSSÉ.
Oh ! ça n’a pas eu de suites !
FOLLEMBUCHE, à part.
S'il avait eu une bonne maladie,' j’aurais pu attendre, mais c'est un chêne !... il faut l’abattre.
* Follembuche, Malchaussé.