‹ Le massacre d'un innocent, vaudeville en un acte. Par MM. Varin et Marc-MichelChapitre 12 sur 37 · MAI.CHAUSSÉ · texte numérisé non relu

MAI.CHAUSSÉ

Pardon !... 11 m’avait semblé... (il se remet à examiner la pendule.)

FULLEMBUCHR, cherchant sur le livre.

Comment, pas un seul dans tout Paris I

MALCIIAUSSÉ, prenant la pendule.

Monsieur, votre pendule est plus malade que je ne pensais !.. Il faut que je l’emporte I

FOLLEMBUCHE.

Emportcz-la I

MALCtIAÜSSÉ.

Mais, comme vous ne me connaissez pas , voici ma carte I (il tire une carte de son gousset,)

FOLLEMBUCHE, lisant sur le livre.

• Malaudos, Malcornu, Malpercé... »

MALCIIAUSSÉ.

.Monsieur, voici ma carte ! (il la lui tend.)

FOLLEMBUCHE.

C'est bien... posez ça là...

MALCHAUSSÉ, posant sa carte sur le guéridon , à part.

Il parait très-affairé !... (II sort par le Tond , en emportant la pendule.)

FOLLEMBUCHE, fermant le livre.

Il n’y en a plus !... La race est éteinte !... (voyant la carte et la prenant.) Qu'est-ce que c’est (|ue ça ? Alt! l’adresse de ce médecin d’horloges !... (y jetant les yeux et se levant tout-à-coup.) Hein ! Malchaussé!... raccommodeur de pendules desa majesté le roi de Danemark ! Malchaussé !... (Courant à la porte du fond et appelant.) Monsieur!... Monsieur! (Revenant trôs-aglté.) Il y en a un !... et la destinée me le distribue !

MALCHAUSSÉ, rentrant avec la pendule par le fond.*

Monsieur m’a rappelé ? (il reste sur le seuil do la porte.)

Vous êtes Malcliaussé ?

MALCIIAUSSE, gaimeut et niuntrant sa cliaussure.

De nom seulement, je vous prie de le croire !

FOLI.F..MBUCIIE.

F.t vous ne le disiez pas ? Fuirez .donc et donnez-vous la peine de vous asseoir !... (Malchaussé descend la scène. — Folleinbuche prend la cliaiso qui est à cOté du guéridon et la met sur le devant ; puis, nu uiuuieut où Malcliaussé va s’asseoir, il dit à part.) Si je relirais la chaise !... Non !... c’est à la télé que j’en veux!..

(Malcliaussé s’assied.)

‘ Malcluiussé, Follcmbuchu.

MALCHAUSSÉ, assis et tenant la pendule.*

Monsieur a sans doute une autre pièce à me coniier ? FOLLEMBUCHË, prenant une chaise à gauche, et venant t'akseoir à côté de Malchaussé.

Pourquoi donc pas?... (Lui tapant sur le genou.) Dites-moi, mon cher Malchaussé I jouissez-vous d une santé solide ?

MALCIIAUSSÉ.

Moi?... mais ouil Dieu merci I... $a ne va pas mal !

FOLLEMBCCIIE.

Vous ne souffrez pas de la poitrine ? point d’athsme 1 de catharre ?

. MALCUAÜSSÉ, riant.

Je no tousse jamais que quand je suis enrhumé... ou quand j’avale de travers.

FOLLEMBUCHB.

Ah ! ahi... et l’estomac fonctionne bien?

MALCHAUSSÉ.

Trop bien I c’est peut-être mauvais signe?

FOLLEHBUCHE.

Non ! non I... le coffre est bon ? ^

MALCHAUSSÉ.

Oh! le coffre est excellent I... (il veut se frapper sur la poitrine et lape sur le cadran de la pendule.) Oh !

FOLLEMBUCHE.

Oh I faites attention... du reste, ça vous regarde... (continuant de le regarder.) Le COffre est bon...' mais les extrémités ?... vous devez avoir la goutte ?

MALCHAUSSÉ, riant.

Dame! quand je la bois le matin, ça me tombe quelquefois dans les jambes... ahI ahI ahI

FOLLEHBUCHE, à part.

11 rit, l’infortuné I

'MALCHAUSSÉ, à part.

C'est un médecin I... il m’étudie I

FOLLEMBUCHE.

Ainsi vous n’avez jamais été malade ?

MALCIIAUSSÉ. ^ ♦

Ahi si... une fois !... à cinq ans et demi j'ai eu des engelures !

FOLLEHBUCHE, BC levant, et remettant sa chaise ù gauche.

Tant pis!... j’en suis fâché pour vous !

. MALCIIAUSSÉ.

Oh ! ça n’a pas eu de suites !

FOLLEMBUCHE, à part.

S'il avait eu une bonne maladie,' j’aurais pu attendre, mais c'est un chêne !... il faut l’abattre.

* Follembuche, Malchaussé.

Page 1