‹ Le massacre d'un innocent, vaudeville en un acte. Par MM. Varin et Marc-MichelChapitre 13 sur 37 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

IS

HALCUAUSSÉ.

Monsieur, si c’est une autre pendule, je peux l’emporter avec celle-ci I

FOLLEMUUCIIE, sans l’écouter.

Sans doutel... mais comment m’y prendre... moi qui n’ai pas l’habitude...

MALCIIAUSSÉ, se levant.

Dites-mui où elle est, j’irai la chercher.

FOLLEMBUCHE, Ic faisant rasseoir.

Ne vous dérangez donc pas!... (Apercevant une grosse canne placée dans un coin à droite.) Ah !... (il va prendre la canne. ‘ — A part, la brandissant derrière Malchaussé.) Je crois qu'un seul coup suffira, (il va pour frapper et s’aperçoit que Malchaussé a son chapeau sur la tête. — Haut.) Débarrassez-vous donc de votre chapeau... (Il le lui ôte et Ic pose sur le guéridon.)

MALCHAUSSÉ, qui examinait la pendule.

AhI pardon... j’aurais dû...

FOLLEMBUCHE, levant la canne, à part.

Ça me fait quelque chose pourtant...

MALCUAUSSÉ, à part, regardant la pendule.

Son timbre est fêlé.

FOLLEMBUCHE, qui allait pour frapper, baissant aussitôt la canne.

Ah ! mais, un instant... est-ce le bon, le vrai Malchaussé de mon oncle? hchtrel... n’allons pas immoler un chat pour un lapin I... (Il va prendre une chaise au fond, à droite et vient se rasseoir à la gauche de Malchaussé, en gardant toujours la canne. — Haut.) Dites-moi?

MALCIIAUSSÉ.

Pardon, monsieur, on m’attend !... et vous savez... un horloger doit-être à la minute... (niant.) Hé I hé I hél

FOLLEMBUCHE, riant aussi.

Hé I hé! hé! vous êtes gai, mon cher Malchaussé I quoique vous ne soyez plus jeune!... mais je gagerais que vous l’avez été?

MALCIIAUSSÉ.

Vous gagneriez !... je l'ai été I

* FOLLEMBUCHE.

Ça se voit.

MALCHAUSSÉE, avec mélancolie.

Jusqu'à un certain âge...

FOLLEMBUCHE.

Et si je ne me trompe, vous deviez être un luron ?

MALCHAUSSË, souriant.

Dame I... je n’étais pas trop maladroit 1 (a part.) Quelle drôle de conversation !

* Malcbaussc, Fullcmhucbe.

LE MASSACRE D’UN INNOCENT

FOLLEMBUCHE.

II n’y a pas de mal !... Quand on est jeune on passe de la brune à la blonde, de la française... (Avec intention.) à l’Andalouse I

MALCHAUSSÇ.

A l’Andalouse?...

FOLLEMBUCHE, de même.

On fait la guerre aux maris ! on s'attaquerait même au... Trocadero.

MALCHAUSSÉ.

Trocadero!

FOLLEMBUCHE.

On sème follement son cœur et... ses bottes surles balcons !

MALCHAUSSÉ.

Ses bottes!..,, comment, monsieur, auriez- vojas connaissance de cette anecdote?

FOLLEMBUCHE, se levant.

C’est lui I... c’est le bon! nous pouvons marcher I... il re trousse ses manches.)

MALCHAUSSÉ, SC levant.

Qui diable a pu vous apprendre ?

FOLLEMBUCHE, le faisant rasseoir.

Restez assis !... ce sera plus commode I (il va reporter sa chaise au fond.)

MALCHAUSSÉ.

Ah ! c'est donc quelque chose à raccommoder sur place?

FOLLEMBUCHE, redescendant.

Peut-être I... (a part.) Si tu raccommodes celle-là I... (Levant son gourdin.) O mon oncle, je t’en laisse la responsabilité !...

(Au moment où il va frapper, Frangipane entre par le fond, à gauche

et jette un cri.)

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