Die Massage i?i der Gy?iûkologieJ)Vsien
5. Massaj i gimnastika kak lietchebnyi sposob pri boliezniak jenskoi polovoi sphery. Vratch, 1889, n° G.
Dr Semianikov a fait connaître les résultats qu'on obtient à la clinique du prof. Slavianski à Saint-Pétersbourg.
M. Macnaugliton Jones a fait sur le sujet une communication récente à la société gynécologique de Londres. A la protestation énergique d'un des membres présents, il répondit : « Je ne m'attendais pas à voir le débat prendre cette tournure, j'avais fait un travail sérieux et j'espérais qu'on le discuterait sérieusement. » Le professeur Vulliet de Genève a rapporté, il y a quelques mois, clans le Journal de médecine de Paris, plusieurs observations de périmétrites anciennes complètement guéries par le massage.
Celte multiplicité d'observations, de recherches, de communications prouve qu'il vaut la peine qu'on s'en occupe. Des praticiens estimés de différents pays ne se sont pas donnés le mot pour le défendre à cause de son inconvenance ; s'il a trouvé des avocats convaincus, c'est qu'il a des avantages; on pourrait en modifiant légèrement à propos de lui la définition hippocratique de la médecine, dire « qu'il guérit souvent et soulage toujours. »
Les reproches antérieurs sont insuffisants pour justifier la proscription dont on voulait le frapper : un mot est bientôt lancé et souvent il fait son chemin beaucoup trop vite. Celui qu'on a employé est-il juste? Je ne vois pas trop ce qui constitue l'inconve-
nance. Est-ce le manuel opératoire? Il est simple et banal: le corps de l'utérus, est fixé par l'index et le médius delà main gauche introduits dans le vagin, tandis qu'avec la main droite on le saisit à travers la paroi abdominale et qu'on exerce des pressions plus ou moins fortes suivant le cas : si j'ouvre n'importe quel traité de maladies des femmes, je trouve celte manœuvre décrite et recommandée.
La figure 125 del'ouvrage de Courty, la représente. Il n'y a qu'un seul doigt dans le cul-de-sac antérieur du vagin. Comme il s'agit d'une coupe schématique, il eût été difficile de faire voir en même temps le corps et les deux doigts qui le maintiennent *. C'est la raison pour laquelle le dessinateur n'a pas reproduit intégralement le temps essentiel du massage : « Si vous voulez, dit Gallarcl, compléter d'une façon aussi avantageuse que possible, les renseignements qui vous sont fournis par le toucher, pratiquez simultanément la palpation hypogasfrique.
» Tandis que le doigt introduit dans le vagin ou les deux doigts introduits l'un dans le vagin, l'autre dans le rectum, repoussent du haut en bas l'utérus et les organes qui sont appendus à ses côtés : l'autre main appuyée sur la paroi antérieure de l'abdomen déprimant doucement cette' paroi et s'enfonçant aussi profondément que possible dans la cavité pelvienne
1. Traité clinique des maladies de l'ulérus, 3e éd., L. 1, p. 163.
sentira le corps de l'utérus s'élever vers elle, si cet organe se trouve dans des conditions normales i. »
On pourrait trouver, sans sortir des classiques, dix citations de même ordre. Serait-il illégitime de pratiquerdans un but thérapeutique ce que l'on fait couramment pour arriver au diagnostic?
Il est facile de parler d'inconvenance. L'introduction du spéculum dans la pratique, il y a une quarantaine d'années souleva des tempêtes de récriminations en Angleterre ; elles sont si bien oubliées que nulle part la gynécologie n'est plus prospère que dans ce pays. On a accusé l'auscultation d'inconvenance, ce fut la principale objection qu'on lui fit dans les sphères officielles de ce temps là ; elle a fait son chemin.
On peut conclure de tout cela qu'une sentence même capitale a peu de chances d'être définitive si elle n'est pas appuyée sur des considérants irréfutables.
On a dit que le massage gynécologique est inconvenant, voyons s'il est utile. S'il l'est, sa légitimité sera démontrée et son avenir assuré, malgré la protestation des pudeurs professionnelles révoltées.
Nous allons essayer de montrer dans quelles conditions il est utile.
1. Leçons cliniques sur les maladies des femmes, Paris 18TJ, p. 231-232.