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Spec. palhol. Anatomie, p

et résumé ses recherches personnelles, conclut ainsi : « Le terme de mélrite chronique ne s'applique pas proprement à tous les cas auxquels on donne ce nom. Beaucoup même des engorgements de la matrice qu'on regarde comme inflammatoires, ne possèdent pas d'inflammation dans les sens précis du mot : ce sont des désordres de nutrition comme on en voit se former dans d'autres organes à la suite d'une hyperémie veineuse, persistante »

Ceux qui admettaient plus franchement la métrite chronique n'étaient même pas d'accord sur tous les points. MM. Demarquay et Saint- Vel ont des chapitres isolés sur la métrite parenchymateuse, et l'endométrite chronique du corps, sur la métrite chronique chez les vierges, etc. D'après Martineau, il faudrait diviser les métrites en constitutionnelles et non constitutionnelles; il est difficile de fixer les limites de chaque variété. Gourty a fait une classification plus complète, il a réuni dans un tableau d'ensemble les éléments de toutes les classifications imaginables. Pour en trouver une qui convienne on n'a qu'à choisir d'après ses préférences ou les besoins de son exposition. On peut tenir compte :

1° Du siège et de l'étendue et décrire une mélrite générale et une mélrite limitée;

1. De la métrite chronique trad. par SilTermann., Paris, Masson, 1866 p. 52. '

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2° Au point de vue de la diversité des fragments de l'utérus, la métrite peut être totale ou partielle ;

3° Par rapport à la marche, elle peut être aiguë, subaiguë, chronique ;

4° Tenant compte surtout des causes, on peut décrire une métrite puerpérale et une métrite non puerpérale ;

5° Dans la seconde variété il y a des métrites traumatiques et dialhésiques ;

6° Si l'on s'attache à la terminaison, il y a des métrites suppurées, fongueuses, etc. ;

7° La détermination histologique des différentes couches envahies par l'inflammation, permet de décrire des endométrites, lorsque la muqueuse est surtout intéressée, des métrites parenchymateuses, si les accidents sont localisés au parenchyme, des paramétrites lorsque le feuillet pariétal est pris ;

8° Par rapport à la localisation de la phlegmasie sur un des tissus, on peut décrire: des métrites fongueuses vasculaires, hémorragiques, etc.;

9° D'après les accidents concomitants, la métrite peut être simple ou compliquée.

Et malgré la multiplicité de ces divisions, Courty ne rattache pas à la métrite tout ce que d'autres lui attribuent. « Plusieurs, dit-il, ne craignaient pas de faire rentrer dans la description certains états morbides qui en sont souvent les précurseurs et en

préparent l'avènement comme la fluxion, la congestion, de même qu'un grand nombre d'états morbides qui en sont la suite ou les conséquences, comme l'engorgement, l'œdème, l'hypertrophie, les granulations, les ulcères, etc. Je ne nie pas que les uns de ces états morbides ne puissent être effective- • ment les premiers stades de l'inflammation et que les autres n'en représentent souvent queles manifestations ultimes. Mais faut-il pour cela forcer tous ces étals morbides à rentrer dans le cadre de l'inflammation, et y gagnera-t-on quelque chose? Comme je l'ai dit à propos de la fluxion, chaque fois que j'ai trouvé dans un état morbide des caractères propres de diagnostic et une indication de traitement, tels que ceux que j'ai groupés en regard dans un tableau synoptique, j'ai cru devoir le décrire comme un état morbide spécial et non comme un simple stade de l'iflammation. »

Ces idées peuvent être défendues ; les faits sur lesquels elles reposent sont réels, mais vraiment, si en pathologie utérine on doit réaliser les conditions rigoureusement nécessaires de tout diagnostic bien fait, une nomenclature basée sur la classification de Courty créerait plus souvent qu'on ne le croit des difficultés : quelles limites séparent la fluxion de l'inflammation ? l'inflammation de l'engorgement ? Admettons qu'à force de soin et de rigueur dans l'analyse

nous ayons franchi ce premier pas, que nous soyons allés plus loin, que nous ayons déterminé le siège, la forme, l'étendue, voici un échantillon de la manière dont devront être libellées nos conclusions :

Ëndomêtritè, chronique, partielle, limitée au corps, non puerpérale, diathésique, proliférante, hémorrhagique, non compliquée.

Ce luxe de renseignements correspond à des détails d'observation : aucun n'est inutile; tous servent pour le pronostic, tous fournissent des indications pour le traitement. Est-il nécessaire de les faire rentrer dans un titre ? de donner à la nosographie cet aspect rébarbatif : il nous semble qu'on peut se guider à moins de frais, arriver à comprendre ce qu'on voit et à dire ce qu'on traite sans ce luxe d'épilhètes.

Quelques notions simples et peu disculées de pathologie générale vont nous le permettre. La première et la plus naturelle des divisions classe les métrites d'après la rapidité du processus en aiguës et chroniques ; les premières ne nous intéressent pas.

Les inflammations chroniques peuvent présenter: 1° un stade de d'hyperémie; 2° un stade d'exsudation; 3° un stade de transformation de l' exsudât. Si nous éliminons de ce dernier la suppuration et la gangrène qui correspondent aux formes aiguës nous nous trouverons dans le dernier cas en présence de l'organisation de TexsUdat, c'est-à-dire de l'hyperplasie des

tissus, et de l'hypertrophie de l'organe. Admettons, ce qui est de règle, que ces lésions pussent être contemporaines ; c'est-à-dire que dans une région donnée de la muqueuse ou du parenchyme du col et du corps, vous pouvez avoir un exsudât fibrineux récent ; tandis que dans le voisinage un autre est passé à l'hyperplasie conjonctive et qu'autour les veines dilatées sont gorgées de sang. On peut dire que le slade d'hyperémie accompagne les deux autres; ce polymorphisme est dans la nature des choses, il correspond aux irrégularités du processus; on l'observe dans toutes les métrites chroniques.

Nous avons déjà retranché plusieurs paragraphes du chapitre de M. Couiiy, nous pouvons sans difîculté supprimer la congestion, l'engorgement, l'hypertrophie.

D'un autre côté il est difficile d'admettre une délimitation précise de la maladie à un segment de l'organe ; les accidents sont parfois plus prononcés du côté de l'un que du côté de l'autre, mais on ne peut croire à l'intégrité absolue du col lorsque le corps est pris de longue date. Les fibres musculaires de la paroi utérine peuvent-elles être intactes lorsqu'il existe uneendométrite de date ancienne? Non, car notre remarque est applicable aux tissus. Stokes a formulé cette loi : que l'inflammation persistante d'une muqueuse amène la paralysie des fibres sous-jacen-

tes, elle est vraie pour l'utérus. Sa muqueuse ne reste pas indemne dans l'inflammation du parenchyme. On pourrait à la rigueur si l'on ne tenait compte que des altérations anatomiques tout décrire sous le nom générique de métrile chronique. Les phénomènes cliniques, surtout quand on les étudie comme nous avec une arrière pensée d'intervention en indiquent une. Les principaux symptômes objectifs de la métrite chronique sont fournis par les changements de forme, de situation, de volume et de structure de l'organe ou de ses parties. Les symptômes subjectifs sont d'ordre fonctionnel, et parmi eux les plus sérieux sont : la stérilité acquise, la douleur locale, la dysménorrhée, les métrorrhagies, la leucorrhée. On peut trouver ces phénomènes dans toutes les métrites, mais quand certains prédominent, on songe à une partie de l'organe plutôt qu'à une autre.

Existe-t-il une augmentation de volume avec dilatation de la cavité, antéflexion ou rétroflexion, c'est au parenchyme qu'on pense, tandis que la leucorrhée et les métrorrhagies rebelles attirent l'attention du côté de la muqueuse.

Il nous semble donc indispensable de tenir compte pour la division des groupements symptomaliques. Chez certaines femmes, le phénomène prédominant est l'hémorrhagie : elle correspond à l'écoulement

menstruel et à ses intervalles ; elle est rebelle, met la vie en cause. Avec la curette, on ramène des fongosités, il est évident que l'altération de la muqueuse, est la principale et presque la seule cause de l'écoulement sanguin.

Les auteurs ont décrit cette maladie sous le nom d'endométrite fongueuse; on doit lui accorder une place à part.

Nous appellerons parenchymatens.es toutes les autres variétés. Je ne veux pas dire par là que dans celles-ci la musculature du corps soit fatalement seule en cause à l'origine : il est probable que tout part, clans bien des cas de la muqueuse. Mais au moment où les malades viennent réclamer le massage, c'est-àdire longtemps après le début des accidents, lorsqu'elles ont eu en vain recours à des médications nombreuses, le parenchyme n'est plus normal, il a été touché par le processus et il existe une métrile parenchymateuse clans le sens absolu du mot : qu'elle ait existé dès le début, peu importe si elle contribue à donner leur physionomie et leur marche aux accidents généraux. Nous décrirons donc deux variétés de mélrite chronique, celle de la paroi (parenchymateuse) et celle de son revêlement interne (endométrite fongueuse).

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