‹ Le massage direct de l'artère: dans les cas de thrombose traumatique avec ischémie sous-jacenteChapitre 7 sur 32 · Bull Soc. Chir., n · texte numérisé non relu

Bull Soc. Chir., n

main les symptômes d'infection grave persistent : pied toujours froid et marbré ; jambe énorme, plaie opératoire sanieuse. Amputation d'urgence. Guérison.

Un autre cas est rapporté par Routier. Un blessé entre dans son service le 27 octobre présentant une plaie du creux poplité avec fracture de l’extrémité inférieure du fémur. Deux fois et à quelques jours d'intervalle le blessé fut transporté sur la table d'opéralion pour hémorragie. À chaque examen la

plaie se montra étanche et la recherche fut inutile. Le lendemain du nouvel examen, la jambe et le

pied étant froids, on dut faire une amputation de cuisse à la partie moyenne el l’autopsie montra que

la fémorale présentait une perte de substance de la moitié au moins de son calibre en haut du canal de Hunter.

e) Plaies vasculaires « sèches » mais exposées aux hémorragies secondaires. Il faut opérer.

Pierre Duval a, dans la même séance à la Société de Chirurgie, rapporté de beaux exemples de cette terrible éventualité : hémorragie hâtée quelquefois par l'intervention ou hémorragie spontanée.

Lenormand cite aussi le cas d’un blessé présentant une plaie de la région cervicale, et qui au huitième jour fut pris d'une hémorragie fort grave ; l’inter vention montra que la carotide externe était très largement ouverte.

d) Plaies vasculaires oblitérées par le projectile même, avec hémorragie précoce. par infection ou

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bien très tardive, lorsque plus tard sera pratiquée l’ablation du projectile. Là encore l'opération est nécessaire.

Pierre Duval rapporte à ce sujet un cas personnel. Chez un blessé par deux éclats d’obus (région deltoïdienne gauche) la radiographie montre deux petits éclats d’obus profonds, animés de mouvements qui semblent correspondre à des baltements artériels. À l'intervention, un des petits éclats au contact de l’artère est enlevé, l'autre est incrusté dans la paroi du vaisseau ; il est retiré et une hémor- ragie se produit qui est arrêtée par une ligature.

e) Enfin plaies de la région vasculaire par petit projectile, sans signe apparent de blessure des vaisseaux mais amenant à une recherche des lésions vasculaires « possibles ».

Ces faits sont actuellement bien étudiés; tous amènent à intervenir de propos délibéré pour toute lésion non seulement certaine mais méme seulement supposée des vaisseaux.

A la suite de la communication dont nous avons parlé. Pierre Duval dit : «Fiolle hésite beaucoup à mettre à nu les vaisseaux'dans toute plaie qui menace de les intéresser. Sur ce point je crois qu'il faut être plus aflirmatif que lui.En ce qui me concerne, chaque fois qu'une plaie me paraîtra menaçante pour de gros vaisseaux, je n’hésiterai pas à aller en vérifier l’état anatomique. »

Lenormand est aussi affirmatif.

Sencert veut préciser le diagnostic : «Je pense, dit-

ces 14 —

il, qu’en l’absence d’hémorragie externe et d’hématome on peut, dans certains cas, diagnostiquer l'existence d’une plaie d’un gros vaisseau par la douleur et l'impotence fonctionnelle du membre ». Cette restriction est rejetée par Potherat (:} qui veut une intervention systématique chaque fois que la direction suivie par le projectile peut faire supposer une lésion vasculaire, même s’il n’y a pas cette vive douleur signalée par Sencert.

Et la plupart du temps, l'intervention consiste à aller lier le vaisseau lésé, la suture latérale ou circulaire demeurant réservée à un nombre de cas excer:-

tionnels.

Mais nous voulons attirer l'attention sur des faits que nous avons observés et qui tendent à donner droit de cité en chirurgie artérielle à une manœuvre dont nous n’avons pas vu jusqu'ici mentionner l'emploi.

Ces deux faits sont superposables. On peut les résumer ainsi :

Le passage d’un projectile ayant déterminé une oblitération artérielle localisée avec ischémie sousjacenie. Le massage direct de l'artère a rétabli de façon immédiate et définitive la circulation normale.

Et chaque fois les phénomènes observés l’ont été avec une nelteté telle qu’elle leur donne la valeur d’une véritable expérience.

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