Action de la glace sur le lit d'un glacier
glacier. Si le courant rencontre une saillie, un obstacle, figure 28, le glacier s'appuie exactement sur la paroi d'amont A, mais en B il laisse un vide, une grotte (i). Sur cette paroi d'amont, il exerce une si forte pression que les strates de glace se fendillent , ainsi qu'on le voit en G. Mais de cette action il résulte que si l'obstacle présente une section dentelée (voir en D) — ce qui était très-fré-
dessus de Tusis, dans la gorge qui descend des Houches à la vallée de Sallanches, au Trient, à la descente du Simplon, côté italien.
(1) Voir la paroi, rive droite, du glacier de l'Argentière , à l'extrémité de la moraine actuelle ; voir la paroi , rive droite , du glacier des Bossons , au-dessous de la pierre de l'Échelle, etc.
quent à rorigine des soulèvements — la pression du glacier brise et enlève d'abord la portion a, puis celle h. Si les portions de roches c et c? résistent, il use et polit les saillies e et fy et de g en h forme une arche comme il est montré en B.
C'est pourquoi, sur les lits des glaciers actuellement fondus, on rencontre des arrachements de roche du côté d'aval et des surfaces polies et moutonnées du côté d'amont, ainsi que l'indique le tracé G. Ce fait dépend, bien entendu, de la contexture ou des strates qu'affectent les roches. Si ces strates sont perpendiculaires au courant glaciaire, le phénomène est très-sensible; si elles sont obliques, il l'est moins ; si elles sont parallèles au courant, alors le glacier creuse entre elles des sillons, enlevant les parties tendres et laissant saillir, en les usant cependant, les parties dures (1).
Lorsqu'un glacier, par suite de la configuration du soulèvement, est forcé de se détourner, il tend à supprimer l'angle saillant qui fait obstacle à son passage direct (2) .
Pendant l'époque glaciaire, des angles, des promontoires d'une puissance prodigieuse de résistance, ont été ainsi enlevés, brisés,
(1) Examiner, à ce sujet, le lit du glacier qui, pendant l'époque g-laciaire, passait par-dessus le col des Montets et descendait dans la vallée du Rhône par le val de Valorsine et par Salvan. Là, les sillons schisteux, parallèles au courant glaciaire, sont admirablement nets et s'élèvent de 50 et même de 100 mètres au-dessus du lit ancien.
(2) M. Desor avait observé en 1844 sur le glacier de l'Aar que la glace franchit ainsi des espaces considérables aussi bien suivant un plan vertical que sur un plan horizontal. « Le glacier, dit-il, était appuyé à droite et à gauche sur des renflements du rivage, des sortes de petits promontoires arrondis, et ce qui mérite surtout d'être remarqué, la glace, loin de se fléchir pour combler l'espace entre les deux promontoires ( comme le ferait tout corps plus ou moins fluide) , s'étendait au contraire par-dessus en décrivant un arc surbaissé de l'un des promontoires à l'autre. Entre la glace et le rocher était interposée une couche de gravier de quelques centimètres d'épaisseur qui, après avoir passé par-dessus le premier promontoire, se détachait sous forme d'écaillés du toit de la caverne. Ces lambeaux écailleux portaient les traces d'une forte pression. La glace du toit (de l'intrados) de la caverne montrait, en outre, de larges cannelures, qu'on poursuivait des yeux à une grande profondeur et qui donnaient à ces parois brillantes un aspect tout particulier. Il était évident que ces cannelures n'étaient autre chose que les empreintes des inégalités de la roche sur laquelle la glace avait passé ; et ceci confirme ce que nous avons démontré antérieurement : c'est que la glace du glacier, tout en étant très-dure, jouit néanmoins d'une certaine plasticité. » {Nouvelles excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, p. 120, Neuchâtel, 1845.)
arrondis. Les exemples ne nous manquent pas. Nous nous bornerons à en citer un seul qui est si parfaitement caractérisé que chacun peut être facilement à même de l'apprécier.
Le glacier de la Vallée Blanche descend de l'aiguille du Midi vers l'est (l),il est resserré sur la paroi nord par l'arête de roches