Lacs supérieurs
(voir en Y, figure 75) montre en c le lac au niveau supérieur C de la petite carte partielle X, en ^le lac D, en e le lac E, et en /le petit réservoir F. En A est l'aiguille de la Floria, et en B les aiguilles Pourries, en G, le petit glacier de la Floria.
Le col est près de ces aiguilles au Nord. La section, aussi bien
que la carte partielle, font voir comment les strates de gneiss se sont usées en laissant apparaître les parties saillantes sur de grandes longueurs. La strate dans laquelle se sont creusés les lits des deux lacs C E est rosée et contient des grenats en petits grains. On la suit, passant entre la seconde aiguille de la Floria et le sommet R, puis on la retrouve sur l'autre versant jusqu'aux aiguilles Rouges.
Sur les cols étendus, on rencontre aussi ces lacs supérieurs, creusés aux dépens des parties tendres des soulèvements. Il nous suffira de citer celui du long col de l'Oberalp, au-dessus d'Andermatt. Son lit s'est fait dans une longue bande de roches jurassiques, comprise entre des gneiss et qui se prolonge dans toute la longueur de la vallée d'Andermatt. C'est en suivant cette bande que son trop plein se déverse dans la vallée en laissant des tourbières dans la longueur du col.
Indépendamment de ces lacs supérieurs, il s'en trouve d'intermédiaires creusés dans des combes ou cirques entourés de sommets, aujourd'hui couverts seulements de névés. Ces lacs, fréquents dans les Pyrénées (1), sont relativement rares dans les Alpes^ Il en est de bien caractérisés au sud-ouest du massif du Mont Rlanc; ce sont les lacs Jovet (2) qui occupent le lit d'un glacier trèsresserré et court qui descendait des aiguilles de Bellaval et de Tréla-Tète. Ces lacs sont endigués par les anciennes moraines frontales de ce glacier et aussi par les saillies des roches résistantes.
Mais ces réservoirs, si nombreux qu'ils soient, seraient insuffisants à régler le cours des torrents qui ne descendent pas des glaciers, si ces torrents n'étaient pas habituellement soumis euxmêmes à un régime qui tend à ralentir la rapidité de leur écoulement.
(1) Lacs de Gaube, d'Estaubé, d'Héas, d'Oo, de Seculejo, etc.
(2) Le plus étendu et le plus bas, altitude, 1,920m.
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Cours des torrents supérieurs.
Il est évident que le cours des torrents varie en raison de la nature des terrains sur lesquels ils coulent. Si leur lit passe sur des roches cristallines, granit, protogyne, gneiss, porphyre, ils suivent tous les détours dentelés que présente la dislocation ou l'usure de ces roches ; s'ils s'écoulent sur des lias, sur des schistes ardoisiers ou argileux, ils les ravinent profondément, descendent presque en droite ligne , entraînent avec eux des boues épaisses et causent des dégâts dans les vallées, puis, après avoir couvert d'un limon gris les parties basses, ils laissent leur lit presque à sec. S'ils descendent sur des calcaires jurassiques, ils tombent en cascades le long des bancs épais de ces terrains, s'engouffrent parfois dans des conduits souterrains pour reparaître plus loin.
Le rôle principal des torrents n'est pas de creuser des gorges profondes, comme quelques-uns l'ont prétendu, mais de remblayer les vallées à l'aide des matériaux préparés par les glaciers, et qu'ils entraînent dans leur cours.
Les gorges profondes dans lesquelles passent parfois les torrents, telles que celles du Trient, du Triquent, de la Yia-Mala, de Dioza, de Notre-Dame de la gorge, de Bérard, de val Tornanche, etc., et dont ils ont évidemment usé et poli les parois, sont des fêlures naturelles qui existaient au moment des soulèments et dont ces torrents ont profité pour s'écouler, mais qu'ils n'ont pas creusées. Dès l'époque glaciaire, ces gorges servaient de cunettes aux eaux fournies par les glaciers ; car, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut, les glaces ne passaient point dans ces
fêlures, et la preuve, figure 76, c'est que l'on reconnaît, au-dessus de ces fêlures de la roche, en AB, C D, le passage de la glace, au moutonnage accentué des roches, tandis que, de E en F, les eassures sont vives, les angles purs, si bien qu'on pourrait rapprocher les deux parois et les emboîter. Puis, de F en G, ces parois sont polies, élargies par les eaux, parfois profondément creusées,