Écoulements à travers des dépôts morainiques
lit de gravier et C D le plan d'eau courante. Par suite de Fondu-
lation imposée au courant par la présence de la pierre E et du remous que produit l'obstacle, il se fait un affouillement F qui finit par miner le sol sous cette pierre, si bien que celle-ci fait .quartier, ainsi que l'indique le tracé ponctué. Tant qu'il reste une saillie au-dessus du lit AB, l'affouillement se produit en amont et la pierre arrive à la longue, et en raison de l'activité du courant, à être complètement recouverte par le gravier. Au bas de la section est tracé l'effet de remous sur plan horizontal. Le courant a déposé en a les plus gros cailloux par suite de sa neutralisation sur ce point. Il résulte de cette observation que les grosses pierres que leur poids fixe au fond d'un lit graveleux, au lieu de combler ce lit, contribuent à le draguer en provoquant ces souilles ou affouillements, dont le résultat est l'enlèvement, par le courant, d'une quantité de ce sable ou gravier. Les petits cailloux produisent, au fond du lit d'un courant peu rapide, l'effet signalé en grand, et, en provoquant chacun leur petit affouillement dans le sable trèsfin et le limon, obligent le cours d'eau à entraîner ces matières plus loin et à les déposer sur ses bords ou dans les retenues calmes. C'est pourquoi aussi le thalweg du lit des rivières présente toujours une couche de gravier plus ou moins gros en raison de la puissance du courant, mais toujours pure de limon. Ce gravier maintient le niveau du thalweg, et, s'il survient des crues trèsimportantes , il est emporté pour être remplacé par un apport nouveau au fur et à mesure du ralentissement de la crue.
Lorsqu'un torrent a rencontré dans une vallée une ancienne moraine frontale qui lui a barré le chemin, il a formé un lac, a franchi la crête de la moraine, l'a bientôt rompue à son point faible et s'est épanché plus bas, mais, en attendant, il a creusé le gravier en aval de la moraine, au point le plus actif de son écoulement, figure 87.
Soit AB (lignes ponctuées) une ancienne moraine frontale. Les eaux, débordant cette moraine entre'ces deux points, ont, comme dans l'exemple, figure 85, affouillé le sol en C ; mais, à mesure que les débris de la moraine étaient entraînés par le courant, ils formaient une pente et remblayaient la partie la plus concave C . Dès lors, l'inclinaison de ce courant plus longue tendait à creu-
ser le sol plus loin, c'est-à-dire en D; puis, par suite de l'étendue du réservoir, le torrent ralentissait son cours, déposait ses graviers en aval et formait un relèvement du lit en E, relèvement que le torrent franchissait sur un point, péniblement, pour reprendre son cours donné par la pente du sol, plus bas. C'est ce qu'indique la section S faite sur a b.
Mais, si en G survenait un affluent, il déposait son cône de déjection HI et venait encore gêner l'écoulement du torrent principal. Il y avait alors remous, contre-courant dans le réservoir D qui formait, au fond du lit, les plis qu'indique la projection horizontale et la section S.
A chaque crue, des portions de la moraine étaient entraînées et comblaient d'autant le réservoir; le chenal s'établissait de plus en plus régulier dans ces atterrissements, et la retenue, sauf un marais en M, disparaissait.
La vallée du Rhône fournit un grand nombre d'exemples de ce fait du à la résistance et à la ruine successive des moraines frontales laissées par les étapes successives du grand glacier.
Mais il faut se rendre compte des procédés employés par la nature pour remplir les larges vallées, niveler leur sol, établir ces pentes à peine sensibles sur de grandes longueurs et suivant une section transversale presque horizontale.
Nous avons vu que le courant glaciaire est bombé au milieu, présente une section transversale convexe, et que sa rapidité est plus grande suivant l'axe longitudinal que sur ses bords et sur son lit. Il en est de même du courant d'eau, quant à ce dernier point, mais sa section transversale n'est pas exactement composée comme celle du glacier. Si le courant est rapide et le lit uni, il y a convexité au milieu, dépression latérale et relèvement des bords; pour me faire mieux comprendre, soit, figure 88, un courant torrentiel très-rapide et dont le lit est uni ; l'eau n'étant ni compressible ni élastique comme est la glace, la pression jointe à l'accélération de la vitesse du courant au milieu fait refluer le liquide latéralement et rejette les cailloux sur ses bords. Si au contraire (voir en A) le courant, suivant une pente faible, entraîne avec lui des matières en suspension, l'action de colmatage, c'est-à-dire de
dépôt de ces matières sur son lit, donne à la section transversale une courbe convexe continue.
En effet, le dépôt des matières sur le lit des torrents dépend de son activité. S'il est très-actif , il range les matériaux latéralement, 'si son cours est lent, il les dépose au milieu. Il arrive que ce