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Creusements des lits torrentiels

la vallée, il finit par la combler entièrement, régulièrement, sans qu'il lui soit besoin, comme on l'a cru parfois, d'atteindre à des niveaux prodigieux. La conséquence encore visible de ce fait, c'est que les torrents des vallées, quand leur cours n'a pas été modifié par la main de l'homme, bordent toujours un des escar-

pemeats, passant de l'un à l'autre sans suivre jamais le milieu. Les grands fleuves rapides comme le Rhône suivent exactement la même loi et longent une des deux rampes de la vallée qui les contient. Mais les vallées ne sont pas toujours droites; beaucoup JDrésentent des coudes, des sinuosités. Examinons donc, en projection horizontale et non plus en section transversale, comment les cônes de déjection se forment en raison des dispositions des berges, pour arriver toujours au même résultat, c'est-à-dire à un nivellement progressif ; quelles sont les causes des accidents qui rompent les digues naturelles.

D'abord, pour que les cônes de déjection se forment, il faut admettre une crue extraordinaire, ce qui, au déclin de l'époque glaciaire, devait se produire incessamment, sauf peut-être pendant les hivers. Soit, le sol d'une vallée préparé parles glaces puis par les premiers apports boueux, les conglomérats glaciaires qui ont commencé à remblayer son lit, figure 90.

Il n'y a pas d'obstacles sérieux au cours des fontes qui, en vastes nappes, remplissent ce fond de vallée et baignent les escarpements. Le courant entraîne avec lui limon, gravier fin et cailloux. Les courbes de niveau de son lit suivent notre tracé. Le courant étant rapide en A à cause d'un étranglement et l'eau cherchant toujours le plus court chemin, la force principale de ce courant se dirige de A en B, formant une concavité dans le lit sous cette ligne du plan d'eau. La nappe liquide refoulée de C en D s'élève et dépose cailloux et graviers en cône de déjection. La base de ce cône, s'approchant du point B, resserre le torrent qui, gêné par son propre remblai et l'obstacle E, creuse davantage son lit pour passer rapide, et, reprenant une nouvelle impulsion, se dirige droit devant lui, pour recommencer en G H ce qu'il a fait en C D ; mais, apportant toujours des graviers et des cailloux et le cône de déjection augmentant de CenF, gêne d'autant le passage du torrent enB. Alors, commence une évolution. Les berges immergées du lit F B s'éboulent en B, le relèvent, et le torrent est obligé de s'étendre aux dépens de cet éboulis ; mais, à mesure qu'il recreuse ce Ht vers le point F et au-delà, il trouve des atterrissements de plus en plus élevés; ceux-ci s'éboulent successivement avec d'autant plus

de facilité qu'ils dépassent davantage le niveau du lit inférieur, et il arrive un moment oii l'axe de ce lit vient battre l'escarpement I

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