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Creusement des lits torrentiels

pour reprendre en K son cours et refaire plus bas une évolution ana

logue; mais cet état change de nouveau. Le cours d'eau dépose alors un cône de déjection suivant les courbes de niveau ah y d'où, apport trop considérable en D de matériaux, éboulis de ces berges immergées D. Alors, le thalweg du lit tend à se porter en G, pendant qu'il se rapproche sans cesse de G en atterrissant l'espace L, si bien que ce thalweg suit la ligne A G H. Ainsi, même immergé totalement, le thalweg du torrent tend à s'allonger par les apports sédimentaires (1). Plus il s'allonge, plus sa pente s'adoucit, plus les dépôts se font régulièrement, le courant étant moins rapide.

Maintenant, arrivons à une période plus rapprochée de nous. Les eaux sont moins abondantes en été, et en hiver les atterrissements émergent et ne sont inondés qu'à la fonte des neiges et aux pluies d'automne. Ges crues répandent encore sur les rives du torrent gravier et cailloux, puis les eaux baissent et le torrent rentre dans le lit qu'il s'est creusé. Mais, de ce que la vallée tout entière n'est plus perpétuellement noyée sous une nappe d'eau courante, il résulte que le torrent apporte toujours dans son lit, et surtout sur ses bords, des masses de gravier, tandis qu'il ne répand qu'accidentellement ces graviers et cailloux sur les parties émergées. Le cours d'eau tend ainsi à remblayer son lit et à rele ver ses bords. Survient une crue ; il s'épanche en dehors de ses rives, entraîne les remblais et les dispose en cône de déjection, figure 91. Soit A B le cours d'un torrent, qui, par suite des crues, a formé les cônes de déjection qu'indiquent les courbes de niveau a b. Les lignes longitudinales c d indiquent la direction des pentes suivies par les graviers, les plus gros s'étant arrêtés près des rives du torrent et les plus déliés à la base des cônes, sauf quelques cailloux entraînés.

A force de donner du relief au cône par les apports de graviers et d'élever son lit, profitant d'une crue, le torrent égueule sa berge factice et va chercher le point le plus bas, la pente la plus raide. Notre figure fera parfaitement comprendre ce qui se passe alors.

(1) Nous le répétons, nous avons longuement étudié ces phénomènes en petit dans les ruisseaux nombreux qui coulent sur les sables des vallées^ déterminant des crues par de petits barrages factices; et ces expériences, sur une petite échelle^ nous ont expliqué beaucoup de phénomènes qui, en grand, nous paraissaient, dès lors, clairs et simples.

Si un cône de déjection est une portion d'un cône régulier dont la base est perpendiculaire à l'axe, il est clair que toutes les lignes tirées de son sommet à sa base sont égales, et que, par conséquent, quelle que soit la ligne que suive le torrent, il fera toujours un parcours de même longueur sur une pente égale.

Mais il n'en est pas ainsi des cônes de déjection des torrents rapides. Ces portions de cônes sont très-allongées (voir enX). Leur base est une ellipse dont le cours d'eau générateur est le grand axe. Il en résulte que la ligne op est plus courte que la ligne o r et que la pente op est plus raide que la pente or. C'est pourquoi il arrive si souvent que les torrents qui ont formé un cône de déjection quittent leur lit générateur o r, pour couler plus rapidement sar la pente op. Eh bien, sur notre figure, les atterrissements torrentiels se sont disposés, à cause de la rapidité du courant, de telle sorte que la ligne A G arrive à être plus courte que la ligne A H ; les points G et H étant d'ailleurs au même niveau. Le torrent est donc sollicité à prendre le parcours A G au lieu du parcours A H. En effet, un jour, après une crue qui a mis du désordre dans ses rives, il quitte son lit A H et s'en creuse un nouveau en A G. Alors, il suit naturellement la rencontre du cône avec l'escarpement de la vallée. Mais, trouvant un obstacle en K, il tend à se détourner brusquement, il ronge la berge gauche L de son ancien lit, il forme une digue de gravier en M, va rejoindre le point bas N, et suit naturellement de N en 0 le plan déclif du second cône. Le lit M B se comble successivement, est mort, ou ne forme plus qu'un bras rempli seulement pendant les grandes crues (1). Tout ceci explique comment, plus les vallées sont remblayées et nivelées par conséquent, plus les cours d'eau produisent des méandres, allongent leur cours et ralentissent par conséquent leurs courants.

Cependant il se produit et se produisait plus encore, à l'époque des grandes fontes glaciaires, des phénomènes d'écoulement plus compliqués, bien qu'aboutissant au même résultat,

(1) Dans l'espace d'une heure ou deux^ chacun peut observer ces phénomènes, le long d'une source coulant sur un sable fin, entre des berges solides, pour peu que l'on prenne le soin de retenir et de lâcher les eaux de façon à produire une succession d'écoulements normaux et de crues.

Dans les vallées élargies, déjà remblayées par un apport

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