‹ Le massif du Mont BlancChapitre 60 sur 79 · Colin ataffe · texte numérisé non relu

Colin ataffe

des eaux. Elles s'arrêtent lorsque leur résistance est supérieure à l'effort du courant. S'il survient une crue, AB étant la section du cône de déjection, et C D, le niveau de la crue, à section transversale, toujours convexe, les cailloux sont repoussés en e, les plus grosses pierres échouent, les moins grosses sont entraînées sur les pentes du cône et arrivent en /aux lignes de jonction de ce cône avec d'autres cônes ou avec un escarpement : lignes de jonction, qui sont destinées un jour ou l'autre à devenir le lit du torrent KvwA pavé de cailloux qui, comme on l'a vu figure 86, maintiendront le niveau de ce lit et dragueront les limons.

De sorte que les cônes de déjection émergés présentent toujours les cailloux les plus gros le long du lit des torrents, puis à leur base. Mais il est nécessaire de s'enquérir de la section longitudinale des cônes de déjection et des torrents qui les ont formés, des lois qui donnent cette section.

Les torrents remblaient ou affouillent, ils affouillent lorsqu'ils sont en décroissance, ils remblaient lorsqu'ils gonflent. Le torrent

normal creuse son lit; le torrent, subissant une crue, forme le cône de déjection, élève l'assiette sur laquelle il coule. Mais il a commencé par trouver une assiette naturelle de roches ou une pente sédimentaire solide ; cette pente en long peut être ou convexe ou concave.

Quand le torrent coule dans une gorge, la puissance d'affouillement seule agit ; mais, quand le torrent sort de la gorge, l'action colmatante agit à son tour, le torrent forme son cône de déjection. Le profil de ce cône est en raison de l'énergie du phénomène torrentiel. Si la puissance torrentielle est peu considérable, figure 94, en sortant de la gorge A les grosses pierres s'arrêtent en raison de leur résistance supérieure à l'action d'entraînement, elles

Page 1