LES NEIGES ET LES NEVES
En effet, du côté italien, bien que les traces des époques glacières soient visibles, incontestables, les érosions des rampes n'ont pas le caractère de puissance qu] elles affectent sur les versants opposés, et les rampes ont été ruinées bien plus par les agents atmosphériques que par les éboulis de névés et par le passage des glaces. Les escarpements sont plus déchirés, plus abrupts vers le sud que vers le noi-d oii l'on reconnaît qu'un immense courant glaciaire a emporté des masses prodigieuses de terrains sur une surface très-étendue, en élargissant les vallées, enlevant les aspérités, limant des obstacles formidables, arrondissant des sommets secondaires, tels que le Salève par exemple. Si bien que vers le Septentrion, à l'apogée de l'époque glaciaire, peu de sommets émergeaient, tandis que sur le versant méridional les glaciers laissaient entre eux des crêtes nombreuses que les intempéries décomposaient chaque jour.
La configuration du soulèvement se prêtait aussi à cette variété dans les effets de l'action glaciaire. Les Alpes présentent du côté italien des rampes beaucoup plus abruptes que du côté de la France et du Jura. Le massif du Mont Blanc affecte cette disposition. Le versant du côté du val de Chamonix donne une pente générale de 20% tandis que du côté de Gormayeur la pente générale est de 40\ Observons de plus que le plateau supérieur de ce massif (voir la figure 11) donnait une surface ondulée, légèrement inclinée vers le nord-ouest. Tout contribuait donc à l'accumulation et à la conservation des neiges sur ce plateau : configuration du massif, orientation, et, comme on va le voir, conditions de dépôt des névés.
Recourons à la figure 12 ; on voit que la partie la plus élevée du plateau se trouve sur le bord de la protogyne, dans la direction sud-est ; que ce soulèvement de protogyne et des roches encaissantes affecte une forme allongée, présentant la plus grande face vers le nord-ouest. Les vents, amenant les vapeurs du sud, de l'ouest ou du nord-ouest, trouvaient ainsi une surface toute préparée pour recueillir et conserver les neiges.
« des Alpes, dit-il, seraient plus grands qu'ils ne sont réellement s'ils se trouvaient <c sous l'influence des vents de mer, » Syst, glaciaire, p. 37.
LES NEIGES ET LES NEVES
Ces neiges s'accumulaient-elles parallèlement à la surface du plateau? Non, elles s'arrêtaient alors sur cette surface comme elles s'arrêtent aujourd'hui sur des plans présentant des sections analogues et orientés de la même manière, c'est-à-dire qu'ils s'accumulaient conformément au profil donné par la figure 13 (1).
La direction du vent étant suivant AB, les couches successives de neige se déposent plus épaisses là où il y a ressaut, que là où la pente se rapproche de l'horizontale. Le courant d'air rase les parties plates et y dépose peu de neige, tandis qu'il ressaute et tourbillonne là où il y a une pente plus accusée et y laisse des amas plus épais, ainsi qu'on le voit en CE.
En D, la direction du vent échappe par la tangente et balaye
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