LA MATIÈRE ET LA VIE
Si le matérialisme n'explique pas la matière ellemême, à plus forte raison n'explique-t-il pas les deux plus grands mystères que présente la nature, à savoir la vie et la pensée.
La vie est-elle une propriété de la matière, ou du moins le résultat de certaines propriétés de la matière dans certaines conditions données? Ou bien est-elle l'effet de quelque cause distincte de la matière, d'un principe que Ton appellera immatériel, sinon spirituel, la spiritualité étant réservée à l'âme pensante comme son attribut essentiel et privilégié? Grand débat, qui partage aujourd'hui les savants et les métaphysiciens, et qui a donné naissance à un grand nombre de systèmes. Sans entrer dans l'exposition de ces nombreux systèmes, insistons sur les principaux faits qui maintiennent jusqu'ici une séparation ineffaçable entre la matière brute et la matière vivante.
Le premier et le plus important de ces faits est l'unité harmonieuse de l'être vivant et organisé; c'est, pour employer l'expression de Kant, la corrélation des parties au tout. « Les corps organisés, dit le grand physiologiste
Millier, ne diffèrent pas seulement des corps inorganiques parla manière dont sont arrangés les éléments qui les constituent : l'activité continuelle qui se déploie dans la matière organique vivante jouit aussi d'un pouvoir créateur soumis aux lois d'un plan raisonné, de l'harmonie; car les parties sont disposées de telle sorte qu'elles répondent au but en vue duquel le tout existe; et c'est là précisément ce qui caractérise l'organisme. Kant dit que la cause des modes d'existence dans chaque partie d'un corps vivant est contenue dans le tout, tandis que dans les masses mortes, chaque partie la porte en elle-même (1). » Kant exprime encore la même idée, en disant que dans l'être organisé, tout est réciproquement cause et effet, but et moyen : c'est ainsi, par exemple, que l'arbre produit la feuille, laquelle à son tour protège l'arbre et contribue à sa nourriture et à sa conservation.
Cette définition métaphysique de l'être vivant est tout à fait conforme à celle de Guvier: « Tout être organisé, dit ce grand naturaliste, forme un ensemble, un système clos dont toutes les parties se correspondent mutuellement et concourent à la même action définitive par une réaction réciproque.» Cuvier fait l'application de cette définition à l'organisation des animaux carnivores : « Si les intestins d*un animal, dit-il, sont organisés de manière à digérer de la chair et de la chair récente, il faut aussi que ses mâchoires soient construites
(1) Millier, Prolégomènes, trad. franç., p. 17.
pour dévorer une proie ; ses griffes pour la saisir el la déchirer; ses dents pour la couper et la diviser; le système entier de ses organes de mouvement pour la poursuivre et pour l'atteindre, ses organes des sens pour l'apercevoir de loin; il faut même que la nature ait placé dans son cerveau l'instinct nécessaire pour savoir se cacher et tendre des pièges à ses victimes. Telles seraient les conditions générales du régime Carnivore; tout animal destiné pour ce régime les réunira infailliblement : car sa race n'aurait pu subsister sans elles (1) . » C'est cette loi que Ton a appelée la loi des corrélations organiques, loi exclusivement propre aux êtres organisés.
Ce premier caractère de l'être vivant est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister ; on le comprendra mieux d'ailleurs en examinant les difficultés qu'il peut soulever. Il y en a deux principales. La première, c'est que dans certains cas les êtres inorganiques euxmêmes paraissent présenter un caractère semblable à celui que nous venons de signaler, et former des ensembles harmonieux, dans lesquels il y a corrélation des parties à la forme générale du tout. C'est ce qui a lieu dans les cristallisations lorsqu'un corps passe de l'état liquide à l'état solide : il prend alors des formes régulières et géométriques; même chaque espèce de corps a son type distinct et toujours le même qui permet de le reconnaître et de le définir. Ainsi, il y a des espèces cristallines, comme des espèces vivantes; et dans cha-
(1) Cuvier, Discours sur les révolutions du globe.
cune d'elles les molécules viennent se disposer et se grouper, comme si elles obéissaient à l'idée d'un plan ou d'un type préexistant. La seconde difficulté, c'est que les êtres vivants, de leur côté, ne présentent pas toujours, à ce qu'il semble, ce caractère de corrélation absolue entre les diverses parties que nous avons mentionné. Ce qui le prouve, c'est qu'il y a certains êtres que l'on peut couper et diviser comme les corps inor ganiques, et dont les morceaux se reforment conformément au tout primitif. Il n'y a donc pas, dans tous les êtres vivants, une solidarité aussi absolue des parties et du tout que le veulent Kant et Guvier.
Quant à la première de ces difficultés, je réponds qu'il faut profondément distinguer la régularité géométrique que peuvent présenter les cristaux, et l'harmonie d'action qui est le signe distinctif des êtres organisés. La forme géométrique n'est en quelque sorte qu'une disposition extrinsèque, une juxtaposition de parties, qui, considérées du dehors, forment en effet un tout; mais qui en réalité sont indépendantes les unes des autres. Les différentes surfaces, les différents angles que présente un cristal n'ont point d'action ni d'influence réciproques; comme l'a dit Mùller, « il n'y a dans le - cristal aucun rapport entre sa configuration et l'activité du tout. On ne voit pas qu'un cristal tire de sa configuration aucun avantage pour sa conservation. » 11 en est tout autrement dans les êtres vivants : il y a action et réaction des parties les unes sur les autres, services réciproques et action commune. Ainsi le cœur est indispensable au poumon, le poumon au cœur et toutes les
parties agissent en commun pour produire le phénomène général de la vie. Il ne faut donc pas confondre l'harmonie organique avec l'harmonie géométrique.
Il est bien vrai qu'il y a dans les êtres organisés certains rapports de symétrie, que Ton peut rapprocher, si l'on veut, de la symétrie des cristaux. Ainsi, M. Dutrochet fait remarquer que les deux principaux types que Ton rencontre dans l'organisation végétale et animale, le type radiaire (rayonnés), et le type rameux (vertébrés), se retrouvent dans certains cristaux, par exemple, dans Tétoile de neige (1). Mais cette symétrie géométrique est profondément distincte de cette corrélation des organes signalée par Guvier, comme la loi capitale de l'être organisé et vivant.
Quant aux êtres organisés, végétaux et animaux, qui se reproduisent par fissiparité et par bouture, je ferai observer qu'il n'y a rien là que l'on puisse comparer aux êtres inorganiques. Car, dans ceux-ci, dans une pierre cassée, par exemple, les morceaux restent tels qu'ils sont et ne sont doués d'aucune force de réparation et de reproduction. Au contraire, dans les cas de fissiparité, chaque partie reproduit ranimai entier. Il y a donc dans chaque partie en quelque sorte une force représentative du tout qui ne demande pour se réaliser, qu'à être séparée. Or, rien de semblable ne se rencontre dans les cristallisations chimiques : si vous brisez un cristal, ses parties ne reproduiront pas le tout,
(1) Dutroehet, Mémoire sur les végétaux elles animaux, 1857. Avant-propos, p. xxui.
Un second caractère de l'être vivant, c'est le mode d'accroissement. On dit généralement que ce qui distingue l'être organisé de l'être inorganique, c'est que l'un se développe par intussusception, et l'autre par juxtaposition, c'est-à-dire que, dans le premier, l'accroissement a lieu à l'intérieur, et dans le second à l'extérieur. Ce caractère a été contesté par plusieurs naturalistes ou physiciens ennemis du principe vital, c'est-à-dire peu disposés à admettre un principe de vie distinct des forces générales de la nature. Dutrochet, par exemple, a fait observer que cet accroissement intérieur finissait toujours par être une juxtaposition (1). Puisqu'il faut que les molécules introduites se placent à côté des molécules existantes, il arrive un moment où les molécules nouvelles viennent se juxtaposer aux molécules précédentes. Réciproquement, dans les êtres inorganiques, on voit quelquefois un mode d'accroissement intercalaire. Ainsi, dans les minéraux poreux, il s'introduit dans les pores des liquides qui peuvent se solidifier, puis faire masse avec le minéral. C'est un mode d'accroissement intercalaire semblable à l'intussusception.
Il y a, si je ne me trompe, une grande différence entre ces deux faits. Dans les êtres organisés, les molécules qui entrent ne trouvent pas de trous tout faits pour se placer. Evidemment, les molécules nouvelles doivent déplacer les molécules précédentes de manière que les tissus s'élargissent successivement. Il n'en est pas ainsi dans
(1) Dutrochet, ouvrage cité, Préface, p. xix,
les minéraux. Les molécules n'y peuvent entrer que par les trous déjà faits, et le minéral reste ce qu'il était. Certainement, dans les trous il peut se loger de la matière, mais cela ne ressemble pas à cette assimilation intérieure de nos tissus, à cette fusion intime qui constitue la nutrition. Mais une différence plus profonde entre l'accroissement des êtres vivants et celui des corps inorganiques, c'est que dans un être vivant les molécules nouvelles n'arrivent que parce que d'autres s'en vont. Il y a un échange perpétuel entre les molécules du dehors et les molécules du dedans. C'est ce qu'on appelle le tourbillon vital. Ce fait a été rendu très-frappant par les expériences de M. Flourens sur les os ; car, si les os, substances solides, quelquefois assimilés à des corps bruts, se renouvellent continuellement, à plus forte raison en est-il ainsi pour les parties molles et liquides de l'animal. « Dans les profondeurs les plus cachées des êtres vivants, régnent deux courants contraires : l'un, enlevant sans cesse, molécule à molécule, quelque chose à l'organisme, l'autre réparant au fur et à mesure, des brèches, qui trop élargies, entraîneraient la mort (1). » Or de ce fait fondamental résultent des conséquences qui tranchent plus encore les différences du règne vivant et du règne minéral : c'est la croissance et la décroissance corrélatives et alternatives dans les individus vivants. L'être vit, grandit jusqu'à un moment donné, puis décroît, puis s'affaiblit, puis
(1) Quatref-iges, Métamorphosa de l'homme et des animaux, chapitre !.
dépérit et meurt. Or, rien de semblable dans les corps inorganiques. Vous n'y trouverez pas cette croissance limitée à un temps donné, à une forme donnée, à une grandeur donnée, puis suivie nécessairement d'une décroissance successive et enfin de dissolution. Supposez l'être vivant soumis aux pures lois de la physique et de la chimie, comment comprendre ce dépérissement successif que Ton appelle la vieillesse, la caducité, et qui finit toujours par la mort ? J'admets très-bien que l'être organisé périsse par accident, qu'une force externe le détruise comme elle peut détruire les rochers. Mais comment un être vivant dépérit-il en quelque sorte spontanément et dans des limites de temps rigoureusement fixées? Gela ne peut guère s'expliquer dans une hypothèse purement matérialiste de la vie. Si l'être vivant n'échangeait pas ses molécules contre des molécules nouvelles, on pourrait dire que ces molécules s'usent par le frottement, et qu'il vient un moment où ces molécules sont incapables d'agir, comme les ressorts usés d'une machine. Mais dans un être qui renouvelle sans cesse ses matériaux, il n'y a aucune raison pour que cette combinaison , ce mouvement intérieur chimique ou physique ne dure pas toujours en vertu des lois de la matière. Cette force intérieure qui s'épuise, malgré le renouvellement des matériaux, est un fait dont les explications physico-chimiques ne peuvent pas rendre compte.
Dutrochet, dans une curieuse préface où il combat énergiquement le principe vital, dit que la vie n'est
autre chose qu'une exception temporaire aux lois générales de la matière, une suspension momentanée et accidentelle des lois physiques et chimiques, lesquelles finissent toujours par avoir le dessus : et c'est ce qu'on appelle la mort. Cette théorie pourrait se comprendre, si la vie était, en effet, un simple accident, si Ton voyait un être vivant apparaissant ou disparaissant çà et là, comme, par exemple, les monstres dans le règne organisé. Mais il n'est pas vrai que la vie soit une exception. C'est un phénomène aussi général qu'aucun de ceux que présente la matière brute. D'ailleurs, la mort ne triomphe pas de la vie d'une manière absolue. L'individu meurt, les espèces ne meurent pas ; ou si certaines espèces disparaissent, d'autres leur succèdent. La vie se maintient donc en équilibre avec les causes extérieures de destruction qui la menacent. Il n'y a qu'une cause générale et permanente qui puisse expliquer un phénomène aussi permanent.
Quelques physiologistes très-ennemis des explications mécaniques, physiques et chimiques des phénomènes vitaux, et très-partisans des propriétés vitales, n'admettent pas cependant que la vie soit considérée pour cette raison comme l'effet d'une cause immatérielle. Car pourquoi, disent-ils, la matière n'aurait-elle pas des propriétés vitales distinctes des propriétés chimiques, de même que celles-ci le sont des propriétés physiques? Ainsi le vitalisme n'exclurait pas nécessairement le matérialisme. Mais ces savants ne me paraissent pas se rendre bien compte de leur propre opinion,
Si l'on voyait, en effet, que toute matière est douée de propriétés vitales, on pourrait supposer que ce sont des propriétés inhérentes à la matière, aussi bien que les propriétés physiques ou chimiques. Mais comme nous voyons qu'il n'y a que certains corps qui sont doués de vie, il est évident que la vie n'est pas une propriété essentielle de la matière, mais le résultat d'une certaine condition particulière dans laquelle la matière se trouverait; en d'autres termes, d'un certain groupement de molécules, d'une certaine rencontre d'affinités, etc., et vous retombez évidemment dans les explications physico-chimiques. On pourrait, à la vérité, faire une hypothèse, et soutenir qu'il y a deux sortes de matières, la matière brute et la matière vivante, douées chacune de propriétés différentes : ce fut la doctrine de Buffon , dont l'hypothèse des molécules organiques a été très-célèbre au xvme siècle. Suivant lui, ces molécules sont naturellement vivantes, c'est-à-dire douées de sensibilité et d'irritabilité : elles passent sans cesse d'un être vivant à un autre : il y a un échange perpétuel de ces molécules entre tous les êtres vivants; mais ces molécules n'entrent pas dans les corps inorganisés, et les molécules inorganiques n'entrent qu'accessoirement dans les corps vivants. Mais cette hypothèse est aujourd'hui complètement détruite par les récents progrès de la chimie organique : il est démontré que la matière des corps vivants est la même que celle des corps inorganiques, et que les éléments de la matière vivante sont au fond de l'oxygène, de l'hydrogène, de l'azote et du carbone, auxquels viennent
s'adjoindre d'autres éléments, comme le phosphore, le fer, le soufre, etc.
De ces deux faits combinés : 1° que tous les corps ne sont pas vivants; 2° que les corps vivants sont composés des mêmes matériaux que les autres corps, il résulte évidemment que la vie, si elle est une propriété de la matière, n'en est pas du moins une propriété primitive et irréductible, mais seulement une condition particulière, due au groupement de certains éléments disposés dans des proportions déterminées : or, c'est là précisément ce que prétendent les adversaires des propriétés vitales. On ne peut donc soutenir à la fois sans inconséquence, le vitalisme et le matérialisme ; à moins toutefois que le mot de vie ou de force vitale ne soit autre chose qu'un signe conventionnel destiné à représenter un groupe de phénomènes provisoirement indépendant de tout autre groupe : or, c'est à quoi consentiront volontiers les matérialistes les plus décidés.
Ainsi le vrai débat est donc entre ceux qui pensent que les phénomènes vitaux pourront un jour s'expliquer par les lois de la physique et de la chimie, c'est-à-dire par les lois générales de la matière, considérées dans certaines applications particulières ; et ceux qui, voyant entre la vie et la matière brute des différences si prononcées et si profondes, considèrent cette réduction de la vie à la matière comme une hypothèse gratuite démentie par les faits les plus éclatants.
Cependant il faut bien reconnaître que depuis Descartes jusqu'à nos jours, l'explication des phénomènes
vitaux, par les lois générales de la matière, a fait et fait encore chaque jour de nouveaux progrès. C'est ainsi que le fait de la respiration a été ramené depuis Lavoisier, au phénomène tout chimique de la combustion. Les expériences sur les digestions artificielles, inaugurées par Spallanzani, et depuis développées par tant de physiologistes éminents, tendent à prouver également que la digestion n'est qu'un phénomène chimique (1). La découverte de l'endosmose par Dutrochet a rapproché les faits d'absorption des phénomènes de capillarité, et les récentes découvertes de M. Graham ont jeté beaucoup de jour sur les sécrétions (2). L'électricité, sans pouvoir expliquer tous les phénomènes de la vie, comme on l'avait cru dans le premier enivrement de la découverte de Galvani, n'en est pas moins un des principaux agents des corps organisés, et entre certainement pour beaucoup dans la théorie du mouvement. La théorie mécanique de la chaleur a peut-être poussé plus loin qu'aucune autre théorie la possibilité d'une explication physique de la vie. La transformation de la chaleur en mouvement, phénomène que nous pouvons observer dans nos machines et dont on connaît rigoureusement la loi, ne serait-elle pas le fait capital de la vie ? Enfin, bien avant toutes ces découvertes et au siècle même de Descartes, l'école de Borelli avait appliqué les théories de la mécanique au mouvement des corps
(1) Voyez Millier, t. I, liv. II, sect. îv, ch. v.
(2) Mémoire sur la diffusion moléculaire, traduit de l'anglais par Alb. Thouras (Annales de physique et de chimie, 1863, 3e série, t. LXV, p. 129),
vivants. De tous ces faits, il semble bien résulter qu'un très-grand nombre de phénomènes vitaux peuvent dès à présent s'expliquer par les lois de la physique et de chimie; et quant à ceux qui résistent encore, n'y a-t-il pas lieu de penser qu'on y arrivera un jour ?
Sans méconnaître ce qu'il y a de frappant dans ce progrès continu de la science., il me semble toutefois qu'il faut ici distinguer deux choses : les phénomènes qui se passent dans l'être vivant, et cet être lui-même. Que les phénomènes de la vie soient soumis daus une certaine mesure aux lois de la physique et de la chimie, je n'en disconviens pas; mais il ne s'ensuit pas que la vie elle-même soit un fait mécanique, physique ou chimique; car il reste toujours à savoir comment tous ces phénomènes se combinent ensemble de manière à former un être qui vit; il y a toujours là une unité centrale, qui coordonne tous ces phénomènes dans un acte unique. Il y a cette grande loi de la naissance et de la mort, qui n'a rien d'analogue dans le monde purement physique. Il y a enfin cette autre loi de la reproduction qui, bien plus encore que la précédente, trace une barrière jusqu'ici infranchissable entre les deux règnes. C'est là surtout, c'est ce fait merveilleux de la génération, qui tient et tiendra longtemps encore en échec les matérialistes les plus décidés.