Quatrefages, ibid., clijp. XXIII
animal herbivore, à l'état adulte dans un animal Carnivore ? C'est pourtant ce qui arrive. Ces animaux changent en quelque sorte d'hôtellerie. Ainsi le lapin loge et nourrit un ver parasite qui ne deviendra adulte que dans le chien ; le mouton nourrit le cœniire, qui dans le loup deviendra un ténia. Tout ver parasite passe par trois phases : la première est celle de l'œuf pondu dans l'intestin du Carnivore et rejeté par celui-ci; la seconde, celle de l'embryon : l'œuf est avalé par l'herbivore, avec l'herbe qu'il broute, et il éclôt dans son estomac; la troisième est celle de l'adulte : celle-ci a lieu dans le corps du Carnivore qui se nourrit d'herbivores (1). Tout le mystère est expliqué sans génération spontanée. D'ailleurs la découverte des sexes et des œufs dans les entozoaires tranche évidemment la question.
Il faut reconnaître toutefois qu'il y a encore certains faits dont on pourrait tirer avantage en faveur de la génération spontanée. Les deux principaux sont : 1° la reconstruction artificielle des substances organiques par la synthèse chimique (2); 2° la résurrection par l'humidité de certains animaux microscopiques, tels que les tardigrades et les rotifères (3).
Nous avons dit déjà que la matière qui compose les êtres organisés est la même que celle qui compose les corps inorganiques. A la vérité, tous les éléments que reconnaît la chimie minérale ne sont pas propres à com-