‹ Le matérialisme et la scienceChapitre 3 sur 39 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

voués par quelque infirmité secrète d'esprit à une idolâtrie obstinée; que ses rares adeptes n'apparaissent plus que de loin en loin dans l'immensité des régions intellectuelles, envahies par les sciences positives, comme des naufragés au milieu de la mer infinie, rari nantes. On nous assure que les savants, particulièrement les physiciens, les chimistes, les physiologistes, font profession de mépriser ce magnifique essor de la pensée spéculative que recommandent inutilement au respect pubHc les plus grands noms de l'humanité intelligente depuis Platon jusqu'à Leibniz. Le premier article de foi que prétendent nous imposer certains dictateurs sans mandat de l'opinion scientifique, est de nous obliger, sous peine de déchéance intellectuelle, à n'admettre que les données et les résultats empiriques de

PRÉFACE, y

l'étude de la nature, à rejeter tout le reste parmi les songes ou les fables.

En sommes-nous làvraiinent?Est-il exact de dire que le divorce est irrévocablement accompli entre l'esprit pbilosophique tt 1 esprit scientifique ? Nous ne le croyons pas. En dehors des positivistes, qui suppriment le problème métaphysique, et des matérialistes qui prétendent le résoudre à leur manière, j'aperçois un groupe nombreux et de jour en jour croissant, de savants qui reconnaissent hautement les droits de la philosophie, pourvu qu'elle observe ses propres limites et n'empiète pas sur le domaine des autres sciences. C'est ce groupe que j'appelle Vécole expérimentale et que je me suis efforcé de distinguer par des traits précis de l'école positiviste avec laquelle on l'a trop souvent confondu.

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