‹ Le matérialisme et la scienceChapitre 4 sur 39 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Nous insisterons d'une manière toute spéciale sur l'étrange illusion que se fait le matérialisme scientifique en espérant remplacer la métaphysique, et sur la contradiction fondamentale que renferme son principe. Peut-ii y avoir un matérialisme scientifique, c'est-à-dire un dogmatisme négatif à l'égard des causes et des fins^ fondé sur l'étude purement expérimentale des phénomènes et des lois? Est-il possible d'imaginer une antinomie plus radicale que celle-ci: à savoir, une doctrine sur les questions d'origine immédiatement déduite des données de la physique et delà physiologie, qui ne concernent que l'ordre actuel et l'état présent de l'univers ? Telle est la question que j'ai pris à tâche d'éclaircir par quelques considérations très-simples. Sur ce point si grave et si délicat, c'est l'esprit même de

PRÉFACE, yfi

la mëlhode expérimentale qui sera noire arbitre.

Il nous sera permis de nous étonner que ceux qui se portent les adversaires les pli;s irréconciliables delà métaphysique en vien nent si tôt, par une sorte de contrainte intérieure et de contradiction significative, à rétablir les causes premières sous d'autres formes et sous d'autres noms : l'atome absolu, la force éternelle. Peut-être serait-ii sage d'en conclure que si la métaphysique est un mal, c'est un mal nécessaire avec lequel il faut vivre ; mais peut-être serait-il mieux encore d'en conclure que la nécessité qui ramène toujours cette métapliysique tant de fois maudite au sein même de certaines écoles dont la première démarche scientifique est de la proscrire, c'est au fond une loi de l'esprit humain^ la loi la

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