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Le maudit

La route de Yolscarcelta est assez bonne jusqu'à Yalentano. Nos voyageurs marchaient bien : Julio avait le pied montagnard.

— Avec une autre éducation vous eussiez fait un bon contrebandier, disait lacomo, qui ne connaissait rien de plus beau que ce métier d'aventures.

— lacomo, dit tout bas Julio à son guide, voici l'ordre : si nous étions attaqués , sauvez ma sœur à tout prix ; moi je me retrouverai toujours. Une fois à Volscarcetta, qu'elle m'attende. Soyez son soutien, j'ai foi en vous, lacomo.

Quand ils arrivèrent près de Toscanella, le contrebandier prit, sur la gauche, un petit chemin détourné, pour éviter de traverser la ville où il pouvait supposer qu'on avait envoyé des sbires.

Ce ne fut qu'à deux kilomètres plus loin qu'ils rejoignirent la route de plus en plus difficile jusqu'à la frontière.

Ils longèrent quelque temps les pentes du mont Calvello. Ils n'avaient plus qu'à atteindre l'emplacement désert d'une ancienneville étrusque, connue dans le paya sous le nom de Castro, après quoi la frontière était franchie, quand tout à coup, en avant des ruines et au fond d'un ravin, sorlit devant eux, d'un fourré épais, une bande de quatre hommes masqués. Le contrebandier les vit et les reconnut pour des bandits de la pire espèce qui, depuis quelques mois, désolaient le pays de Corneto à Yiterbe, sans que la police s'occupât de mettre à leurs trousses la gendarmerie pontificale. Le brave comprit le danger.

— Nous sommes perdus, dit-il à Julio, si nous manquons de cœur. ïenons-nous l'un contre l'autre et avançons. Restez derrière nous, mademoiselle.

Les bandits se mirent en rang de bataille et attendirent avec leurs carabines. Une double détonation partit des deux côtés. Un des bandits tomba mort. lacomo, qui vit Julio chancelej, le soutint.

— Prenez mon revolver je suis blessé

défendez ma sœur !

lacomo, avec l'arme redoutable, continua un feu

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