‹ Le mauditChapitre 37 sur 57 · UNE SOIRÉE CHEZ MADAME DE TOURADEL · texte numérisé non relu

UNE SOIRÉE CHEZ MADAME DE TOURADEL

temps à comprendre cela. Je penchais aussi vers les idées nouvelles. Les bons Jésuites, que je vois chez ma mère, ont fait tomber sur ce point toutes mes illusions. Maintenant il faut se rattacher uniquement à eux. Ce sont les seuls soutiens de l'arche sainte. L'Église sera sauvée le jour où ils seront tout-puissants. Et je vous dirai, en confidence, que je vais laisser là l'abbé de Baraminos. Il est trop gallican. Et puis, ce clergé séculier n'entend rien à la direction des âmes.

— On les dit un peu ambitieux, vos bons Pères.

— Ambitieux , chère amie ! oui , ambitieux pour l'honneur du Pape, pour le maintien de ses. droits, pour la gloire de Dieu : autrement, ce sont les hommes les plus détachés de toutes choses !

— On les redoute.

— Les méchantes langues, la mauvaise presse, la littérature dépravée les ont tant noircis !

— Oh ! cela est vrai.

Et s'adressant àVerdelon, la baronne de Tourabel lui dit :

— Mon cousin, vous avez des Jésuites à T. ?

— Oui, madame, ils sont nombreux; ils ont un très-beau collège.

— Que de bien ils font, n'est-ce pas, monsieur? reprit la comtesse de Yezère.

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— Oui, madame, ils font beaucoup de bien. Quand la comtesse se retira, elle dit tout bas à

son amie :

— N'allez donc pas, ma chère, vous encanailler avec ces Julio. Je vous donne charitablement cet avis. On s'étonne de vous dans notre société. Vous finirez par y être mal vue et par mécontenter les nombreux amis que vous y avez.

Le coup était porté. C'était une mise en demeure signifiée à madame de Tourabel de retirer sa protection à ceux que poursuivaient les Jésuites.

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