‹ Le mécanisme de la vie moderne (volume 2)Chapitre 15 sur 20 · POPULAIRE · texte numérisé non relu

POPULAIRE

loppéo beaucoup plus aisément que l'autre, A la campagne le village forme une grande famille ; non pas toujours une famille trE-s unie ; il y a des dîvigions, des partis et des liaînes, mais personne n'est inconnu de ses voisins; les goûts, les habitudes, les faits et gestes de chacun sont observés, discutés. Il existe entre les habitants des rapports, des liens, qui peuvent âtro moins que cordiaux mais qui sont réels.

Les G30 mutualités agricoles aujourd'hui existantes, toutes ou presque toutes communales, se partagent en deux groupes principaux : le Centre fédératif du crédit populaire et V Union des caisses rurales et ouvrières. A la tète de ces deux aggloméralioua sont des Itomnies qui, — si Toq excepte le déchet inévitable de quelques sociologues en chambre, politiques en disponibihté, porteurs de toasts et hanqueleurs platoniques — , ont accompli avec un superbe dévouement uqo tâche ingrate et méritoire. A l'Union des caisses, sous la présidence de M. Louis Durand, apôtre perspicace et infatigalde, MM. l'abbé Lemire, Uarmel, Fournier-Sarlovèze; au Centre féde'raiif, h côlé dcM. E. Rostaod, le Pfere Ludovic de Besse, ud éloquent capucin, l'honneur de son ordre, M. Benoît-Lévy, M. Dufourmantelle, etc.

Ces deux phalanges, qui devraient, semblo-t-îl, se soutenir, sont malheureusement rivales, même hostiles. Le Centre fédératif, sagement libéral, traite l'Union des caisses de sectaire, parce qu'elle

1,F, MKCAMSMR DK LK VIK HODEHNE

refuse d'adhérer au principe de DeuLralité religieuse ; l'Union des caisses, ^troitemenl catholique, accuse le Centre fédéralif d'impiété, parce qu'il accouple, dans son conseil dirigeant, des Israélites ci des moines, dos croyants et des Trancs-maçons. Une malveillance réciproque anime ainsi ces deux affiliations et, parce qu'elles visent au même but par des moyens différents, elles sont portées à se combattre.

Quel juge Impartial de ces griefs pourrait donner tort à l'un ou à l'autre? Le Centre fédératif a mille fols raison de bannir les luîtes confessionnelles du terrain des affaires, où elles sont en même temps déplacées et dangereuses ; il a raison, pour provoquer tous les concours, de ne déployer aucun drapeau. Qui pourtant oserait jeter la pierre à l'Union des caisses rurales, si, puissamment aidée par le clergé des campagnes, elle rêve — car peut-être no sera-ce qu'un rêve — d'imprimer à cette œuvre économique un caractère religieux, et de doter ses adeptes d'un « Crédit mutuel » où l'on trouverait autre cliose que de l'argent et que de l'or : un peu de pain venu du ciel?

L'homme en travail depuis cent ans a enfanté des manufactures , des mines, des docks , des bateaux, des télégraphes, des écoles et des théâtres ; il a enfanté des habits, des journaux, du gaz, du linge, de l'hygiène et des égoûls; Il a enfanté des richesses et des plaisirs, de la philanthropie et des sociétés d'assurances, même des constitutions poli-

LK l'tifiT ropuLAini: 403

liques et des sysl^mes pliîtosopliiqucs ; mais il Ti'enfante pas de l'amour ni de la joie, surtout il n'enfante pas do la résignation ot de l'idéal, c'està-dire de la paix et de l'espérance. La fumée des locomotives et du tabac en contiennent-elles plus que la fumée de l'encens?

Le prêt populaire à bon marché est une belle chose ; mais ce n'est pas en prêtant au besoigneux à 5 ou même à 4 pour 100, que l'on résoudra la « question sociale ». Elle ne sera jamais résolue, parce qu'elle n'existe pas. Et, en effet, elle n'existe que dans notre imagination; elle ne vient pas de l'estomac, comme on pense, elle vient du cerveau et du cœur. Aux maux imaginaires il faut des remèdes spirituels.

Toutes nos batailles modernes contre les éléments, toutes nos victoires sur la matière, n'ont, au moral, abouti à rien. La masse intelligente demeure irritée, exacerbée, les sens plus subtils, l'esprit bandé vers un but impossible et l'âme triste, déçue. Nous avons, pour beaucoup produire, évoqué le Génie de la Force et décliaîné le Génie de la vitesse ; ils dévorent l'ouvrage ; nous devons marcher et les suivre ; ces esclaves-machines noua entraînent.

Bientôt il n'y aura plus de place perdue sur la terre, il n'y aura plus de temps perdu dans la vie; mais, entassât-on cent fois plus de jouissances, l'humanité sera la proie d'un terrible ennui, l'ennui que l'on éprouve h regarder les villes que ne sur-

montent aucune flèche, aucun dôme, aucune tour; loutes choses de première nécessité, quoique parfaitement inutiles en elles-mêmes. Les ouvriers, les paysans, tous devenus « bourgeois », dans le sens que nous donnons aujourd'hui à ce mot, tous devenus penseurs, sentiront par là même des souffrances qu'ils ignoraient naguère, — celles de la pensée — et seront désespérés d'être au monde, ayant perdu la certitude d'en trouver un meilleur au sortir de celui-ci.

C'est alors que le peuple vomira les religions laïques, laborieusement absorbées; il pleurera pour avoir une âme et pour qu'on lui rende un Dieu.

TABLE DKS MATIKRES

CilAPlTRE XV L'kabillement fëailnln.

I. Chapeaux de feutre et de paille. — Faut-il so viUir 1 - I^DIusions ulilos ; loa iiicnraiU da voile. — L'oiseau bleu

n'est bleu que de loin. — Le o divertissement s du cot- P tnnie. — Sa, transformulinn moderne par les moteurs à Vmpear. — L'éliiganco d'anlrefoia. — Le « rliapitre des cha- K.pesnx s. — Convro-cher de 400 francs. — Le boonot, symbols l' de l'iSgaliti!. — Chapcani de n feutre n en laine ; chapoaD de

* paille » en bois. — Caslor cl « derai-casior ». — 70 mill lions do lapins sur nos létes. — La mise en œuvre du " - Les mannfacluroE de v melons a ol de n cloches ■- —

9 (r. 30 de matière première. — Paille d'Italie. — ■ Cor- Lnets ■ de s pointes o da Florence. -~ Le travail dans loa |,carus. — Tresscg de ■ pédales ■ d'Allemagne et Belgique. — I Fibres d'arbnslcs et copeaux do bois. — Paille de riz. — JPanamas. — Yolins et ctioucbou

n. Les i< lormcH • et les modistes. — Lu fabricant de ear- Leasacs. — < Les n coillua ii. — s Oetnî-ferme «et « souple-

■ souple >. — Comment s'inventent les formes. — Entre bond ' le. — Les cliapeaui depuis 40O ans. — Une collection

■ de gravures de modes. — Cornettes, tricornes, mitres, bonsinf gots, lorbans, eosquettos, bandeaux, bavolets et toques. —

■ «Honvement de bords a ctachiffonnë d'iitoffes ». — La conl'«eil d'automne chci la grande modiste. — Histoire de Caro-

e Reboux. — L'atelier des modiste», — Gamisseuses et R granAes pronji'^res ». — Détnit d'un chapeau à 3 fr. 75. —

m. Fiâmes st fleura. — Les OLgeanx- — Paradis et couroncoQs; ■ mulUllU u et n gorges d'acier u &1S0 Francs. — Les imilalions ; vraies ei Tausses s aigrotles a. — Les races disparues; r n argus u. — Plumages factices el imaginaires. — Ailes do pio, gouachëes & la main. — Espècos eioliqaes on commaoB». — La n fantaisie ». — Los plumes d'autmclie dons le passi!. — Autruches do 8yrio, d'Égj'plo et du Yomen.

— Lu disette de plumes au milieu du zi\' siècle. — Ëlorage do l'auLruche domestique au Cap. — Les plumes a à doublures a. — Lésa couleaux a. — Le blauchimeut et latointure dus plumes. — Les fleurs arliliciollea d'autrefois. — Les e cimpoauK de roses d. — Tiges de caoulchauc ; moelle d'arabia. — La chair vivante des corps de fleurs. — Fabrication des fonillagos. — Presses à découper et moules à oudulatious.

— Les quatre spécialités <lu fleuriste, — Division du travail.

— Roses h 10 fi'anes et fr. Ï5. — Les chapeani de soie, pour hommes

Page 1