CHEVAL
de gagner du terrain de ce côté sans entre-croiser ses membres d’une façon dangereuse.
Le galop. — Germinal appuyant de droite à gauche.
Dans l’exemple que nous avons sous les yeux ( Proj . n° 42), emprunté à l’ouvrage de M. James Fillis, nous voyons Germinal appuyant de droite à gauche. Le cheval est au deuxième temps du galop à gauche, par conséquent à l’appui sur le diagonal droit ; l’antérieur gauche sur lequel il galope est complètement dégagé et peut gagner aisément du terrain dans cette direction ; le postérieur droit chasse également dans ce sens et permet en quelque sorte au cheval de s’arc-bouter dans cette direction; enfin, le diagonal à l’appui donne une base solide à la masse.
Dans le cliché suivant (Proj. n° 43), emprunté au même ouvrage et communiqué également par M. Delton, nous voyons le même mouvement en sens inverse : Germinal âu deuxième temps du galop à droite est à l’appui sur le diagonal gauche ; l’antérieur droit sur lequel il galope se porte nettement vers la droite et le postérieur gauche chasse également de ce côté. L’écartement que nous remarquons entre les membres gauches et les membres droits
LU GALOP
vient de ce que le cheval, au lieu de galoper sur la ligne droite, appuie, c’est-à-dire qu’il se déplace latéralement par une série de petits bonds successifs.
Il est aisé de comprendre par analogie que dans les changements de direction et les mouvements circulaires, doublers, voltes, demivoltes, conversions, il est absolument indispensable de mettre son cheval sur le bon pied. Il est manifeste dans l’exemple ci-dessous
Proj. n° 43.— Phot. Deltou.
Le galop. — Germinal appuyant de gauche à droite.
(Proj. n° 43) que si le cheval devait se porter vers la gauche, il ne pourrait le faire qu’en entre-croisant ses jambes d’une façon extraordinairement compliquée et dangereuse, tandis qu’au contraire, dans cette attitude, le déplacement vers la droite lui est facile et en quelque sorte naturel.
Dans les mouvements circulaires, le cheval se penche d’autant plus en dedans du cercle que l’allure est plus rapide. Nous avons tous remarqué dans les cirques le degré d’obliquité extraordinaire auquel parvient le corps du cheval lorsqu’il est lancé à toute vitesse sur la piste circulaire. Cette obliquité lui est nécessaire pour échapper à l’effet de la force centrifuge; et le cavalier qui, dans
un mouvement tournant rapide, tient également à ne pas s’échapper par la tangente, doit suivre le mouvement du cheval qui s’incline en dedans du cercle. Il y aurait danger à forcer cette obliquité autant qu’à s’y soustraire ; le cavalier doit suivre, et en quelque sorte subir, l’indication fournie par le cheval sans l’exagérer dans un sens ni dans l’autre.
Le peintre Aimé Morot est le premier, croyons-nous, qui ait osé planter franchement hors de la verticale le corps des chevaux et des cavaliers dans la Charge des cuirassiers à Rezonville que nous avons vue tout à l’heure ( Proj. n° 40). Le peloton de cuirassiers qui s’avance vers la droite a entamé une conversion qui doit l’amener à défiler devant le spectateur comme celui qui s’y trouve actuellement ; et ce changement de front encours d’exécution justitifie l’attitude penchée des chevaux et des cavaliers; mais elle a longtemps surpris le public peu initié aux lois de la statique et aux nécessités des conversions à pivot mouvant.