ÉMOTION FONCTION DE L'ÉMOTIVITÉ
Yémotion, h'émotivité, c'est la susceptibilité qu'a toute
machine de subir ainsi un ébranlement général qui, si
elle est bien construite, lui permet d'y résister sans
être troublée ultérieurement dans son fonctionnement,
et, si elle est mal construite, lui fait subir au contraire
un détraquement d'emblée, ou un jeu qui altère son
fonctionnement et diminue définitivement sa capacité
de travail. De même que nous voyons des macbines
prendre du jeu et se détraquer sous l'influence des
moindres chocs, de même nous voyons des cerveaux
faibles s'émouvoir pour des impressions très légères, et
présenter h la suite des troubles plus ou moins marqués,
plus ou moins persistants.
L'émotivité tient à la constitution même du cerveau, et l'émotion est fonction de l'émotivité. La môme excitation produit ou ne produit pas d'émotion dans deux cerveaux différents ; elle en produit ou n'en produit pas dans le même cerveau à des moments différents, dans des états physiques ou moraux différents. Si l'émotivité tient, en effet, à la constitution même du cerveau, elle peut aussi, dans certains cas, être acquise ou se développer considérablement. C'est ce qui se produit sous l'influence de certains états pathologiques, sous l'influence de grands traumatismes, ou de commotions morales violentes et répétées.
Il y a émotion chaque fois qu'une partie de l'énergie destinée au travail effectif du cerveau est employée par dérivation à agir sur le cerveau lui-même, que cette dérivation résulte de la faible résistance du cerveau à une trop grande quantité d'énergie libérée à la fois et ne trouvant pas d'issue immédiate, ou que, par suite d'un changement brusque dans sa direction, la force prenne une tension trop considérable et agisse dans
plusieurs directions à la fois, soit, enfin, que par suite d'une commotion d'origine extérieure, des issues anormales soient offertes à l'énergie.
Dans tous les cas, ce qui constitue, au point de vue mécanique et dynamique, l'émotion, c'est la diffusion de rénorgie, tram^formée et libérée par le cerveau, dans le cerveau lui-même, et l'absorption par le cerveau d'une partie de cette énergie aux dépens du travail effectif auquel elle (Hait destinée.