ÉMOTIONS FIXES
son activité et lui permettre d'éprouver de nouvelles émotions, en méma temps qu'il n'eat plus sous l'influence des anciennes.
L'intérél de celte disparilion des soi-disant idées .jExes des hystériques, c'esl-à-dirc de leurs étals émoitionnels fixes, réside dans ce l'ail, que l'ébranlemenl Cérébral seul suffit pour faire disparaître les représentations, c'esl-à-dire que les modifications pliysiologiiques enlrainenl les modifications psychologiques, mvant ainsi leur subordination, ou lonl an ijioins lur rapport intime, leur liaison étroite.
Je ne crois pas, en efVet, qu'il y ait subordination, mais concomilance, et que les représenlalions surgissent au même titre que toutes les autres manjfcslalions de l'émolion. Par suite de la syslémalisalion des étals
Iéaiolionnels, il y a association entre toutes ces manifestations: l'une rappelle donc les autres. Mais il est jlus facile d'agir sur l'état moléculaire cérébral, sur »n inertie, par des moyens physiques, par la dislocation de sa systématisation physiologique, que par des moyens psychologiques. Ceux-ci ne peuveni conaisler, en effet, qu'en évocation de représenlalions contraires ï celles qui font partie de l'état émotionnel ii détruire. Or, si elles sont d'ordre supérieur à l'émolivité adé- , ijuate à cet étal, elles ne sont pas évocablcs, et si elles
^^.8onl inférieures, elles ne sauraient amener une aug- ^^kmentation de l'émotivilé.
^^g On en est donc réduit à des représentations de méiue * valeur, mais d'ordres ilifférenls. Les résultats, dans ces conditions, sont des plus incertains el des plus faibles, sans compler le temps énorme que cela demande.
Rien n'esl au coniraire plus simple que de disloquer l'élat émotionnel, en agissant directemenl sur l'inertie
lu ÉVOLCTION DE L'ÈMOTIOS
pour d'autres. L'inactivité peut même s'étendre à tout
et aboutir à la stupeur complète.
J'ai déjà fait remarquer que, dans le cas où la dépreasion mdlancotiquo survient à la suite d'une ou de plusieurs émotions inhibitrices, on voit le sujet, à mesure qu'il s'enfonce dans son mal, à mesure que l'inertie cérébrale augmente, substituer à la cause première qu'il invoquait toutes les autres causes secondaires qu'il peut trouver dans son passé, en remontant quelquefois jusqu'à sa jeunesse. Toutes les tristesses qu'il a eues dans sa vie, toutes tes émotions déprimantes lui reviennent en mémoire, tandis que les agréables sont incapables d'éveiller cbez lui la moindre satisfaction. Ce ne sont pas les représentations tristes d'autrefois qui amènent sa tristesse actuelle, c'est son état de dépression qui évoque tous les états de dépression passés, états de dépression qui se manifestaient par des sentiments et des idées dont il a aujourd'bui la représentation.
A chaque degré de notre émotivité correspond ainsi une série de représentations de caractère agréable ou triste, suivant que les événements qui les ont causées ont déterminé chez nous des émotions agréables ou pénibles. Et lorsqu'un quelconque de ces degrés d'émotivité se reproduit, sous une influence quelconque, physique ou morale, toutes les rsprésentations qui lui ont été liées dans le passé surgissent de nouveau. C'est une association indestruclible. Sans aller jusqu'à l'étal de mélancolie constituée, de maladie caractérisée, nous observons cette tendance, — qui n'est que la traduction d'une véritable loi psycho-physiologique, — chez toutes les personnes de caraclère triale, émotif et inquiet.
Les symptômes de ces étals maladifs, très nom-