‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 32 sur 70 · ÉMOTIONS FIXES III · texte numérisé non relu

ÉMOTIONS FIXES III

leurs' de nombreux exemplfs do cetU- subslitulion des états émotionnels fixes cliez les hysléri(|ues, soit sous i'innuenco de la perte, soit sous l'inlluénfe du relour de l'activité cérébrale, et je ne puis qu'y renvoyer les lecteurs.

Je. ne les rappelle ici que pour en tirer les trois conclusions suivantes : 4° l'émotion est d'ordre purement cérébral; i\ cet étal cérébral son! liées des manifestations diverses d'ordre physiologique et d'ordre psychologique ; 2° les manifestations psychologiques n'amènent pas plus les manifestations physiologiques, que celles-ci les manifestations psychologiques; toutes les deux disparaissent ou apparaissent en conformité avec l'état moléculaire du cerveau; 3° par suite des conditions mêmes du cerveau dans l'état émotionnel, il est beaucoup plus facile de modifier l'étal cérébral par des moyens physiques ou physiologiques que par des moyens psychologiques, et il suffit de modifier ainsi cet état cérébral, pour voir disparaître ou reparaître les représentations liées à l'étal émotionnel ; il y a donc simultanéité, mais non subordination, des phénomènes psychologiques et (les pliénomènes physiologiques.

L'élude de certains autres malades nous en fournit légalement la démonstrfilion. Tel.'i sont les mélancoliques.

(in voit la mélancolie survenir, soit après des chagrins qui ont amené de l'inhibition du cerveau, soit après de l'épuisement. Dans les deux cas il y a diminution de rémolivité, el on remarque, comme chez les hystériques, que leur impressionnabilité persiste trt>s vive pour certaines émotions et disparaît complètement

.1. s GeiiiUc el niiliirc de VhyUMe. Hatis, F. k\a\

ÉVOLUTION DE I.'KMOTIOS

sion OU non — par des phénomt^nos de sensibililé el dd sentiment, liés en partie aux phénomènes précédents,! en partie aux phénomènes cérébraux, — enfin par des phénomènes purement psychologiques, représentations. Ces trois ordres de phénomènes sont liés ensemble d'une façon indissoluble, et chacun d'eux peut provoquer les deux autres.

J'ai montré ailleurs ' que, lorsque los trois ordres de phénomènes se reproduisent simultanément, il n'y 5 pas seulement représentation et souvenir, mai viscence de l'état anlérieur, avec reconstitution com-i plète de la personnalité passée. Quand l'élément ' cénesthésique fait défaut, il n'y a plus reviviscence, mais simple souvenir.

Les malades qui sortent de leur état d'inhibition cérébrale, après avoir présenté un étal émotionnel fixe, font fort bien la différence entre ces deux phénomènes et vous disent : « Je uo« maintenant les choses comme quand on se rappelle, mais j« no les sens plus comme si j'y étais encore. » Ils les voient dans le passé, alors qu'auparavant ils les voyaient toujours comme au moment où ils les avaient vues la première fois. Leur état cérébral moléculaire n'ayant pas changé depuis, il ne pouvait en être autrement. Et nous avons vu tout à l'heure que celte impression ne cesse que si un autre étal émotionnel survient, soit en iuliibant davantage le cerveau, soit en lui rendant son aclivilé normale.

Nous concluons donc do ces faits que» tant que l'état cérébral qui s'accompagne d'une émotion ne change pas, l'état émotionnel reste le même aussi. Dès

Page 1