Allrjemeine Musikzeitunfj, 'juin
sonorité évoquée. Cela ne veut nullement dire que nous arrivions à dissocier nos mouvements en nous appliquant à produire beaucoup de son. Le problème de la dissociation est tout à fait indépendant du problème de la sonorilé; nous avons même reconnu qu'il importe que l'étude des mouvements se fasse toujours en réduisant de plus eu plus à un minimum la quantité de son à produire par les attaques. La locution : «. il tape comme un sourd » serait applicable à ceux qui étudient mal. C'est en écoutant des sons faibles qu'on affine son oreille; il est donc admissible qu'en étudiant fort on devienne de moins en moins apte à entendre finement, c'est-à-dire à devenir musicien.
Comme la finesse de diversification des mouvements correspond chez l'exécutant au perfectionnement de l'audition, l'obéissance de son appareil tactile doit être de nature à lui permettre de réaliser isolément avec chaque doigt les mouvements qu'on ne réalise habituellement qu'en associant les autres doigts.
Le perfectionnement à acquérir consiste donc avant tout dans l'éducation de l'immobilité qui, lorsqu'elle est faite par certains exercices non adaptés au clavier, peut agir avec une efficacité exceptionnelle sur l'indépendance des fonctions des doigts.
Exercice des deux index. — En contractant préalablement les doigts des deux mains, tenues les paumes se
faisant vis-à-vis, on met, avant de commencer l'exercice, «, dans la main droite la première phalange de l'index eu extension forcée, les dernières en flexion extrême de sorte que la face palmaire de la phalangette soit tournée vers celle de la première phalange (voir index droit, lig. 47) ; ^, dans la main gauche les trois phalanges de l'index en demi-llexion (voir l'index gauche, fig. 48).
L'exercice consiste en quelque sorte à enrouler et à dérouler les deux index simultanément en sens inverse. L'extrémilé de l'index droit exécute le l'"' mouvement circulaire en s'éloignant de la paume de la main (voir fig. 49), tandis que l'extrémité de l'index gauche exécute le 2'' mouvement circulaire en se rapprochant de la paume de la main (voir fig. 50).
Grâce à cet agencement inverse on trace simultanément du hout des deux index un mouvement circulaire dans le même sens. Ces mouvements sont continués sans interruption jusqu'à un certain degré de fatigue. Généralement on ne peut les conlinuer plus de quelques minutes.
A la suite de l'exercice de ces mouvements, plusieurs particularités fonctionnelles nous ont frappée.
r Par la répétition des mouvements isolés des index l'immobilité des autres doigts augmente progressivement ; au bout d'une vingtaine ou trentaine de mouvements toute perception du moindre tremblement visible disparait. Par contre, les index qui tracent les mouvements semblent se mouvoir de plus en plus aisément.
2° Au moment d'arrêter ces mouvements, les deux index n'éprouvent aucune fatigue; les 3% 4", o'' doigts et les pouces qui étaient restés immobiles, sont comme contractures.