ONE
Le Mécénat contemporain, tout conime le micénat monarchique et aristocratique, est un pis aller, puisque subsistent toujours la faveur et l’anarchie. Telle est la conclusion que nous devons tirer de cet examen critique. Et il est malheureusement trop vrai que l'opinion publique se soucie peu de ce problème. Il y a là toute une éducation à faire. Nul ne peut prédire s'il se formera un jour en France un parti de l’Intelligence, comme il existe en fait un parti sportif. Les temps sont encore lointains où la société considérera comme le plus impérieux de ses devoirs d'assurer le développement des lettres, des sciences et des arts.
Mais en attendant ce jour que la génération actuelle ne connaîtra peut-être pas, il faut saisir toutes les occasions de se rapprocher d’un idéal malheureusement trop lointain ; et il est nécessaire d’encourager l’évolution qui, lentement, péniblement, tend à diminuer la part de l'arbitraire et à substituer l’organisation à l'anarchie. L'institution de prêts d'honneur à tous les travailleurs intellectuels permettra peut-être de disposer d’un fonds de roulement, constitué par le remboursement des sommes avancées ; et les fonds ainsi restitués contribueront à rendre plus régulier le secours apporté par l'Etat aux travailleurs de l’esprit. Le développement parallèle de la subvention et du prêt ne peut que faire respeciter davantage l'intellectuel ; car, répétons-le,