‹ Le méchantChapitre 10 sur 46 · FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

FLORISE, LISETTE

JCh bien, Cléon Paroîtra-t'il bien-tôt?

LISETTE

Mais oui, fi ce n'eft non.

FLORISE

Comment donc ?

LISETTE

Mais, Madame, au ton dont il s'explique, A fon air, où l'on voit dans un rire ironique L'eftime de lui-même, & le mépris d'autrui, Comment peut-on fçavoir ce qu'on tient avec lui, Jamais ce qu'il vous dit, n'eft ce qu'il veut vous dire: Pour moi, j'aime les gens dont l'ame peut fe lire, Qui difent bonnement oui pour oui, non pour non.

FLORISE

Autant que je puis voir, vous n'aimez pas Cléon.

LISETTE

Madame, je ferai peut-être trop fincére : Mais il a pleinement le don de me déplaire; On lui croit de l'efprit, vous dites qu'il en a : Moi, je ne voudrois point du tout cet efprit-là Quand il feroit pour rien: je u'y vois, je vous jure, Qu'un ftile, qui n'eft pas celui de la droiture;

Et fous cet air capable, où l'on ne comprend rien, S'il cache un honnête-homme, il le cache très-bien.

FLORISE

Tous vos raifonnemens ne valent pas la peine Que j'y réponde: mais pour calmer cette haine, Difpofez pour Paris tout votre arrangement: Vous y Cuivrez Chloé : je l'envoyé au couvent. Dites-lui de ma part...

LISETTE

Voici Mademoifelle:

Vous-même apprennez-lui cette belle nouvelle. florise, à Chloé qui lui baife la main. Vous êtes aujourd'hui coé'ffée à faire horreur.

Elle fort.

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