SCÈNE X
FÉLIX, DURVILLE, MERINVAL, St. -ALBIN.
DURVILLE , d'uu air empressé.'
Bon jour , mon jeune ami. Je suis , je vous assure , Enchanté de vous voir.
FELIX
Monsieur • » .
DURVILLE
Vrai, je vous jure Que de vous recevoir j'ai le plus grand plaisir. J'estime fort votre oncle. Il aurait dû venir ; Nous aurions reparlé de nos tours de jeunesse.
FELIX
J'avais lieu de m'attendre à votre politesse ; Mais vous avez pour moi fait beaucoup de façons , Je ne méritais point les bouquets , les chansons ; C'est trop ! . • .
DURVILLE
A part.
Du tout. Comment .Ml a reçu la fête , Que , depuis ce matin, pour Doligny j'apprête!
MALGRÉ LUi 25
FÉLIX
Je suis presqii'étrano:er pour vous , et , sur ma foi , J'ai cru quelques instans , qu'on se moquait de moi.
MEIUNVAL , bas à Durvllle.
Voyez déjà percer son mauvais caractère.
Il prend pour un affront , ce qui devrait lui plaire.
DURVILLE , bas à Mérinval.
Haut.
Oui ! Me moquer de vous ? je vous connais trop Lien !
SAINT- ALBIN
J'attends en vain mon tour. Vous ne me dites rien ?
DURVILLE , passant près de lui.
Bon jour, mon cher ami ! Pardon ! mais c'est la joie, * De recevoir Monsieur, que son oncle m'envoie !
Bas à Saint-Albin.
11 faut le ménager ; c'est un mauvais sujet !
Un homme dangereux! . . • Vous saurez mon projet.
Haut jVIessieurs , en attendant que nous parlions affaire , Voudnez-vous venir visiter mon parterre ? Mon jardin potager? faire un tour au billard ? Nous attendons quelqu'un : on pourra dîner tard.
FELIX , gaîment.
Comment! vous dînez tard? c'est donc comme à la ville?
MERINVAL, à Durvllle.
Comme il dit son avis d'un ton ferme et facile.
DURVILLE, à part.
Haut.
C'est vrai 1 Le hazard seul en est cause aujourd'hui. Mais un homme marquant ! . . .
Il aperçoit Doligny qui entre, avec humeur, sans être annonce.
Eh ! justement c'est lui. .