SAINT-ALBIN, DURVILLE, DOLIGNY
DURVILLE
Ah mon cher Doligny , qu'à propos je vous trouve , Pour vous rendre témoin de l'affront que j'éprouve. Vous savez , sur monsieur, quels étaient mes projets , Et pour lui, près de vous, combien de pas j'ai faits. Sous le prétexte vain d'une crainte frivole , Il me vient à l'instant retirer sa parole , Et de son procédé me laisse tout confus.
SAINT-ALBIN
C'est fort habilement colorer son refiis.
DOLIGNY, d'un ton Important.
C'est dire en même temps qu'il refuse la place Que j'obtenais pour lui; mais c'était une grâce Qu à regret j'accordais à vos désirs pressans. Oui, j'allais être injuste , et c'est mal, je le sens. Un jeune homme rempli de talens, de mérite , Pour qui son long travail justement sollicite ,
MALGRE LFi. 63
A des droit évidcns. Unadiiuuistraleur Doit tout à la justice , et rien à la faveur.
DURVILLE
Cette façon de voir est digne et respectable. Avant d'être obligeant , on doit être équitable.
SAINT- ALBIN
Qui ne le serait pas , quand c'est à son profit. Mais je veux me venger, et ma main me suffit. De mon livre nouveau changeant la dédicace, J'en ôte votre nom î ... et gare à la préface !
Il sort.