‹ Le Méchant malgré luiChapitre 33 sur 37 · SAINT-ALBIN, DURVILLE · texte numérisé non relu

SAINT-ALBIN, DURVILLE

DURVILLE, à part.

Comment à Saint-Albin conter mon changement ? Il le faut. Le procès me fait trop peur , vraiment.

SAINT- ALBIN , à part.

Parlons ; car le duel me fait trembler d'avance.

DURVILLE, de même.

Il semble m'aborder avec peu d'assurance.

SAlNT-ALBIN, de même.

Il paraît hésiter.

DURVILLE, haut.

Eh bien , mon cher ami , Qu'avez-vous obtenu de monsieur Doligny ?

SAINT-ALBIN

C'était vous qui deviez lui demander la place. J'attendais.

DURVILLE

La demande , à présent m'émbarasse.

Je vois un concurrent se jetler entre nous.

SXINT-ALBÏN.

Et le croyez- VOUS fait pour l'emporter sur vous ?

DURVILLE

Il est plus dangereux, peut-être, qu'on ne pense , El je crois qu'avant tout, il faut de la prudence.

Quoi ! vous auriez donc peur aussi ?

DURVILLE

Que dites-vous ?.

Est-ce que vous auriez quoique crainte ?

SAINT-ALBIN

Entre nous , Dites-moi ce qui peut intimider votre âme.

DURVILIJE.

Faites-moi votre aveu que l'amitié réclame.

SAINT-ALBIN

Est-ce que d'un duel on vous menacerait ?

DURVILLE

Est-ce que d'un procès on vous tourmenterait f

SAINT-ALBIN

Un procès!

DURVILLE

Un duel .

SAINT- ALBIN

D'après ma conjecture , Je vois qtoe vous cherchez un sujet de rupture.

DURVILLE

Non : je vois que c'est vous qui cherchez le moyen D'éluder nos projets , et cela n'est pas bien.

Dites que vous voulez retirer la promesse De me donner la main de votre aimable nièce.

DURVILLE

Convenez que c'est vous qui craignez un rival.

SAINT-ALBIN

\ ous craignez un procès qui voVis serait fatal.

Page 1